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Le pape, ce souverain absolu affranchi du décorum monarchique (4/5)

CONSISTORY
Andreas SOLARO / AFP
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Successeur de l’apôtre Pierre, le Pape est un chef religieux mais aussi un chef d’État : celui du Vatican. Tout au long de la semaine, Aleteia vous propose d’en découvrir les particularités. Plongez aujourd’hui dans le rôle tout particulier du souverain pontife qui en plus d’être le chef de l’Église catholique est aussi un monarque absolu. Il possède tous les attributs d’un souverain, même si quelques-uns ont été délaissés depuis quelques années.

Concentrant dans sa main les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, le Pape est un des derniers monarques absolus au monde. Par son élection, et l’entendue de ses prérogatives, il ne ressemble en rien à un chef d’État classique.

À la tête du plus petit État du monde et du Saint-Siège, représentation juridique de l’Église catholique au plan international, le Pape gouverne actuellement sans réels contre-pouvoirs. Mais la monarchie pontificale a aussi dû être rénovée au cours des dernières décennies. Paul VI (1963-1978) avec le motu proprio Pontificalis domus (mars 1969) a réorganisé la Maison pontificale.

Le protocole, une part importante dans la diplomatie

Supprimant un certain nombre d’offices désuets, comme le titre de cardinal palatin, le haut chambellan et le théologien du Pape, Paul VI a transformé les camériers de « cape et d’épée » en gentilshommes de Sa Sainteté. Ces derniers sont chargés de missions de représentation comme l’accueil d’un chef d’État étranger. Cependant, le Saint-Siège n’en recrute plus depuis mai 2013. Tous sont issus de la noblesse romaine ou de la haute bourgeoisie.

Préfet de la Maison pontificale depuis 2012, Mgr Georg Gänswein occupe pour sa part les fonctions d’un chambellan. Chargé du service d’antichambre du Pape, il prépare les audiences, publiques comme privées, organise les cérémonies pontificales non-liturgiques, et les dispositions pratiques du voyage du pontife en pays étranger. Signe de son importance, Mgr Gänswein est toujours assis à la droite du Pape pendant les audiences publiques, quand le secrétaire particulier est à gauche.

Le préfet de la Maison pontificale est également gardien des usages. Au Vatican, le protocole tient une part importante dans la diplomatie. Lorsqu’un chef d’État arrive dans la Cité, Mgr Gänswein — ou un autre prélat parlant sa langue — l’accueille dans la cour Saint-Damase. La Garde suisse lui rend les hommages militaires et les gentilshommes de Sa Sainteté forment un rang d’honneur. Dans cet imposant décorum, rien n’est laissé au hasard, pas même l’ordre des hymnes nationaux. Comme le Vatican est l’hôte, l’hymne pontifical (Inno maria e pontificale, seul hymne en latin au monde) est joué en dernier.

Même à l’étranger, le souverain pontife ne se départ pas de sa fonction de chef de l’État un peu à part. À son arrivée à l’aéroport, une délégation d’officiels l’attend toujours pour lui rendre hommage. Parfois des avions de chasse encadrent son avion sous le regard impressionné des journalistes ; comme le 15 janvier 2018, quand le pape François est entré dans l’espace aérien péruvien.

À l’instar des autres chefs de l’État, le Pape peut aussi distinguer par des décorations. Réformées par le bref pontifical Multam ad existendos de février 1905, il existe sept ordres pontificaux dont le prestigieux ordre de Saint-Sylvestre et trois associés au Saint-Siège.

Des attributs abandonnés

Certains attributs monarchiques ont en revanche été progressivement abandonnés au fur et à mesure. Au XVIIIe siècle, un ambassadeur étranger devait entrer par la Porte de bronze, puis gravir l’escalier royal construit sur les plans du Bernin, et enfin arriver dans la Salle royale où le recevait le Pape.

Jusqu’à Jean Paul Ier en 1978, le pontife nouvellement élu était également sacré et couronné dans la basilique Saint-Pierre. Au cours de cette cérémonie, le successeur de Pierre recevait la tiare papale, aussi appelé trirègne. Sur celle-ci trois couronnes se succédaient. Elles représentaient respectivement le pouvoir spirituel en tant que vicaire du Christ ; le pouvoir temporel, avec un pouvoir de juridiction sur les États pontificaux comme hériter de saint Pierre ; et enfin l’autorité sur les rois que le chef de l’Église pouvait en théorie couronner et déposer.

Abandonnée depuis Paul VI (1963-1978), la tiare est toujours représentée sur les armoiries du Pape et du Vatican. Depuis Benoît XVI (2005-2013) une mitre d’évêque remplace la tiare. Toutefois trois bandes horizontales sur la mitre rappellent les antiques couronnes. Depuis le 27 septembre 1978, veille de la mort de Jean Paul Ier, un autre attribut monarchique a été délaissé : la sede gestatoria — le trône mobile.

Comme pour expliquer l’abandon de ce décorum, Benoit XVI (2005-2013) avait déclaré le 7 mai 2005 lors de sa prise de possession de sa chaire d’évêque de Rome à la basilique Saint-Jean-du-Latran : « le Pape n’est pas un Souverain absolu. Le ministère du pape est la garantie de l’obéissance envers le Christ et envers Sa parole ».

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