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Jean Guitton, l’ami intime de Paul VI

JEAN GUITTON
Ulf Andersen / Aurimages / AFP
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Tout au long de la semaine Aleteia vous invite à découvrir des Français qui ont été marqués par leur passage à Rome. Aujourd’hui, Jean Guitton.

Tout souverain pontife qu’il est, le pape n’en reste pas moins un homme et a donc des amis comme tout un chacun. Paul VI comptait ainsi plusieurs intellectuels français parmi ses proches, au premier rang desquels le philosophe Jean Guitton.

« J’aime la pensée française, sa vigueur, sa clarté, sa richesse, son expression ». Tels sont les mots du pape Paul VI (1963-1978), selon le cardinal Paul Poupard qui a travaillé auprès de lui pendant plusieurs années. À tel point que ce souverain pontife va déroger à la tradition en 1969 en ne choisissant pas un Italien, mais un Français pour devenir secrétaire d’État du Saint-Siège. C’est en effet le cardinal Jean Villot qui est désigné par Paul VI pour être son bras droit. Un choix qui fait du haut prélat « l’exemple du primat — encore vanté par les Français — du premier peuple chrétien », considère un prêtre italien spécialiste du Vatican.

Toutefois, cette prédilection du successeur de Pierre pour la pensée française se retrouve encore plus dans ses amitiés avec des intellectuels français. Au premier rang de ceux-ci, se trouve le philosophe et écrivain Jean Guitton. Les deux hommes se rencontrent le 8 septembre 1950, plusieurs années avant l’élection au pontificat de Mgr Giambattista Montini. Celui-ci, alors substitut pour les Affaires générales du Vatican, désirait en effet féliciter le Français pour son ouvrage La Vierge Marie, pourtant critiqué par L’Osservatore Romano.

L’amitié naît immédiatement entre les deux hommes. Jean Guitton a raconté cette rencontre en 1996 au magazine L’Express : « Il m’avait demandé de lui faire la promesse de venir le voir chaque année le 8 septembre, pendant toute ma vie. J’ai tenu ma promesse vingt-sept fois ! » Sans compter les autres visites.

La « croix » de Paul VI

Cette amitié permet à Jean Guitton de connaître le chef de l’Église catholique dans son intimité, dans ses interrogations. Ainsi, explique-t-il en 1988 dans ses mémoires, l’encyclique Humanae vitae (1978) interdisant la contraception était un « déchirement de [l]a conscience » du souverain pontife. « Ce devoir lui fut une croix », insiste-t-il.

Plutôt que la popularité dont sa nature « si avide d’être aimée était sensible », Paul VI « avait choisi la solution la plus difficile, celle qui consiste à ne pas rabaisser la morale jusqu’aux mœurs, mais à tenter d’élever les mœurs jusqu’à la hauteur de la morale ». Devant son ami, le successeur de Pierre ne cache pas son trouble, tout en gardant sa certitude d’avoir bien discerné : « J’ai des regrets ; je n’ai pas de remords », lui affirme-t-il.

Les nombreux échanges entre le pape italien et le philosophe français ont été retranscrits par ce dernier dans un ouvrage sobrement intitulé Dialogues avec Paul VI. Avec sa publication en 1967, il le fait toutefois relire par le souverain pontife : « Il l’a soumis à cinq censeurs, qui n’y ont rien trouvé à redire », s’amuse Jean Guitton auprès de L’Express. « Nimis bene scripsistide nobis » — tu as bien parlé de moi, lui répond le pape.

Auteur prolifique, Jean Guitton a consacré pas moins de trois ouvrages à son papal ami. Liste auxquels s’ajoutent ses nombreux ouvrages de souvenirs ou de réflexions et où le pontife est cité. Marqué à vie par cette amitié, le Français imagine en 1997 dans Mon testament philosophique le récit de sa propre mort. Humblement, il décrit une scène où Paul VI est présent et tente de lui faire comprendre que l’important n’est pas de « penser, croire et savoir », mais d’aimer Dieu.

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