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Comment donner envie à son enfant d’aller à l’école ?

© Pan Xiaozhen / Unsplash
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Alors que certains enfants se régalent de retrouver tous les jours l’école, les copains et la cour de récréation, d’autres ont plus de réticences. Suivez des conseils simples pour motiver les troupes et attiser l’envie d’aller à l’école chez un enfant.

Avec un peu d’inquiétude et d’appréhension, le regard d’un enfant sur l’école n’est pas toujours enthousiaste. Face à un comportement de rejet, des pleurs et des angoisses parfois, certains parents se retrouvent démunis. « Avant même que ma fille n’entre en maternelle, je m’inquiétais de savoir si tout allait bien se passer, témoigne Déborah. Lors des premiers jours, la séparation était difficile et j’appréhendais que la situation ne s’enlise et qu’elle soit dégoûtée de l’école. » Une préoccupation renouvelée au fil des années et accentuée dans les classes à étapes comme les entrées au primaire, au collège puis au lycée. « Au-delà de l’école en tant qu’institution, les enfants ont besoin de la percevoir comme un lieu d’expérimentation, où ils vont apprendre, poser de nombreuses questions, transmettre aussi leurs connaissances à leurs camarades et à leur enseignant, souligne Émilie, institutrice en CM2. Et l’école a aussi un côté social avec de nouveaux copains, des invitations aux anniversaires, etc. qu’il est important de rappeler à l’enfant. » De la petite enfance à l’adolescence, découvrez les conseils d’Elsa Thiriot, professeure des écoles et auteure de Une année pour donner le goût de l’école (éditions Mango) afin de susciter l’intérêt de l’enfant et développer son envie d’aller à l’école.

Aleteia : Quels sont les premiers signes inquiétants chez un enfant qui ne veut pas aller à l’école ?
Elsa Thiriot : Il est très difficile de répondre à cette question « en général » car l’enfant « en général » n’existe pas ! Chacun va s’exprimer par des canaux différents. Le plus souvent cela passe par une somatisation. Les maux de ventre sont les plus courants mais l’enfant peut aller jusqu’à développer une maladie clinique. Les autres manifestations courantes du refus sont les crises de larmes avant de partir pour l’école et le décrochage scolaire. Dès qu’il est en âge de le faire, l’enfant verbalise généralement son malaise en disant qu’il ne veut pas aller à l’école.
Il est courant que les symptômes ne se manifestent que les jours d’école. L’enfant est malade du lundi au vendredi, mais est en pleine forme le week-end. Il ne faudrait surtout pas en conclure qu’il joue la comédie.

Comment différencier une colère passagère d’un trouble persistant ?
Les mamans ne sont pas toujours les mieux placées pour décrypter les pleurs de leur enfant. Elles sont, elles aussi, bouleversées par cette séparation. Afin de savoir si l’enfant est en train de développer une phobie scolaire, il faut croiser les témoignages : celui de l’enfant et de l’enseignant. Le ressenti du papa est aussi important, souvent plus objectif. Il est normal que l’enfant passe par une période de trouble au moment de la rentrée. Avant de s’inquiéter, mieux vaut laisser un peu de temps à tout le monde pour intégrer le nouveau rythme et faire un point en famille au moment des vacances de la Toussaint, par exemple.

Quels sont les bons réflexes à adopter pour l’apaiser ?
La première des choses est de ne pas centrer la vie de l’enfant sur l’école. La vie à la maison, c’est la vie à la maison ! Le matin, on prend le temps de vivre un moment ensemble, en s’asseyant autour de la même table pour manger. Trop souvent, les parents sont dans la salle de bain ou en train de faire autre chose pendant que leur enfant prend leur petit-déjeuner. Or ce moment partagé lui permet de recharger les batteries et d’affronter sa journée loin de vous. On s’assoit, on discute de ce qui nous attend aujourd’hui. L’adulte parle de son emploi du temps aussi (« Oh, j’ai une réunion à 10h, ça m’embête parce que je préférerai avancer tel projet… »), et ainsi l’enfant lui parlera sans doute de sa journée à lui. Pour les plus petits (en maternelle), l’idéal est de lui donner un objet transitionnel : « Regarde, je te donne ce bracelet, je te fais plein de bisous dessus ! Moi aussi, j’ai le même bracelet, tu vois ? À chaque fois que tu regarderas ce bracelet, tu sauras que je pense à toi. Tu es dans mon cœur pour toute la journée. Je pense à toi. » En amont de la première rentrée, on peut lire des petits albums sur ce sujet et bien expliquer à l’enfant que ses parents ne resteront pas avec lui mais qu’ils reviendront le chercher, toujours ! Surtout ne jamais dire des choses comme : « Si tu n’es pas sage/si tu ne travailles pas bien, je te laisse là, je ne viens pas te chercher, etc. » C’est extrêmement angoissant pour l’enfant. D’ailleurs, ce n’est pas la peine de parler d’être sage ou de bien travailler. Ça, c’est le boulot de l’enseignant ! Le parent pourra simplement dire à l’enfant en le quittant « Passe une bonne journée ! ». Dernier point sur la maternelle : inutile de rester des heures devant la porte. L’enfant qui pleure ne se calmera pas tant que son parent est là. C’est dur pour les mamans, mais il est nécessaire de partir, d’autant plus vite si cela se passe mal. Il faut faire confiance aux enseignants pour gérer.

Comment donner envie à un enfant d’apprendre ?
Il suffit que l’adulte s’intéresse aux savoirs en général. Plutôt que d’être centré sur le scolaire, sur ce qu’il est en train de faire à l’école, sortez au musée, allez vous promener dans la nature, bricolez, lisez l’histoire de France… Même si cela ne correspond pas aux programmes. Les parents peuvent transmettre à un enfant l’envie d’en savoir plus, de connaître de nouvelles choses. Et si vous lui montrez par l’exemple, qu’apprendre est formidable, il aimera ça, lui aussi.

Certains âges sont-ils plus sensibles ? Pourquoi ?
Chaque étape, dans la vie d’un enfant, se paie par une perte, un manque, une séparation qui le fait souffrir autant que grandir. Le sevrage du sein ou du biberon, aux premiers pas, aux fameux deux ans, aux premières libertés et à l’adolescence. Une rentrée est toujours une séparation et toujours une prise de risque. Certaines années se passent mieux que d’autres, cela dépend des camarades, de l’enseignant, du bien-être familial, etc. Mais la rentrée la plus sensible, c’est la première, en petite section. On peut d’ailleurs se demander si tous les enfants sont matures pour vivre une séparation à cet âge-là…

© Mango

Une année pour donner le goût de l’école : 52 semaines pour accompagner les enseignements primaires par le jeu. Elsa Thitriot, Mango , août 2018.

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