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Il y a de moins en moins d’analphabètes dans le monde

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Dans le cadre de la journée internationale de l’alphabétisation, le 8 septembre dernier, l’UNESCO a fait un tour complet de la situation mondiale

Chaque année depuis 1965, est célébrée le 8 septembre, dans le monde entier, la Journée internationale de l’alphabétisation, à l’initiative de l’UNESCO, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture. L’occasion de passer en revue les progrès réalisés pour apprendre à lire et à écrire à de jeunes enfants ou à ceux qui n’ont jamais eu l’occasion d’aller à l’école, comme c’est le cas de nombreux adultes et personnes âgées, notamment dans les pays en développement.

750 millions d’adultes

Outre une fiche d’information publiée en septembre 2017 par l’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU) à l’occasion de la 51e Journée internationale de l’alphabétisation, l’UNESCO et Atlas of Literacy dressent un tableau général de la situation. Les données recueillies montrent qu’en 2016, malgré les grands progrès réalisés dans la lutte contre l’analphabétisme au cours des dernières décennies, environ 750 millions d’adultes, dont près des deux tiers sont des femmes, n’avaient pas encore acquis les compétences de base en lecture et écriture.

Sur ces 750 millions d’adultes[1], 102 millions étaient des jeunes dont la tranche d’âge allait de 15 à 24 ans Les données montrent également qu’en 2016, le taux mondial d’alphabétisation des adultes était de 86 % et celui des jeunes de 91 %.

Dans sa note ou fiche d’information, l’ISU relève que la plupart des pays n’ont pas atteint l’objectif de « l’Éducation pour tous » fixé lors du Forum mondial sur l’éducation (2000) à Dakar (Sénégal), en réduisant de 50% les taux d’analphabétisme des adultes entre 2000 et 2015. Selon les estimations, le taux d’alphabétisation chez les adultes et les jeunes n’ont augmenté que de 4% au cours de cette période.

49% de la population analphabète mondiale vit en Asie du Sud

Selon l’ISU, à ce jour, moins de 2% de la population analphabète de la planète vit en Asie centrale, en Europe, en Amérique du Nord et en Océanie. Par ailleurs, 4% de tous les adultes illettrés vivent en Amérique latine et dans les Caraïbes, 9 % en Afrique du Nord et en Asie occidentale, et 10% – soit exactement une personnes analphabète sur dix – en Asie de l’Est et du Sud-Est. Cette proportion monte ensuite à 27% en Afrique subsaharienne. Enfin, 49% de la population analphabète mondiale vit en Asie du Sud.

Dans 20 pays du monde, le taux d’alphabétisation des adultes est inférieur à 50%. Sur ces 20 pays, plus des trois quarts (soit 17) sont africains : Bénin, Burkina Faso, Tchad, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Libéria, Mali, Mauritanie, Niger, République centrafricaine, Sénégal, Sierra Leone, Tchad et Sud Soudan. Aux Comores non plus, État insulaire d’Afrique de l’Est, situé dans l’océan Indien entre le Mozambique et Madagascar, ce taux n’atteint pas les 50%.

Il y a aussi deux pays d’Asie qui sont l’Afghanistan et l’Irak. La liste se termine par un pays des Caraïbes : Haïti. Si nombre de ces pays sont parmi les plus pauvres du monde, comme Haïti, ils sont aussi souvent frappés par des années de violence et de guerre (civile), comme dans le cas des deux pays d’Asie, ou du Liberia et de la Sierra Leone en Afrique.

Plus de femmes que d’hommes

Comme indiqué plus haut, sur les 750 millions d’adultes analphabètes ou illettrés, près des deux tiers sont des femmes, soit 473 millions, selon l’ISU. C’est en Afrique du Nord et en Asie de l’Ouest (82 % des hommes contre 66 % des femmes), en Asie du Sud (77 % des hommes contre 58 % des femmes) et en Afrique subsaharienne (69 % des hommes contre 53 % des femmes) que l’inégalité entre les sexes est la plus forte.

En attendant, comme souligne l’organisme onusien, depuis les années 60, les femmes ont fait plus de progrès que les hommes, en particulier en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne. En 2016, près de 91 % des femmes de 15 à 24 ans, soit environ neuf sur dix, possédaient des compétences de base en lecture et en écriture, contre seulement 73% dans les années 60.

Ces inégalités entre les sexes chez les adultes et les jeunes a été comblé dans quatre régions du monde : l’Asie centrale, orientale, et sud-orientale ; l’Europe, l’Amérique du Nord ; et l’Amérique latine et Caraïbes. Pour trois autres régions – l’Afrique du Nord, l’ouest et le sud de l’Asie, l’Afrique subsaharienne – cette égalité entre les sexes est encore loin d’être atteinte.

Des records en Amérique latine

 Dans un article publié le 8 septembre, BBC Mundo relève certains aspects ou éléments qui caractérise l’alphabétisation en Amérique latine et dans les Caraïbes. Comme rapporte l’UNESCO, sur les 630 millions de personnes qui vivent actuellement dans la région, 32 millions sont encore analphabètes. « Un nombre relativement faible », commente Cecilia Barbieri, experte au Bureau régional de l’UNESCO pour l’éducation en Amérique latine et dans les Caraïbes, basé à Santiago du Chili, mains néanmoins « toujours trop élevé ». Et alors que dans plusieurs pays de la région, le taux d’alphabétisation dépasse 99% – Argentine, Bolivie, Chili et Costa Rica – il est inférieur à 90% dans d’autres pays, comme au Salvador (88%) et au Honduras (89%). Haïti, durement frappé par des catastrophes naturelles, est le pays où le taux d’alphabétisation est le plus faible. Il n’est que de 72%, ce qui signifie que plus d’un Haïtien sur quatre ne sait ni lire ni écrire.

Et même si la région a un « bon » indice de parité entre les sexes (IPS), « cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’inégalité », estime Cecilia Barbieri, car « la vulnérabilité a toujours le visage d’une femme, d’une femme indigène, d’une femme d’origine africaine qui vit dans une zone rurale ».

Autre défi éducatif important, la lutte contre l’abandon scolaire précoce. Selon l’ONU, parmi les pays où le taux d’abandon scolaire dans le secondaire est le plus élevé, nous trouvons le Guatemala (52,2%), le Honduras (44,7%) et le Mexique (42,3%). L’une des explications est la pauvreté. Selon la CEPAL (la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes), en 2016, près d’une personne sur trois dans la région – 186 millions ou 30,7 % de la population – était pauvre et près d’une personne sur dix (61 millions) vivait dans une extrême pauvreté.

Etudier en prison

Toujours à l’occasion de la récente Journée internationale de l’alphabétisation, l’Institut national pénitentiaire péruvien (INPE) a fait savoir que 2 % de la population carcérale du pays ne sait ni lire ni écrire et entre dans la catégorie des « analphabètes complets ». Il s’agit au total de 1 451 détenus, selon l’INPE, dont 1 289 hommes et 162 femmes. 391 détenus analphabètes ont entre 40-49 ans, contre 346 qui ont entre 30-39 ans, 329 entre 50-59 ans et 197 plus de soixante ans.

Les détenus hommes et femmes qui le souhaitent, comme Claudia Sánchez de Trillo, 62 ans, derrière les barreaux pour trafic de drogue, peuvent s’inscrire au Centro de Educación Básica Alternativa, et apprendre à lire et écrire. Selon Vidalina García Rodríguez, directrice de l’Education à la prison pour femmes de Chorrillos, il faut six à douze mois pour y arriver.

Il ne faut effectivement pas grand-chose pour acquérir au moins les compétences de base en lecture et en écriture. En plus d’être un droit fondamental, savoir lire et écrire est une étape essentielle pour le développement d’un individu et un outil primordial dans la lutte contre la pauvreté.


1] Pour l’UNESCO, le taux mondial d’alphabétisation des adultes concerne la population mondiale âgée de 15 ans et plus.

 

 

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