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Journées du patrimoine : le trésor de Cluny enfin exposé au public

CLUNY COINS
© Alexis GRATTIER - University Lumiere Lyon II - AFP
Les pièces d'or venues d'Espagne et du Maroc.
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Sa découverte avait fait grand bruit en novembre 2017. Le trésor de l'abbaye de Cluny, composé de plus de 2000 pièces de monnaie, sera présenté au public pour la première fois lors des Journées du patrimoine. Un évènement très attendu.

Ce fut un évènement exceptionnel pour les archéologues français. À l’automne dernier, l’équipe archéologique de l’abbaye de Cluny qui continue, années après années, ses recherches sur l’une des abbayes médiévales les plus importantes de la chrétienté, tombe par hasard sur un butin incroyable. Un trésor comme on en rencontre peu dans sa carrière.

Enfoui pendant presque neuf siècles

Le trésor avait été enfoui à l’emplacement de l’infirmerie, dans un remblai, et semble être demeuré à cet endroit pendant huit siècles et demi. Composé de 2200 deniers et oboles d’argent, 21 dinars musulmans en or, un anneau sigillaire, une feuille d’or pliée et un petit objet également en or en forme de bouton, ce trésor fait partie des plus incroyables découvertes de ces dernières décennies.

À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, il sera présenté pour la première fois au public au musée Ochier, le musée d’Art et d’Archéologie de la ville de Cluny. Les visiteurs seront ainsi conviés à admirer le trésor, à replonger dans l’histoire exceptionnelle de cette découverte, et à visiter le chantier de fouilles en compagnie d’archéologues.

Pendant plus d’un an, Anne Baud, enseignante-chercheur à l’Université Lumière Lyon 2 et Anne Flammin, ingénieure CNRS, rattachées au laboratoire Archéologie et archéométrie, ont dirigé les travaux afin de percer les mystères de ce trésor. Elles ont mené cette collaboration avec neuf étudiants de l’Université Lumière Lyon 2 et de membres de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée Jean Pouilloux.

CLUNY COINS
© Vincent BORREL - AFP

Que disent les premiers résultats ?

« Nous ne sommes pour le moment qu’aux prémices des recherches, explique Anne Baud, mais le trésor a été entièrement nettoyé et consolidé. » Les premiers résultats permettent cependant d’éclaircir une part du mystère qui entoure ce fabuleux butin. À commencer par les deniers clunisiens en argent trouvés en abondance. Si la plupart ont été émis à Cluny — comme en témoigne l’inscription au revers, « Cluniaco cenobio » et le nom de saint Pierre et saint Paul au droit — trois deniers font figure d’exception. Le premier a été frappé à Meaux par l’évêque Burchard (1120-1134) et les deux autres ont été émis à Orléans et à Paris par le roi de France et sont actuellement attribués à Louis VII.

Les magnifiques dinars en or ont, eux, tous été émis par les Almoravides, une dynastie régnant à la fois sur Al-Andalus et le Maghreb. Parmi eux, vingt dinars ont été émis au nom de l’émir Ali ben Youssef (1106-1143), et le plus récent, daté de 1144, porte le nom de son fils, Tashfin, qui n’a régné que deux ans.

Le petit carré d’or, composé de feuilles d’or repliées sur elles-mêmes, restait un mystère pour les archéologues. Enfermait-il un objet précieux à l’intérieur ? Grâce aux nouvelles technologies, il a pu finalement être analysé : les résultats confirment qu’il ne s’agit que d’une ou plusieurs feuilles pliées sur elles-mêmes, sans objet interne.

La plus belle pièce du trésor, le fameux anneau sigillaire en or comprenant en son centre un chaton où se loge une intaille antique en cornaline, n’a pas livré tout ses secrets. Son propriétaire reste encore inconnu mais l’importance d’un tel bijou ne fait aucun doute sur son statut : il s’agissait d’un religieux ou un haut dignitaire ecclésiastique. Enfin, petite et mystérieuse, la pastille d’or reste une énigme. À l’heure actuelle, il est impossible d’expliquer son rôle ni la raison de sa présence dans le trésor. En attendant la poursuite des investigations, rendez-vous aux Journées du patrimoine pour scruter de plus près ce fabuleux trésor.

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