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Synode des évêques : ce que la nouvelle constitution apostolique va changer

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Discours du pape François lors de l'ouverture de l'Assemblée générale de la Conférence épiscopale italienne.
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Alors que le prochain synode sur les jeunes s’ouvre le 3 octobre prochain, le pape François vient de promulguer une nouvelle constitution apostolique qui précise le fonctionnement des assemblées synodales, en particulier leur phase préparatoire.

Le synode des évêques est une assemblée instituée par Paul VI en 1965, lors du discours d’ouverture de la quatrième session du concile Vatican II. Son fonctionnement général relève du motu proprio Apostolica sollicitudo. Dans la nouvelle constitution apostolique Episcopalis communio qu’il vient de promulguer ce 18 septembre 2018, le pape François entend renforcer sa capacité à être une voix de l’Église tout entière.

Un témoignage d’unité

Les évêques aident le Souverain Pontife de multiples manières, et le synode des évêques est un instrument privilégié de cette aide. Si le Pape François avait insisté, lors du dernier synode, pour comprendre qu’il est non seulement un chemin pour l’Église, mais aussi pour l’humanité, cette nouvelle constitution le confirme bien en insistant dès son préambule sur la nouvelle étape d’évangélisation dans laquelle entre l’Église, souhaitant que le synode devienne de plus en plus « une mise en œuvre effective du soin de tous les évêques pour toutes les églises » (n. 4).

La Parole de tout le Peuple de Dieu

Certes, l’Église est « multiple », notamment en ses églises particulières, mais la synodalité est essentielle à la vie de celle-ci, car elle est peut-être un témoignage d’unité dans la diversité pour un monde plus fragmenté encore qu’elle. Le Pape insiste : le synode peut à la fois permettre de nouveaux développements de dialogue et de collaboration entre tous les évêques et l’évêque de Rome, et en même temps être un lieu privilégié pour « écouter le Peuple de Dieu » (n. 5), afin que le synode ne soit pas comme « séparé du reste des fidèles » (n. 6).

Il doit être, au contraire, toujours selon les mots du Pape, « un instrument approprié pour donner la parole à tout le Peuple de Dieu et précisément à travers les évêques » (n. 6). Depuis le concile Vatican II notamment, on a l’habitude de parler du sensus fidei fidelium (le sens de la foi des fidèles) afin de souligner cette participation de l’ensemble du peuple de Dieu au discernement ecclésial.

Consultation préalable

C’est pourquoi la nouvelle constitution apostolique insiste tant sur la consultation préalable et le travail préparatoire au synode lui-même (cf. les art.5 à 8). Là est peut-être l’une des nouveautés les plus insistantes. Les deux précédents synodes sur la famille avaient comme « inauguré » ce travail de consultation qui était, déjà selon les mots du cardinal Baldisseri, un « renouvellement méthodologique ». Par exemple, à cette époque, la période entre les deux synodes fut extrêmement profitable à la réflexion, aux débats, et à l’émergence de questions nouvelles ; ainsi, et pour la première fois dans l’histoire des synodes, les Lineamenta du nouveau synode étaient composées du texte approuvé par les pères synodaux lors de l’assemblée précédente, ainsi que d’une série de questions pour la réception et l’approfondissement de ce document synodal : l’Église n’avait pas connu, dans les synodes passés, une telle continuité dans la réflexion ainsi qu’une prise de recul sur le travail déjà accompli.

Dans l’obéissance à l’Esprit du Christ

Dans la nouvelle constitution, non seulement le Pape confirme cette intuition, mais vient la renforcer. Et selon lui, cette consultation très large permet « la recherche d’un consensus qui ne vient pas d’une logique humaine, mais de l’obéissance commune à l’Esprit du Christ » (n. 7). La phase préparatoire d’un synode a donc pour but la consultation du peuple de Dieu, dans son ensemble, par des « organismes de participations » définis à l’art. 6, mais également laissé à la discrétion de l’évêque. Cette consultation s’étend également aux instituts de vie consacrée, aux sociétés de vie apostolique, aux associations de fidèles reconnues, ou encore aux instituts d’études supérieures qui peuvent, selon les thèmes et leurs compétences, participer à leur titre (art. 9). Mais plus encore, chaque fidèle individuellement, doit pouvoir participer à ces consultations, dont les synthèses seront collectées par le Secrétariat général.

Ce travail peut être comme amplifié par une réunion pré-synodale (art. 8) qui, favorisée par le Secrétariat général, comporte « la participation de certains membres du synode » et « d’autres invités », doit donner un avis. L’article 8 précise encore que ces réunions peuvent être vécues à un niveau régional, en impliquant, par exemple, les synodes locaux des églises catholiques orientales ou les conférences épiscopales.

Unanimité morale

Nous le voyons bien, le Pape insiste surtout sur cette phase préparatoire qui devient l’une des expressions majeures de ce processus synodal qui a, selon les mots du Souverain Pontife, son « point de départ, mais aussi son point d’arrivée dans le peuple de Dieu » (n. 7) : importance du travail en amont ; et insistance, par la Constitution du travail de réception des fruits du synode, sans quoi ce travail serait stérile.

La constitution Episcopalis communio prévoit également une évolution dans la composition des participants appelés à participer aux assemblées synodales, et un appel à l’« unanimité morale » qui doit animer la livraison du document final livré au Souverain Pontife, qui décide de sa publication.

Pour en savoir plus :

  • Le commentaire complet de la nouvelle constitution apostolique, du père Cédric Burgun sur le site Droitcanonique.fr
  • La traduction privée d’Episcopalis communio par le doyen de la faculté de droit canonique de l’Institut catholique de Paris, l’abbé Ludovic Danto.
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