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La génération Y, championne de l’annulation de dernière minute

WOMAN WORKING
By fizkes | Shutterstock
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Un texto, et on annule son rendez-vous, pour rester au chaud, parce qu'on n'a plus le temps, ou pour aller à cette fête qui a l’air dix fois plus sympa. Voilà les nouveaux codes relatifs à la gestion des emplois du temps de la génération Y. Résultat, on assiste à une épidémie d’annulation de dernière minute. Pistes pour éloigner ce mal du siècle.

Un rendez-vous de médecin, un apéro avec des amis, un dîner prévu de longue date… Un texto, et hop, on n’en parle plus. La génération Y désigne les personnes nées entre 1980 et 2000, affichant des caractéristiques communes dans leur comportement social. L’une de ces caractéristiques est la manie d’annuler au dernier moment ses engagements, faisant fi de principes jugés sans doute rétrogrades tels que la fidélité, le respect de l’autre et de la parole donnée, la confiance et le sens de l’engagement.

Un accès (trop ?) facile à la communication

Avoir l’autre à portée de main — peu importe où il se trouve, de toute manière il aura son portable — rend la victoire trop facile à la flemme qui couve au moment de sortir, ou à une autre invitation plus attrayante. Avant, on ne se posait pas la question de savoir si on était « trop crevée pour y aller », ou si « cette soirée avait l’air plus cool », car il aurait été franchement mal vu de poser un lapin. Aujourd’hui, un texto, un WhatsApp ou un clic sur Facebook suffisent à se dédouaner et à avoir la conscience tranquille.

« La personne n’étant pas en face de nous, nous avons l’impression de ne pas faire de mal. C’est comme si elle n’existait pas », explique la psychologue Sophie Millot. Afin de réaliser les conséquences d’un tel acte, elle recommande d’appeler la personne pour lui annoncer de vive voix qu’on ne viendra pas. « Beaucoup sont réticents, mais le simple fait d’y penser, fera que parfois nous n’annulerons pas », ajoute-t-elle. Alors, bonne résolution de rentrée : s’obliger à appeler la personne si l’on souhaite se décommander.

Une boulimie de rendez-vous

« J’ai quelque chose de prévu tous les soirs et tous les jours je déjeune avec des amis ou avec des fournisseurs », confie Aude, 30 ans, acheteuse dans une grande entreprise. « Ça me rassure, d’avoir un agenda bien rempli, cela me donne l’impression d’être active, de ne pas perdre mon temps, d’avoir une vie trépidante, épanouissante ». Les études montrent que nous sommes de plus en plus nombreux à être pris d’une frénésie de rendez-vous, facilitée par les moyens de communication modernes. « Cette tendance à l’accumulation est la conséquence d’une forme de pression, d’un culte de la performance particulièrement prégnant dans notre société. Prendre pléthore de rendez-vous est une manière de répondre à des impératifs personnels et professionnels toujours plus nombreux », analyse Michael Stora, psychologue spécialiste des cultures numériques.

Prévoir une multitude de rencontres permet aussi de soigner son image sociale. Un des enjeux auxquels se prêtent les jeunes de la génération Y est d’être « populaires », ou « socialement désirables », c’est-à-dire être très demandés, d’avoir une foule de rendez-vous, de fêtes, d’apéros. Répondre : « Je ne peux pas, j’ai déjà un truc de prévu » est le nec plus ultra de la mondanité. Cependant, si les rendez-vous sont bien calés dans l’agenda — électronique, bien sûr ! — on ne peut pas pour autant tenir le rythme in real life. Trois rendez-vous prévus en une heure, nécessairement c’est le second qui va trinquer. La solution ? Revenir aux agendas papier, qui donnent une meilleure visibilité. « Lorsque l’on prend le temps d’écrire son planning à la main, avec une feuille et un stylo, on prend conscience de notre boulimie à vouloir tout faire », indique Sophie Millot. On visualise mieux un programme surchargé. Il s’agit aussi, et surtout, de ne pas dire oui à tout, d’opérer un tri dans le foisonnement de ses obligations, et de redéfinir à chaque occasion ses priorités.

L’herbe est plus verte chez le voisin

La génération Y est bien connue pour sa tendance à zapper, à papillonner, à se lancer inlassablement à la quête du mieux, du meilleur, du plus fort. Une des raisons pour lesquelles les jeunes annulent au dernier moment, c’est parce qu’ils pensent qu’il y a mieux ailleurs. « Quand j’arrive à une soirée, je vérifie sur Facebook s’il n’y a pas une autre fête qui s’est organisée ailleurs. Pour savoir. Et éventuellement y faire un saut après celle-là », explique Jérôme, 24 ans, étudiant en école de commerce. Ce syndrome a un nom : le Fomo (Fear of missing out, la « peur de rater quelque chose »). Pour le combattre, une décision : s’obliger à se déconnecter des outils numériques, pour mieux se connecter avec les personnes autour de soi. Les anciens vous diront qu’on profite bien mieux d’une soirée lorsqu’on y participe pleinement !

Une illusion de liberté

Dire non au dernier moment, aller finalement à ce dîner, se faire désirer, toutes ces attitudes nous font croire qu’on est maître de son agenda, de son temps et donc de sa vie. Mais ce n’est qu’une illusion de liberté. Tout se passe comme si piétiner toute notion d’engagement permettait d’affirmer sa personnalité. Pourtant, « celui qui est fidèle dans les petites choses l’est aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les petites choses l’est aussi dans les grandes. », lit-on dans Luc 16, 10. Atteindre une cohérence entre son attitude au quotidien et les convictions qui nous sont chères, voilà où est la véritable liberté.

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