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Pourquoi le pape François inscrit-il la peine de mort comme « inadmissible » ?

© AFP PHOTO/JIM WATSON
Le pape François s'est exprimé le 24 septembre 2015 devant le Congrès américain et a fermement défendu la protection de la vie humaine "à chaque étape de son développement".
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Le pape François a demandé ce jeudi 2 août, à la Congrégation pour la doctrine de la foi, d’inscrire dans le Catéchisme de l’Église catholique que la peine capitale est « inadmissible* ». Il a également appelé l’Église à s’engager pour l’abolir « partout dans le monde ». Si la portée symbolique est forte, le discours n’est pas nouveau : le pape François s’était déjà plusieurs fois fermement opposé à la peine de mort, la qualifiant d’« inadmissible, quelle que soit la gravité du délit du condamné ». Explications.

« Tu ne commettras pas de meurtre », dit le cinquième commandement (Ex 20, 13). Si cette loi est universellement connue, elle revêt aujourd’hui une signification toute particulière. Le pape François a demandé ce jeudi 2 août à la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) d’inscrire dans le Catéchisme de l’Église catholique que la peine de mort est une mesure « inadmissible car elle blesse l’inviolabilité et la dignité de la personne », a annoncé le Saint-Siège.

Un ultime recours pour protéger la société ?

Jusqu’à présent, le Catéchisme de l’Église catholique de 1992 reconnaissait que la peine de mort n’était pas exclue en cas de certitude et si celle-ci était « l’unique moyen praticable pour protéger » des personnes innocentes du criminel (n° 2267). « Elle était admise en cas d’absolue nécessité car elle s’imposait parfois comme l’ultime recours pour protéger et défendre la société », explique à Aleteia l’abbé Marc Depecker, curé de la paroisse Thève et Nonette (Oise).

Saint Jean Paul II avait déjà émis une première réserve en 1997 en inscrivant dans une nouvelle version du Catéchisme que les « cas d’absolue nécessité » justifiant la peine capitale « sont désormais très rares, sinon même pratiquement inexistants ». C’est-à-dire que si les États conservaient le droit d’appliquer la peine de mort, les papes n’approuvaient pas qu’ils s’en servent. En d’autres termes, la peine de mort n’était donc pas formellement proscrite mais elle est devenue aujourd’hui inapplicable en raison du progrès de nos sociétés. Saint Jean Paul II a également formulé un appel, le 12 décembre 1999, « à tous les responsables, afin que l’on parvienne à un consensus international pour l’abolition de la peine de mort ». De la même manière Benoît XVI avait affirmé « la nécessité de faire tout ce qui est possible pour arriver à l’élimination de la peine capitale », sans aller toutefois jusqu’à réécrire le Catéchisme.

« Qui sommes-nous pour ôter la vie ? »

C’est en septembre 2015 que les choses s’accélèrent. Alors que le pape François s’exprime devant le Congrès américain pour un discours historique, il défend fermement sa conviction selon laquelle il faut « protéger et défendre la vie humaine à chaque étape de son développement ». En octobre dernier il avait aussi demandé d’inscrire dans le Catéchisme l’opposition catégorique de la peine de mort qui supprime une vie humaine, « toujours sacrée aux yeux du Créateur » et empêche la possibilité d’un « rachat moral et existentiel ».

Demander cette interdiction n’entre pas en contradiction avec l’enseignement passé de l’Église, a également souligné le souverain pontife, car la dignité de la personne humaine de sa conception à sa fin naturelle a toujours été enseignée par le Magistère. Et la doctrine doit selon lui progresser, avec « l’évolution de conscience du peuple de Dieu ». « Cela paraît logique », opine l’abbé Guillaume Le Floc’h, curé de la paroisse Saint-Pierre-Saint-Étienne-sur-Erdre (Loire-Atlantique). « Après tout, un enfant à naître, un criminel, c’est la même vie. Que ce soit l’État ou nous, qui sommes-nous pour ôter la vie ? »

Les prisons sont « plus efficaces », et les peines doivent « tendre avant tout à la réhabilitation et à la réintégration sociale » des condamnés, souligne le cardinal Luis Ladaria Ferrer, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, dans sa lettre aux évêques. Le Seigneur « nous invite aussi à la miséricorde et à la patience » et il « donne à chacun le temps de se convertir ». Le pape François veut désormais entamer un « dialogue respectueux et serein » avec les autorités politiques afin de créer les conditions d’une abolition universelle de la peine de mort.


*Le texte original dit plutôt « inhumaine », mais nous citons la traduction de travail de la CDF.

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