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Le cléricalisme : qu’est-ce que c’est ?

PRIESTS
Wideonet / Shutterstock
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Le pape François a consacré une grande partie de son pontificat à dénoncer ce phénomène. Mais en quoi consiste-t-il exactement ?

Au lendemain des graves scandales d’abus sexuels commis par des membres du clergé, on a vu de nombreuses réponses et réflexions venant à la fois de laïcs comme du prélat, dont le pape François. Dans sa lettre au peuple de Dieu sur la crise actuelle, le pape François désigne une nouvelle fois ce phénomène comme étant l’une des composantes principales de la crise des abus sexuels : le cléricalisme.

C’est l’un de ces mots qu’on lance dans les conversations à l’église, mais qu’on définit rarement. Un mot qu’on entend assez souvent sans connaître réellement son sens. Qu’est-ce que le cléricalisme ?

Le cléricalisme désigne une manière déviante de concevoir le clergé, une déférence excessive et une tendance à lui conférer une supériorité morale. Le pape François a donné une brève description de ce phénomène : « les prêtres se sentent supérieurs, ils sont très distants du peuple. » Il ajoute que le cléricalisme peut être « favorisé par les prêtres eux-mêmes ou par les laïcs ». En effet, les laïcs peuvent tomber dans le cléricalisme aussi ! Ils peuvent croire que leurs contributions à la vie de l’Église ne sont que de second ordre, ou qu’en toutes choses, « le prêtre en sait forcément plus ».

Cela étant, on se doit de respecter les membres de notre clergé. Ils sont appelés par Dieu à être nos chefs de file, nos enseignants et nos sanctificateurs dans la vie chrétienne, et on leur doit le respect pour cela. Après tout, saint Ignace d’Antioche déclare qu’on doit révérer les diacres comme Jésus-Christ lui-même, et l’évêque comme l’image du Père. Il affirme également que « là où est l’évêque, là est l’Église catholique ».

Le clergé participe à la force apostolique, transmise par le Christ lui-même. Ils ont été désignés pour être nos bergers. Ils ont ce pouvoir, conféré par le sacrement de l’Ordre Sacré, et ce même quand ils se comportent mal. Un prêtre en état de péché mortel peut toujours appeler le Christ à l’autel durant la messe. Il peut toujours pardonner nos péchés lors de la confession, même si sa propre âme « baigne dans le péché ». Les prêtres reçoivent une « marque indélébile » sur leur âme par l’Ordre sacré, leur permettant d’agir in persona Christi (« en la personne du Christ »), et aucun péché ne peut effacer cette marque et le don qu’elle implique. Oui, même si un prêtre était condamné à l’enfer, son âme garderait toujours la marque de son sacerdoce, ce qui signifie indubitablement que sa souffrance éternelle serait plus grande encore que celle des autres.

Toutefois, ce pouvoir de l’Ordre sacré n’implique pas que le clergé est automatiquement plus sage, qu’il possède un meilleur jugement ou, et il est important de le noter, qu’il soit moralement supérieur à toute autre personne. Ces prêtres ordonnés restent des êtres humains, sujets à faire toutes les erreurs (et les péchés) que les gens ordinaires peuvent faire. Les apôtres eux-mêmes ont fait toutes sortes d’erreurs, que ce soit de mal comprendre les mots de Jésus comme de le trahir, et il ne faut pas croire que leurs successeurs sont à l’abri de ces fautes.

En outre, si on considère la haute vocation que les prêtres et les religieux ont reçue de Dieu, on peut aisément imaginer les efforts que réalise le diable à les faire tomber. C’est l’une des raisons pour lesquelles il est particulièrement important de prier pour les ecclésiastiques, en étant conscients du fait que leur vie sur Terre est une lutte spirituelle.

Trouver le droit chemin

Dans une déclaration devenue célèbre, Aristote a dit que « la vertu est un équilibre entre les extrêmes ». Donc quand on essaie d’éviter le cléricalisme, on devrait faire attention à ne pas tomber dans l’excès inverse : l’anticléricalisme. Même si on ne devrait pas hisser les prêtres sur un noble piédestal, on ne doit pas non plus les mettre plus bas que terre. On ne doit pas les insulter ou dégrader la vocation cléricale. On ne devrait donc pas flatter notre clergé, ni lui cracher dessus.

Jésus avait trouvé un juste équilibre pour ses apôtres depuis le début. Après que la mère de Jacques et de Jean a demandé à Jésus si ses fils pouvaient siéger à sa droite et à sa gauche dans le royaume, les autres apôtres se sont plaints, pourquoi ces deux-là recevaient cet honneur et pas eux ? Jésus leur répondit :

« Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles et que les grands les tiennent sous leur pouvoir. Ce ne sera pas le cas au milieu de vous. Mais si quelqu’un veut être grand parmi vous, il sera votre serviteur ; et si quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave.  C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup. » (Mt 20, 20-28)

Jésus n’a pas contesté le fait que ses apôtres auraient de l’autorité sur les autres ; il leur a plutôt appris et montré que cette autorité est destinée à servir. C’est un peu comme quand des parents prennent une baby-sitter et qu’elle est « responsable » de leurs enfants. La baby-sitter a une autorité sur les enfants, pas pour qu’elle puisse les envoyer tôt au lit pour ensuite regarder tranquillement un film ou passer sa soirée sur Snapchat, mais pour qu’elle puisse s’occuper d’eux correctement. Être « responsable » signifie que les enfants sont « la responsabilité de la baby-sitter ».

Saint Pierre, le premier pape, était l’un des plus grands disciples de Jésus. Il a repris les mots de Jésus dans sa première lettre (1 P 5, 3)  quand il a écrit : « Non pas en commandant en maîtres à ceux qui vous sont confiés, mais en devenant les modèles du troupeau. »

Depuis l’époque de saint Grégoire le Grand, plusieurs papes ont pris le titre de servus servorum Dei, « servant des servants de Dieu. » Les membres du clergé ne sont pas nos maîtres, ils sont là pour nous aider. Comme l’a écrit le pape François : « Les laïcs font partie du saint peuple fidèle de Dieu et par conséquent, ce sont les protagonistes de l’Église et du monde ; nous [prêtres] sommes appelés à les servir, non à nous servir d’eux. »

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