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Trop de cours, pas assez de jeu, des pédiatres tirent la sonnette d’alarme

PLAYING FOOTBALL
By Monkey Business Images | Shutterstock
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Le jeu participe au bon développement de l'enfant, rappelle une étude publiée en août 2018 dans la revue Pediatrics, éditée par l’Académie américaine de pédiatrie, alarmée par le recul des activités ludiques au profit de l’enseignement théorique chez les jeunes enfants.

Les pédiatres s’émeuvent d’une tendance sociétale qui met l’accent sur l’apprentissage académique très tôt, trop tôt. « De 1981 à 1997, le temps de jeu des enfants a diminué de 25%. Les enfants de 3 à 11 ans ont perdu 12 heures par semaine de temps libre. En raison de la pression scolaire accrue, 30% des enfants des écoles maternelles américaines n’ont plus de récréation », déplorent-ils. Une tendance contre-productive, qui nie les bienfaits et la nécessité quasi vitale du jeu libre.

Une tendance contre-productive

Aujourd’hui, aux États-Unis comme ailleurs, l’accent est mis sur la réussite scolaire, les heures de cours supplémentaires, l’augmentation des devoirs à la maison, dans le but légitime d’assurer un brillant avenir à sa progéniture. Par conséquent, « il reste peu de temps pour les jeux libres, pour la lecture parentale aux enfants ou pour les repas en famille », notent les scientifiques. De plus, le stress lié à cette exigence de réussite vient ternir les effets escomptés. « Les effets stressants de cette approche entraînent souvent le développement ultérieur de l’anxiété, de la dépression et un manque de créativité », lit-on dans les résultats de l’étude. Les auteurs ne manquent pas de souligner que les pays ayant de longues récréations enregistrent tout de même de bons résultats scolaires.

Jouer, c’est du sérieux

« Le jeu n’est pas frivole », soulignent d’entrée de jeu l’assemblée de pédiatres américains. Expression qui n’est pas sans rappeler le leitmotiv de la psychologue et psychanalyste Sophie Marinopoulos, fondatrice du service de Prévention et de Promotion de la Santé Psychique (PPSP) à Nantes : « Quand un enfant joue, c’est sérieux ». La tendance actuelle à normer les activités en fonction de l’âge des enfants a tendance à placer les activités libres au second plan, explique-t-elle. Or, l’expérience libre permet à l’enfant de se construire à son rythme, de devenir le créateur de ses explorations et expérimentations.

L’Académie américaine de pédiatrie abonde également dans ce sens en disant du jeu libre qu’il « améliore la structure du cerveau et favorise la fonction exécutive (c’est-à-dire le processus d’apprentissage plutôt que le contenu), ce qui permet de poursuivre des objectifs et d’ignorer les distractions ». Pour grandir et se développer, l’enfant a besoin de jouer. « Il s’agit d’une activité intrinsèquement motivée, impliquant un engagement actif et aboutissant à une découverte joyeuse ». La recherche scientifique juge bon de préciser que les meilleures applications sur tablette ou smartphone favorisent moins l’apprentissage qu’un jeu dans la vie réelle.

Un besoin vital ?

Que deviennent les enfants qui ne jouent pas ? La psychologue clinicienne Sophie Marinopoulos aborde la question dans son ouvrage Jouer pour grandir (Yapaka.be), et définit le jeu comme un besoin vital pour la santé psychique de l’enfant. « Jouer est essentiel, incontournable, et pour l’enfant c’est aussi important de jouer que de manger et dormir. L’enfant qui ne reçoit pas les besoins vitaux dont il a besoin meurt. On peut mourir physiquement et psychiquement. C’est tellement vrai et reconnu par les spécialistes de l’enfance, que les Droits de l’enfant ont inscrit comme nécessité absolue dans les articles de sa convention, les besoins physiologiques et les besoins psychiques, parmi lesquels le jeu occupe une place majeure. »

Lors d’une intervention pour l’organisation humanitaire EMDH (Enfants du Monde – Droits de l’Homme) présente dans les pays traversés par les conflits, la psychologue a expliqué qu’il était nécessaire de redonner aux enfants recueillis et sauvés par les ONG mais à l’agonie psychiquement, le goût des expériences ludiques, et tout particulièrement le jeu de « faire semblant », pour mettre leurs émotions à distance et se les représenter. Car « vivre pour un enfant revient à jouer. Jouer ses peurs, jouer le monde pour le comprendre, engager de l’espoir, se projeter dans le futur, imaginer son avenir et apprendre. L’enfant a un besoin inextinguible d’exprimer son monde intérieur, de faire revivre sa famille, d’être à nouveau acteur de lui-même pour grandir ».

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