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Philippe de Villiers : « Au fond de leurs tripes, les Français sont attachés à leurs racines »

PHILIPPE DE VILLIERS
JOEL SAGET / AFP
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Ce samedi 8 septembre, Philippe de Villiers va recevoir le prix littéraire Combourg Chateaubriand pour son livre “Puy du Fou, un rêve d’enfance” (2018). Dans ce récit, il raconte la genèse d’un succès foudroyant qui a porté, en quelques décennies, le Puy du Fou parmi les parcs les plus fréquentés au monde. Une histoire incroyable que partage Philippe de Villiers à Aleteia.

Aleteia : Votre livre « Puy du Fou, un rêve d’enfance » a reçu le prix Combourg Chateaubriand qui récompense, chaque année, un écrivain dont le style honore la mémoire et l’œuvre de Chateaubriand. Que ressentez-vous ?
Philippe de Villiers : C’est un grand honneur, une grande joie pour moi et surtout pour toute la grande équipe du Puy du Fou. Car dans ce livre, je raconte l’histoire de la naissance de ce parc. Je suis très honoré, c’est la reconnaissance d’un projet né il y a plus de 40 ans maintenant.

Comment est née l’idée du Puy du Fou ? Qu’est-ce qui pu motiver le jeune homme que vous étiez à l’époque ?
Cette aventure est née à la confluence de deux urgences intimes : c’était l’acte de reconnaissance d’une enfance heureuse. Un moyen ultime de retenir l’enfance. Je voulais dire merci à mes parents, merci aux personnages de mon panthéon enfantin et exprimer mon attachement pour la Vendée. Quand j’ai eu 20 ans, j’ai eu l’impression d’être endetté à vie, je voulais rembourser ma dette morale. Je voulais aussi accomplir un devoir de réparation. Réparation des injustices commises envers la Vendée. Il y a eu 300.000 martyrs, morts sans sépulture durant la Révolution française. J’ai voulu, devant la ruine béante du château du Puy du Fou que j’ai rencontré par hasard, écrire un hymne à la Vendée festive et un Requiem à l’autre Vendée, celle silencieuse et douloureuse, marquée par de nombreuses souffrances.

Comment expliquer un tel succès ? Des millions de gens se déplacent chaque année pour admirer vos spectacles.
La première raison du succès est artistique. Le Puy du Fou présente, de jour comme de nuit, des spectacles hors-normes et émouvants. Le Puy du Fou c’est l’émotion. C’est tout le contraire d’un parc d’attraction. La deuxième raison est que le Puy du Fou est une réponse au mémoricide français. La mondialisation fabrique un homme nomade et interchangeable et les Français, au fond de leurs tripes, de leur cœur, de leur âme, veulent garder leurs attachements vitaux, leurs racines.

Dans votre livre, vous parlez d’un « acte d’amour » lorsque vous expliquez la création de ce projet. Doit-on y voir également une dimension politique ? Basée sur l’engagement, les valeurs…
Tout est lié. Il n’y a pas d’un côté le combattant politique que j’ai été, d’un côté l’écrivain, et d’un autre côté le scénariste du Puy du Fou. C’est le même. Pour moi il y a une cohérence totale. Quand les Français viennent au Puy du Fou, ils voient que ce n’est pas une activité mercantile. C’est une œuvre désintéressée. Le 11 mars 1978, devant les 200 premiers volontaires, j’ai fait quatre serments : il n’y aura jamais de droit d’auteur pour le scénariste, jamais d’actionnaires extérieurs, jamais de subventions pour ne pas dépendre du marketing électoral et jamais de brevets extérieurs. Nous sommes restés fidèles à ces serments.

En tant que catholique pratiquant, voyez-vous également une dimension spirituelle dans votre démarche ?
Je vous répondrai de manière simple. Je suis venu sur la colline du Puy du Fou pour organiser une sépulture officielle à ceux qui n’en n’avait pas eu, les martyrs de Vendée. Et le succès du Puy du Fou trouve là, sans doute, la clé du mystère de sa longévité. C’est ce qu’on appelle « la communion des saints », tous ces petits martyrs et cette Vendée qu’on réhabilite tous les soirs, ils nous portent  et nous murmurent à l’oreille, depuis la voie lactée : « Tant que vous serez fidèles, vous connaîtrez le succès ». Fidèles à ce que fut le cœur du combat pour la création du Puy du Fou.

Le Puy du Fou a beaucoup évolué depuis les années 1970 et vous avez fêté les 40 ans du parc l’année dernière. Comment s’est organisée la transition avec la nouvelle génération des équipes et des acteurs ?
En 1997, nous avons créé l’Académie junior qui permet aux élèves de recevoir une formation académique et artistique. Nous y accueillons 800 élèves. Notre objectif était de devenir autonome pédagogiquement pour rester indépendant artistiquement. Le temps des « pionniers » a eu ses mérites mais nous voulions développer nos compétences pour créer des spectacles plus professionnels. Cette année, deux classes de sixième accueillant une quarantaine d’élèves ont été ouvertes.

Quels sont les moments les plus marquants que vous ayez vécu ?
Le moment plus fort fut la soirée spéciale que nous avons organisé à l’occasion de la venue d’Alexandre et Natalia Soljenitsyne, le 24 septembre 1993. Le plus grand dissident du XXe siècle est venu spécialement au Puy du Fou des États-Unis, où il était exilé depuis vingt ans. Avec son épouse, il est resté quatre jours en Vendée. J’en garde un souvenir ébloui. Je n’ai jamais oublié ce qu’il m’a dit : « Seul les peuples qui gardent leur mémoire préservent leur âme ». Il y a eu également l’arrivée de l’anneau de Jeanne d’Arc. Une chapelle-reliquaire a été érigée pour accueillir la relique. La présence de l’anneau de Jeanne d’Arc recèle une charge symbolique mystérieuse. C’est le symbole de sa pureté, de ses voix, de ses batailles, de ses serments, de sa foi en Jésus, de son martyr et de sa mission protectrice.

Le Puy du Fou : un rêve d’enfance, Philippe de Villiers, éditions du Rocher, 278 p., 17,90 euros.

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