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Valérian : croissance et déclin des civilisations (4/4)

VALERIAN BD
Dargaud
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Cette semaine, Gabriel Privat vous propose de (re)découvrir la bande dessinée Valérian, qui a révolutionné la BD de science-fiction par son univers et les sujets qu'elle aborde.

« Comment vivent et meurent les civilisations ?» aurait pu être le sous-titre de la bande dessinée Valérian, dont le principe repose sur l’effondrement de la civilisation humaine après un cataclysme atomique en 1986, et dont le redressement sur des bases nouvelles est assuré quelques siècles plus tard grâce à une innovation technique bouleversante, la maîtrise du saut dans l’espace-temps.

À partir de cet instant, l’humanité relevée bâtit un puissant empire galactique s’appuyant sur sa force militaire et sa supériorité scientifique et technique.

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La condamnation de l’esprit de démesure

Cependant, ce nouvel empire terrien se heurte à plusieurs obstacles, qui sont autant de manières, pour les auteurs, de dénoncer la démesure d’une philosophie s’appuyant sur le songe de la toute-puissance.

Conquérants, les hommes ont besoin de ressources et exploitent des planètes entières, comme Technorog, planète géante aux productions immenses. Cette terre était inhabitée, mais voici que les habitants reviennent après des siècles de voyage spatial. Les Alflololiens, peuplade pacifique et indolente, vivant en communion avec la nature, ne comprend pas le productivisme des hommes. Ce n’est pas un hasard, ces nouveaux venus ont des allures de colosses polynésiens, quand les hommes sont tous des Européens au physique plus mesuré. La belle production de la planète se dérègle au contact des Alflololiens, qui n’y comprennent rien et cueillent chaque jour sans anticiper. Les deux civilisations sont inconciliables, et l’on comprend bien que les auteurs penchent du côté du bon sauvage, moyen commode pour eux de dénoncer la folie utilitariste dénuée d’âme des bâtisseurs de Technorog.

Cette dénonciation de la démesure humaine se retrouve encore dans l’album L’Ambassadeur des ombres. L’ambassadeur de Galaxity auprès de Point Central, planète artificielle regroupant les représentations diplomatiques de l’univers entier, est enlevé par un peuple télépathe, revenu à l’état primitif après avoir connu la toute-puissance. À son contact, l’ambassadeur mesure que les projets conquérants de la Terre des années 2720 vont à l’encontre du nécessaire équilibre de l’univers. Il s’apprête à renoncer à cette démesure humaine, quand d’autres événements rebattent les cartes diplomatiques à Point Central. Là encore, la force militaire et technique de la Terre ne lui fut d’aucun secours devant les puissances de l’esprit et de la nature.

C’est enfin ce goût pour la toute puissance qui conduit la Terre de Galaxity à sa perte temporaire dans Les Foudres d’Hypsis, et elle ne devra sa résurrection qu’à l’humble union de toutes les forces pures de l’univers autour de Valérian et Laureline, tandis que seront défaits les Wolochs, nouvelle entité dominatrice et destructrice, dans L’Ouvretemps.

Le déclin des civilisations

Dans le cas de la Terre, la folie productiviste ou utilitariste et l’absence d’âme conduisent notre planète à la disparition. Mais les auteurs utilisent également d’autres civilisations, extraterrestres, pour développer leur point de vue sur cette question.

Ainsi, dans L’Empire des mille planètes, l’empire de Syrte est-il en pleine décadence après avoir connu la magnificence, parce que ses maîtres, les Connaisseurs, lui imposent une dictature impitoyable en vue de projets militaires secrets. Ici, la décadence est aussi liée à la faiblesse du prince, perdu de vices, et à la superstition des populations soumises aux Connaisseurs. Dans un décor partiellement emprunté à la Renaissance, à l’Orient des tableaux du XIXe siècle et la fin du moyen âge, Syrte la magnifique sonne comme une leçon pour le lecteur qui oublierait les vertus de la sobriété, de l’humilité devant l’ordre naturel et de l’exercice éclairé du libre-arbitre.

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L’esthétique de l’architecture renaissance et médiévale, ou du costume renaissance illustrant les sociétés en déclin, autant que les univers oniriques où se plaisent les auteurs, revient à d’autres reprises dans Valérian, comme dans Les Héros de l’équinoxe, où Valérian est désigné par Galaxity pour représenter la Terre dans un concours organisé par la planète Simlane, à l’issu duquel le gagnant est choisi comme « reproducteur » de la planète par la déesse mère… Là encore, le déclin d’une société jadis brillante est mis en avant, faute de pouvoir remplir ses berceaux, car faute d’avoir en son sein des hommes de bonne volonté capables d’assurer cette haute mission. Mais le héros choisi par la déesse mère, Valérian on s’en doute, est le seul des candidats qui refusait d’imposer à la génération à venir un chemin tracé fondé sur la quête de puissance. Là encore le message est clair. Liberté, humilité et sobriété semblent des piliers de la vie idéalisée par les auteurs.

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Malheur aux orgueilleux

Malheur aux peuples qui n’ont pas suivi cette voie ! On en découvre plusieurs, presque éradiqués de la surface de l’univers, après avoir connu des passés brillants, comme les Limboz, présentés dans Au bord du grand rien et dans L’Ordre des pierres, ou comme les Zoms, dans Brooklyn station terminus cosmos.

Les peuples que les deux héros rencontrent sont des témoignages vivants de l’issue promise à tout peuple qui troquera la vie harmonieuse avec la Création pour une quête de puissance démesurée. Laureline, dans la série, est sans doute le personnage d’ailleurs le plus sensible à cette exigence de modération, et la plus méfiante vis-à-vis de la technocratie utilitariste et conquérante de Galaxity. À tel point que c’est elle qui, à la fin de L’Ouvretemps, permet à Valérian ce dernier saut dans le temps, passage vers une vie nouvelle et bonne.

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