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Insectes, porc, bœuf dans des produits végétariens : l’étiquetage sans éthique

SUPERMARKET
By noomcpk | Shutterstock
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Une étude de l’ONG Foodwatch parue ce 19 septembre révèle la présence de composants surprenant dans certains aliments. Insectes, porc, bœuf se dissimulent dans des yaourts aux fruits, bonbons et autres sodas sucrés. Pourtant, rien sur l’étiquette. L’homme moderne serait-il réduit au statut de consommateur, dont la société cultive l’absence de discernement et de liberté ?

Alors que selon un sondage Odoxa réalisé en 2018, 70% des consommateurs interrogés se déclare « vigilant à ce que son produit soit fabriqué en France ou dans sa région » et à ce qu’il soit éthique, l’actuel projet de loi alimentation a rejeté la proposition de rendre obligatoire l’étiquetage nutritionnel. Pourtant, nombreuses sont les substances surprenantes qui se cachent dans nos aliments, là où on ne les attend pas.

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Liste des ingrédients, on nous raconte des salades

Les règles d’information du consommateur sur les denrées alimentaires sont régies par l’Union européenne. En principe, l’étiquetage doit renseigner objectivement le consommateur sur le produit, il doit être loyal et précis. Rien ne doit induire le consommateur en erreur… Pourtant, une étude de l’ONG Foodwatch, révèle que toutes sortes de bestioles se cachent dans nos aliments et boissons sans que nous en soyons informés. Ingrédients, additifs ou auxiliaires technologiques dérivés d’animaux sont utilisés à dessein par les industriels de l’agroalimentaire en toute opacité. L’étude épingle douze produits connus du grand public. Gélatine de bœuf dans des paniers de Yoplait 0%. Gélatine de porc dans les viennois Nestlé, les oursons au chocolat Cémoi et les Chamallows Haribo. Pire, on retrouve des substances issues de l’estomac du veau dans un comté bio et des additifs provenant d’insectes dans l’Orangina rouge ou une glace Carte d’Or. De l’origine du produit à sa composition, le consommateur croit être informé mais il est le dindon de la farce.

Pas d’information sur l’étiquette, pas d’éthique

Souvent dissimulées sous des appellations sophistiquées telles que « présure », « shellac » ou encore E904, ses substances peu engageantes sont parfois volontairement omises sur l’étiquette. Ce n’est pas un hasard si on nous roule dans la farine. Dans notre société où la consommation prime, ce qui n’a pas d’intérêt économique est inutile. Pourquoi s’embarrasser d’une information qui pourrait nourrir notre capacité de raisonner, de choisir d’acheter ou de ne pas acheter ? Les acteurs économiques ont tout intérêt à maintenir le consommateur dans l’obscurité et faire de lui un mouton. Une bête soumise à des pulsions attisées par la publicité. L’homme moderne est incité à consommer, du latin consumĕre, « prendre complètement, manger, absorber, détruire » et non à penser ou agir. Et, tandis qu’émerge progressivement une consommation citoyenne, engagée ou responsable, on assiste dans le même temps à une multiplication des labels et des mentions inutiles. L’information claire devient denrée rare. Elle est pourtant une condition essentielle du discernement. Elle seule permet au consommateur de choisir librement entre un produit A et un produit B, tandis que le marketing nous oriente vers une marque plutôt qu’une autre. Éclairés par un étiquetage complet et lisible, les citoyens pourraient enfin devenir des acteurs libres et avertis.

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Consommer en conscience

Dans son essai La Chère et l’Esprit, histoire de la culture alimentaire chrétienne, Massimo Montanari démontre que pour le croyant, le fait de se nourrir, est un « acte complexe d’incorporation ». Ce n’est pas anodin si dans le Judaïsme et l’Islam, il existe des aliments impurs et donc interdits. Jésus lui-même respectait cet ordre. Le changement intervient lorsque dans une vision de Pierre décrite dans les Actes des Apôtres (10, 10-16), une voix, attribuée à Dieu, lui dit qu’il peut tuer et manger tous les mammifères, reptiles et oiseaux sans distinction. Désormais, l’homme se retrouve seul, avec sa conscience et son appétit. Mais l’alimentation reste omniprésente dans la tradition chrétienne. De la communion au pain et au vin, en passant par l’agneau pascal et le jeûne du carême, la nourriture est toujours spirituelle. Pour Jean-Claude Larchet, théologien orthodoxe interrogé récemment par La Vie, « l’homme a pour vocation de percevoir la présence de Dieu dans ses créatures (…). On ne peut les traiter comme si elles n’étaient que des choses, de simples moyens de satisfaire notre confort. L’usage qu’on doit en faire n’est pas une simple consommation mais un usage contemplatif et eucharistique ». Ce n’est donc pas étonnant si la pomme est le fruit de l’Arbre de la connaissance du bien et du mal. « Ce qui est bon fait du bien », explique Montanari. Le bon goût implique une faculté de comprendre, de juger et d’apprécier. Alors, ne nous nourrissons pas bêtement, mais avec un peu de discernement.

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