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Silouane l’Athonite, un saint pour tous les chrétiens de la terre

SAINT SILOUAN THE ATHONITE
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En ce 24 septembre, l’Eglise fête saint Silouane l’Athonite, une figure exceptionnelle de l'Église orthodoxe, dont le témoignage et l’expérience spirituelle reste d’actualité pour tous les chrétiens.

Saint Silouane est un authentique témoin de ce que veut dire entretenir une relation avec Dieu. Un saint reconnu au-delà des frontières de l’Eglise orthodoxe, universellement, en particulier dans l’Eglise catholique où il est vénéré comme « un saint sans frontières », pour reprendre l’expression du Père Enzo Bianchi, prieur de la Communauté de Bose en Italie. Pourtant, dès l’âge de 26 ans, Syméon Ivanovitch Antonov (son nom au siècle) n’a jamais quitté le monastère Saint-Panteleimon du mont Athos, où il a vécu de 1892 à sa mort, le 24 septembre 1938. Et rien avant d’y entrer ne laissait présager qu’il serait un jour proclamé « docteur apostolique et prophétique de l’Église et du peuple chrétien » – selon les termes de l’Acte de sa canonisation, le 26 novembre 1987 – et vénéré comme « le moine le plus authentique » du XXe siècle.

Violent et querelleur

Syméon Ivanovitch Antonov était un robuste charpentier d’un village de Russie centrale. D’une force physique peu commune, il était affligé d’un caractère violent et querelleur. Au point de se valoir des ennuis en frappant un jour un individu lors d’une altercation, malgré un tempérament plutôt doux et paisible. Plus grand s’est fait alors son désir d’aller à la recherche de Dieu, comme il se le promettait depuis l’âge de 4 ans, et de vaincre ses « démons ». A 19 ans il part faire son service militaire puis, convaincu qu’il n’y a pas lieu de parcourir le monde pour trouver Dieu, se rend au mont Athos, haut lieu du monachisme orthodoxe – où le monastère Saint-Panteleimon, avec ses quelque 2.000 moines, lui ouvre ses portes.

Celui qui est devenu frère Silouane y connaît tout d’abord une grande joie : celle de qui a trouvé sa place sur terre. Mais cette euphorie des premiers jours ne dure pas. Silouane va connaître, au monastère, des tentations alternées d’orgueil et de désespoir : désespoir de constater que l’orgueil lui colle à la peau et qu’il ne peut s’en défaire. L’épreuve est si longue et si dure qu’il en arrive à se croire condamné, damné même. C’est alors que le Christ lui apparaît et lui dit : « Tiens ton âme en enfer et ne désespère pas ». Silouane a compris : si bas qu’il puisse descendre, Jésus est là ! Il vivra désormais dans la douceur et la prière continuelle, priant pour le monde entier et semant la paix autour de lui, jusqu’à sa mort.

« Si la prière cessait, le monde périrait »

« Grâce aux moines, la prière ne cesse jamais sur la terre, et là est leur utilité pour le monde. Le monde tient grâce à la prière. Si la prière cessait, le monde périrait », disait saint Silouane. Le langage de l’Athonite est simple et puissant. Il sait de quoi il parle. Ce qu’il dit, il l’a vu et vécu dans son corps et son âme, à travers sa relation vivante avec Dieu. Il a fait l’expérience du doute, de l’orgueil, et de la détresse morale ; du combat contre l’Ennemi et contre lui-même. Au Mont Athos, il a lutté contre ses mauvaises pensées, se repentait, et priait sans relâche… Et à chaque fois qu’il priait, le Christ vivant lui apparaissait, rayonnant de lumière, de beauté et de joie. Mais cet état ne durait pas, et la lutte contre les démons reprenait, impitoyable, jusqu’à ce qu’un beau jour il arriva à une telle maturité spirituelle que son esprit trouva enfin le repos.

Silouane priait pour tous les humains. Il priait ardemment, longuement, chaque jour, avec des larmes:

« Je te prie, Seigneur, miséricordieux afin que tous les peuples de la terre te connaissent par ton Saint Esprit »

Impact exceptionnel

Jusqu’à la fin de sa vie, et malgré la maladie, l’athonite a l’habitude d’interrompre son sommeil pour prier aussi la nuit. La prière pour le monde entier et l’appel à ne jamais désespérer, en entretenant un dialogue intérieur avec Dieu, constituent deux points essentiels de son expérience et de son enseignement. Ses écrits, de grande actualité, sont lus autant par les catholiques, les protestants et les anglicans que par les orthodoxes. C’est à son très proche disciple et témoin, le Père Sophrony, qui les a pieusement recueillis et en a montré toute la valeur théologique et spirituelle que nous devons de connaitre « le livre de sa vie ».

Que d’âmes sauvées à leur lecture, comme celle de ce détenu allemand condamné à perpétuité pour homicide, qui a découvert les écrits du starets Silouane en prison et qui, touché par la grâce et la miséricorde de Dieu, s’est agenouillé sur le béton de sa cellule et, pour la première fois de son existence, a adressé une prière à Dieu. Comme il le dit dans un livre publié en 1994 – Gott hinter Gittern (Herder) – « Derrière les barreaux et les murs de la prison, je suis devenu un homme libre ».

« D’un grand réalisme, l’enseignement de Silouane insiste sur la grâce et la miséricorde toujours à l’œuvre ; les épreuves quotidiennes, ressaisies dans la prière, deviennent un tremplin vers l’humilité et conduisent à l’Amour », estime Mgr Bernard-Nicolas Aubertin, archevêque métropolitain de Tours. Mgr Aubertin a découvert Silouane à l’abbaye de Lérins où, comme aux abbayes de Saint-Wandrille, et de Tamié, ses enseignements sont si ressentis – voire sa sainteté bien avant même sa canonisation – de nombreux moines se sont placés sous sa paternité spirituelle en adoptant son nom.

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