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Lettre du pape François sur les abus sexuels : les dix attitudes à adopter

POPE FRANCIS
Antoine MEKARY I ALETEIA
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La lettre du pape François au « peuple de Dieu », publiée ce lundi 20 août après la révélation d’un rapport accablant sur les cas d’abus sexuels de la part d’environ 300 prêtres de la Pennsylvanie entre les années 1950 et 2010, est un programme pastoral à haute teneur humaine et spirituelle.

« Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Co 12, 26). C’est ainsi que le pape François introduit sa lettre au peuple de Dieu, publiée le 20 août, moins d’une semaine après la publication du rapport accablant sur les cas d’abus sexuels de la part d’environ 300 prêtres de la Pennsylvanie entre les années 1950 et 2010. Rédigée dans l’urgence, la lettre est un véritable cri du cœur où le pape exprime sa douleur et sa honte, sa solidarité avec les victimes. L’objectif est de mobiliser toute l’Église catholique pour mettre fin à une culture du silence et du secret qui favorise les abus sexuels, l’invitant à la prière, au jeûne et au repentir, appelant chacun à dénoncer tout abus. L’appel est à la transformation, à la solidarité et à l’humilité.

Voici dix attitudes que je dégage de ce bref document de François, qui est un programme pastoral à haute teneur humaine et spirituelle, où il met des mots sur le passé de l’Église, faite de pécheurs et de saints, tout en ouvrant l’avenir sur l’espérance : « Si par le passé l’omission a pu être tenue pour une forme de réponse, nous voulons aujourd’hui que la solidarité, entendue dans son acception plus profonde et exigeante, caractérise notre façon de bâtir le présent et l’avenir, en un espace où les conflits, les tensions et surtout les victimes de tout type d’abus puissent trouver une main tendue qui les protège et les sauve de leur douleur ».

Compatir à la douleur des victimes

« La douleur des victimes et de leurs familles est aussi notre douleur », écrit le pape. Ce crime des abus sexuels génère de profondes blessures chez les victimes, leurs proches et dans toute la communauté humaine. Nous avons à compatir avec les victimes, sachant que « tout ce que l’on peut faire pour demander pardon et réparation du dommage causé ne sera jamais suffisant ». Leur douleur pénètre jusqu’à l’âme et dure toute la vie. Aucun membre de l’Église ne doit réprimer cette douleur de la victime, la taire, en prenant des décisions qui en augmente la gravité « jusqu’à tomber dans la complicité ».

Nous engager à la protection des plus vulnérables

Le pape réaffirme une fois de plus l’engagement de toute l’Église « pour garantir la protection des mineurs et des adultes vulnérables ». Ces situations d’abus ne doivent plus « trouver de terrains propices pour être dissimulées et perpétuées ». Et cela commence par la condamnation « des atrocités commises par des personnes consacrées, par des membres du clergé, mais aussi par tous ceux qui ont la mission de veiller sur les plus vulnérables et de les protéger ». L’abus ne peut plus être passé sous silence. Rappelons qu’en 2016, le pape François a décidé dans une lettre apostolique qu’un évêque peut être révoqué de ses fonctions s’il a commis, par négligence ou par omission, des actes ayant causé un grave préjudice physique, moral, spirituel ou financier à autrui.

Demander pardon

Le pape fait son mea culpa pour toute l’Église : « Nous ressentons de la honte lorsque nous constatons que notre style de vie a démenti et dément ce que notre voix proclame. » Il incite à demander pardon pour nos propres péchés et pour ceux des autres. « La conscience du péché nous aide à reconnaitre les erreurs, les méfaits et les blessures générés dans le passé et nous donne de nous ouvrir et de nous engager davantage pour le présent sur le chemin d’une conversion renouvelée ».

Nous unir au Rédempteur

Avec honte et repentir, le pape reconnaît que la communauté ecclésiale n’a pas su être là où elle le devait : « nous n’avons pas agi en temps voulu en reconnaissant l’ampleur et la gravité du dommage qui était infligé à tant de vies. Nous avons négligé et abandonné les petits. » Il reprend les paroles de son prédécesseur, le cardinal Ratzinger, méditant sur la neuvième station du Chemin de Croix pour le Vendredi Saint de 2005 : « Que de souillures dans l’Église, et particulièrement parmi ceux qui, dans le sacerdoce, devraient lui appartenir totalement ! Combien d’orgueil et d’autosuffisance ! […] La trahison des disciples, la réception indigne de son Corps et de son Sang sont certainement les plus grandes souffrances du Rédempteur, celles qui lui transpercent le cœur. Il ne nous reste plus qu’à lui adresser, du plus profond de notre âme, ce cri : Kyrie, eleison — Seigneur, sauve-nous (cf. Mt 8, 25) ».

Agir de manière globale et communautaire

Le chemin de conversion à prendre pour reconnaître ce qui s’est passé n’est pas suffisant, il faut agir de manière globale et communautaire, en solidarité avec les plus faibles, dénonçant tout ce qui blesse l’intégrité de la personne. Solidarité qui demande de lutter contre tout type de corruption, spécialement la corruption spirituelle, « car il s’agit d’un aveuglement confortable et autosuffisant où tout finit par sembler licite : la tromperie, la calomnie, l’égoïsme et d’autres formes subtiles d’autoréférentialité, puisque “Satan lui-même se déguise en ange de lumière” (2 Co 11, 14) »

Nous engager dans la transformation

En plus de la protection des mineurs et des adultes vulnérables, le pape souhaite que « chaque baptisé se sente engagé dans la transformation ecclésiale et sociale dont nous avons tant besoin ». Cette transformation nécessite la conversion personnelle et communautaire et nous pousse à repartir du Christ, à le découvrir dans les autres, surtout les plus blessés. Elle nécessite aussi le changement de structures au Vatican, ce qui est déjà commencé par François, à petits pas, il faut bien le dire, mais sûrement. Ce qui me rappelle cette citation de Bernanos à propos de l’Église : « Je ne la souhaite pas parfaite, elle est vivante. Pareille au plus humble, au plus dénué de ses fils, elle va clopin-clopant de ce monde à l’autre monde ; elle commet des fautes, elle les expie, et qui veut bien détourner un moment les yeux de ses pompes, l’entend prier et sangloter avec nous dans les ténèbres. » (Les Grands Cimetières sous la lune).

Nous convertir par la prière et le jeûne

François invite tout le peuple de Dieu à la prière, au repentir et au jeûne, pour réveiller la conscience, la solidarité et l’engagement en faveur d’une culture de la protection. « La dimension pénitentielle du jeûne et de la prière nous aidera en tant que peuple de Dieu à nous mettre face au Seigneur et face à nos frères blessés, comme des pécheurs implorant le pardon et la grâce de la honte et de la conversion, et ainsi à élaborer des actions qui produisent des dynamismes en syntonie avec l’Evangile. Car « chaque fois que nous cherchons à revenir à la source pour récupérer la fraîcheur originale de l’Évangile, surgissent de nouvelles voies, des méthodes créatives, d’autres formes d’expression, des signes plus éloquents, des paroles chargées de sens renouvelé pour le monde d’aujourd’hui ».

Lire la suite sur le blogue de Jacques Gauthier.

 

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