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Une personne sur neuf souffre de la faim dans le monde

HUNGER
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D’après ses dernières estimations sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, la FAO craint un retour en arrière de 10 ans dans certaines régions.

Une personne sur neuf souffre de la faim dans le monde aujourd’hui, révèle un rapport sur L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) publié le 11 septembre dernier. Selon ce rapport, réalisé en collaboration avec d’autres agences des Nations Unies, dont le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds international de développement agricole (FIDA), près de 821 millions de personnes ont souffert de la faim en 2017, soit 17 millions de plus que l’année précédente, où elles étaient 804 millions.

Les dernières estimations de la FAO montrent que « la faim dans le monde est en hausse pour la troisième année consécutive », souligne Cindy Holleman, économiste principale à la Division de l’économie agricole et du développement (ESA) de la FAO. Dans un entretien à la Deutsche Welle, la responsable a fait part d’une situation « alarmante » qui fait craindre « un retour en arrière de dix ans ».

En hausse en Amérique latine

Selon l’ONU, la proportion de personnes affamées ou sous-alimentées dans le monde a atteint l’année dernière les 10,9%. La situation est particulièrement préoccupante dans de nombreuses régions d’Afrique, mais également en Amérique du Sud, où la prévalence de la malnutrition (ou PoU, de l’anglais prevalence of undernourishment) est montée en 2017 respectivement à 20,4% et 5% respectivement, contre 19,7% et 4,9% en 2016 et 18,3% et 4,7% en 2014.

En Océanie aussi – qui, outre l’Australie et la Nouvelle-Zélande, comprend également les archipels de Mélanésie (qui comprend la Papouasie-Nouvelle-Guinée), de Micronésie et de Polynésie – le PoU est en hausse : de 5,9% en 2014 à 6,6% en 2016 et 7,0% l’an dernier.

En Asie, par contre, le taux du PoU est en baisse : en 2014, il a atteint 12%, tombant à 11,5% en 2016 et 11,4% l’an dernier. Ce dernier pourcentage – précise la FAO – correspond à environ 515 millions de personnes. En Amérique du Nord et en Europe, la prévalence de la malnutrition est inférieure à 2,5% depuis des années.

Des signes d’espoir

On trouve néanmoins de petits signes d’espoir dans le nouveau rapport de la FAO, SOFI 2018 en abrégé. L’année 2017 enregistre en effet une amélioration ou des progrès dans au moins deux domaines. Le premier est celui des enfants stunted, c’est-à-dire les enfants souffrant de malnutrition chronique [2]. Leur nombre a diminué d’environ 9% au cours des cinq dernières années, passant de 165,2 millions en 2012 à 150,8 millions en 2017. Mais pas de quoi s’en glorifier. Ce nombre reste « inacceptable », selon le rapport de la FAO. Il reste encore « beaucoup de chemin à parcourir », pour atteindre l’Objectif Faim Zéro, l’un des objectifs à l’Agenda du développement durable d’ici 2030. En effet, en 2017, 7,5 % des enfants de moins de cinq ans – soit 50,5 millions d’enfants – souffraient de malnutrition aiguë ou de dépérissement, et donc exposés à un risque accru de mortalité.

L’autre domaine positif, celui des enfants qui ne reçoivent que du lait maternel – et non du lait en poudre – au cours des six premiers mois de leur vie et qui ont besoin d’eau propre pour le préparer, alors que celle-ci fait défaut dans les pays en développement. Leur pourcentage est passé de 36,9% à 40,7% sur la période 2012-2017. Il faut savoir qu’en Afrique et en Asie, les taux d’allaitement maternel universel sont 1,5 fois plus élevés qu’en Amérique du Nord, où un peu plus du quart (26,4%) des enfants de moins de six mois sont nourris exclusivement au sein.

Une honte et un triste paradoxe

Il est par ailleurs « honteux » qu’au niveau mondial, une femme en âge de procréer sur trois souffre encore d’anémie, avec des conséquences significatives pour la santé et le développement, tant pour les femmes elles-mêmes que pour leurs enfants, poursuit le rapport de la FAO. La prévalence de l’anémie chez les femmes en âge de procréer a augmenté entre 2012 et 2016, passant de 30,3% à 32,8%. Et « aucune région n’est à la baisse », relève le document.

Paradoxalement, l’obésité – même si elle est en fin de compte l’effet d’une forme de malnutrition – continue de s’aggraver dans la population adulte. Selon le rapport SOFI 2018, en 2017, plus de 672 millions d’adultes – soit plus d’un adulte sur huit – étaient obèses. L’Amérique du Nord est le continent le plus touché. A propos de surpoids, la FAO estime que plus d’un enfant sur 20 souffre de cet état physique dans le monde. Sur 38,3 millions d’enfants en surpoids, un quart (25%) vit en Afrique et près de la moitié (46%) en Asie.

Politique, intempéries et économies

Les Nations-Unies voient trois raisons à l’augmentation de la faim dans le monde. La première est l’impact des conflits armés et des guerres. La deuxième, les problèmes économiques, comme dans le cas du Venezuela. Dans ce pays, la crise économique a entraîné une pénurie alimentaire qui a contribué à l’exode massif de 2,3 millions de citoyens. La troisième raison, la variabilité climatique croissante et l’augmentation des événements climatiques dits « extrêmes ». Dans certaines régions du monde, les cultures de base, comme celles du riz et du maïs, sont complètement détruites.

Quand il y a conjugaison de deux facteurs – conflits armés et chocs climatiques – l’impact est encore plus destructeur, comme au Yémen, par exemple, où les guerres et les sécheresses ont provoqué de graves crises humanitaires. Entre janvier et mai derniers, les agences humanitaires y étaient encore pour venir en aide à un total de 7,5 millions d’habitants, selon le dernier rapport de l’UNICEF.

El Niño, un phénomène climatique particulier, a eu un impact négatif sur la sécurité alimentaire dans plusieurs régions du monde, au cours de la période 2015-2016. La sécheresse causée par le phénomène a causé la perte de 50 à 90% des récoltes dans trois pays d’Amérique centrale, à savoir El Salvador, Guatemala et Honduras, rappelle la FAO dans son rapport. Mais l’impact d’El Niño s’est fait sentir aussi ailleurs, par exemple en Afrique australe – pas vraiment touchée par des conflits comme dans la Corne de l’Afrique – qui a connu trois années consécutives de sécheresse en 2015, 2016 et 2017. « C’était la pire sécheresse depuis 35 ans » qui a provoqué un gros déficit céréalier de près de 8 millions de tonnes rien qu’en 2016 », a rappelé l’économiste Holleman au micro de la Deutsche Welle.

Croissance démographique

Même ce que le Süddeutsche Zeitung qualifie de croissance démographique « effrénée » en Afrique risque d’avoir un impact négatif sur la sécurité alimentaire du continent. Comme le souligne le journal de Munich, « la population africaine doublera pour atteindre 2,5 milliards d’habitants en 2050, mais en même temps les méthodes agricoles viennent de changer ».

Dans ce contexte, l’exhortation le 9 septembre dernier du président de la Tanzanie, John Magufuli, aux femmes de son pays, lors d’une réunion à Meatu, à « renoncer au contrôle des naissances », selon la BBC, créent une certaine perplexité. En 1961, année de son indépendance, le pays comptait 10 millions d’habitants. Aujourd’hui, selon les dernières estimations, ce chiffre a bondi à plus de 55 millions (dont près de la moitié, soit 49%, vit avec seulement deux dollars par jour, et il est très probable que cette croissance continue.

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