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Irina Kuzmina I Shutterstock
Abbaye de Conques
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Les Journées du patrimoine invitent à saluer l’œuvre de nos pères. Si le vrai patrimoine est d’abord l’âme d’un pays, c’est « notre attention au patrimoine spirituel qui commandera tout le reste ».

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Les voilà de retour, les Journées du patrimoine, ces 15 et 16 septembre prochains, 35e édition, avec leur cohorte (ou leur cohue) d’environ 12 millions de visiteurs attendus, qui entrent gratuitement dans les lieux les plus connus, toujours ou jamais ouverts au public. Les Parisiens iront voir la nouvelle (2016) cathédrale russe de la Sainte-Trinité (VIIe arr.), le Crazy Horse, l’ambassade de Chine (magnifique hôtel de Montesquiou, VIIe arr.), la station de métro Porte des Lilas (XIXe arr.) devenue décor de cinéma, ou les cuisines de l’Élysée (généralement six heures de queue, bon courage !). En province, 17000 monuments ou animations, les départements s’investissent, à raison de leur richesse et de leur énergie : 1000 animations dans le Calvados, 134 dans le Cantal. On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a.

Les biens de nos pères

L’heure est donc au patrimoine, du vieux mot latin patrimonium, ce qu’on hérite de son père, le « bien de famille ». C’est encourageant, parce qu’à une époque où il fallait « tuer le père », a succédé désormais une époque où l’on cherche les pères. Qu’ont fait nos pères, comment vivaient-ils, que construisaient-ils (patrimoine monumental), que savaient-ils si bien faire ou penser (patrimoine immatériel) et finalement, que nous ont-ils transmis, que nous voudrions transmettre à notre tour ?

Je crois que patrimoine et transmission sont des questions d’abord spirituelles. Le cinquième commandement biblique — premier dans la liste des commandements sur le prochain — dit « Honore ton père et ta mère ». C’est-à-dire : tu n’es pas né de toi-même, tu as reçu la vie, et avec cette vie, un héritage que tu dois connaître, aimer, et respecter. Dit comme cela, ça fait un peu ringard, mais ça rend heureux.

S’introduire dans un mystère

Moi, j’habite avec bonheur un monument historique classé, une abbaye du XVIIIe siècle, avec son église aux hautes voûtes classiques, ses grandes verrières, son cloître au pavage usé par les pas des frères d’antan, son grand réfectoire silencieux où résonne la lecture biblique. Quand je guide les visiteurs dans notre maison, j’ai toujours l’impression de les introduire dans un mystère, plus que dans un « monument ». Je dois expliquer que les lambris des stalles du chœur sont de 1743, bien sûr, mais tout le monde s’en moque, au fond : ce qui compte, c’est que chaque matin, dans ces stalles, à l’aube du jour naissant, des religieux viennent chanter des psaumes millénaires, parce qu’ils cherchent Dieu. Patrimoine spirituel en vue.

En 1978, il y a 40 ans, l’UNESCO a commencé à dresser ses listes mondiales de ce qui comptait pour l’humanité. Sur un millier de lieux recensés aujourd’hui, notre pays — qui vient en 4e position après l’Italie, la Chine et l’Espagne — en compte une cinquantaine, tous admirables, dont une dizaine — abbayes et cathédrales — sont des lieux de la quête de Dieu. Je sais bien que mes compatriotes, jeunes ou vieux, vont dans des îles du bout du monde (avec Vacances pas chères, et Lastminute.com) glandouiller sur des plages de sable fin. Mais je m’étonne toujours qu’ils ne pensent pas plutôt spontanément à arpenter le vignoble bourguignon à l’heure des vendanges, à musarder dans la cité épiscopale à Albi, ou à flâner dans la Petite-France à Strasbourg : il faut maintenant être japonais pour connaître ces lieux de rêve. Voyez, par parenthèse, comme je suis définitivement ringard.

L’âme d’un pays

Mais par chance, la notion de patrimoine a évolué, parce qu’on songe désormais au « patrimoine immatériel », une notion créée par l’UNESCO en 2003, pour honorer — entre autres — la dentelle d’Alençon, la tapisserie d’Aubusson, les danses du pays basque ou la gastronomie lyonnaise : nous sommes en bon chemin. Notre patrimoine national, en effet, n’est pas seulement un réseau fabuleux de monuments de pierre, c’est aussi une manière de vivre, d’aimer le travail bien fait, de cultiver le beau et le juste, d’offrir aux autres nos incroyables talents. Le vrai patrimoine, c’est l’âme d’un pays.

Et en parlant d’âme, je me demande avec curiosité comment nous allons faire pour conserver leur âme à ces quelque 45.000 églises paroissiales (en tout 100.000 édifices religieux dont 10.000 classés) que compte notre pays, car les pierres ne se défendront pas toute seules. Bien des petites églises rurales, désertées, tombent en ruine, et les édiles communaux, après avoir vendu les presbytères, commencent à parler de vendre les églises. D’une certaine manière on peut les comprendre. Car y aura-t-il des chrétiens pour tenir une église ouverte, propre, soignée, accueillante ? Pour venir y prier, y chanter, s’y recueillir — sans être obsédés d’y « avoir la messe », car ce n’est le plus souvent plus possible. Nous verrons bien.

Notre attention au patrimoine spirituel, celui de l’âme, commandera tout le reste. Bonnes Journées du patrimoine !

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