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Natasha St-Pier : « D’une certaine façon, je soigne les âmes »

© Makam
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À l'occasion de la sortie de son nouvel album, « Aimer c'est tout donner », le 3 août prochain, Aleteia a rencontré Natasha St-Pier. La chanteuse canadienne s'est confiée sur sa vie, ses choix, son cheminement.

Aleteia : Vous vous apprêtez à sortir un nouvel album, « Aimer c’est tout donner », qui nous fait plonger dans les textes de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Auparavant, vous aviez chanté en duo avec Pascal Obispo et Florent Pagny, participé à l’Eurovision… et rencontré de nombreux succès ! Qu’est-ce qui vous a fait passer ainsi d’un registre à l’autre ? S’agit-il d’une conversion, d’une révélation ?
Natasha St-Pier : Pas tant que cela. Si vous réécoutez mes anciens titres, je suis arrivée en France en 2000 avec une chanson qui s’intitulait Je n’ai que mon âmeTu trouveras, mon premier succès avec Pascal Obispo (en 2002 ndlr), ressemble à une confession. On peut l’interpréter comme un chant d’amour, à l’image du Cantique des cantiques, et y voir une âme qui parle à son Dieu et à laquelle Il répond. Je pense que depuis le début, dans tout ce que je fais, on trouve beaucoup de spiritualité. J’ai toujours cru en Dieu. En lisant la Bible on imagine un autre monde qui est là, qui nous est promis, qu’on ne voit pas mais qui pourtant existe. Je crois profondément à l’âme. Avant que mon bébé ne se fasse opérer, c’était important pour moi qu’il soit baptisé. Dans ce disque qui va sortir le 3 août, la différence est que je m’appuie sur les écrits de sainte Thérèse, docteur de l’Église, et donc associée à la foi chrétienne. On peut considérer que c’est diamétralement opposé à ce que je faisais avant, et pourtant, il suffit de regarder de plus près pour constater que c’est assez semblable. J’ai toujours essayé d’être tournée vers les autres. C’est un peu cela, le métier d’artiste. J’ai eu l’impression de beaucoup divertir les gens depuis le début de ma carrière. À travers mes chansons, je les accompagne en musique dans les moments heureux et malheureux de leur vie. D’une certaine façon, je soigne les âmes. Avec Thérèse, cette dimension-là est présente de manière encore plus forte.

Qu’est-ce que Thérèse apporte de supplémentaire, par rapport à vos textes précédents ?
Elle donne plus de force à ce message. Quand je chante « Je n’ai que mon âme », je parle de ma spiritualité à moi, qui n’a pas la même valeur que la sienne. Elle a été révolutionnaire dans sa manière de voir la religion car elle nous a montré à quel point Dieu était amour. Elle l’a remis au centre de sa vie. Il me semble que Thérèse a une sagesse et une spiritualité mille fois plus développées que les miennes, donc ses paroles auront forcément un impact plus grand dans le cœur des gens. Elle choisit d’avoir une intention pure dans ce qu’elle fait chaque jour. Organiser un téléthon à la fin de chaque année, c’est beau, c’est magnifique, mais une personne qui a des intentions pures dans ses gestes quotidiens est encore plus dévouée.

Avec le registre musical que vous choisissez, ne craignez-vous pas d’être cataloguée comme une chanteuse chrétienne et d’être définie uniquement ainsi ?
C’est un risque, et en même temps, le jeu en vaut la chandelle. Je suis heureuse de faire cela. Pendant mes spectacles, je regarde le public et je sens si une parole ou un texte touchent. Lorsque les spectateurs rentrent chez eux, ils ramènent avec eux bien plus qu’après un spectacle classique. En plus du divertissement, je leur donne quelque chose qui les accompagnera toute leur vie. D’ailleurs, ce n’est pas moi qui offre cela, c’est Thérèse, à travers ma voix. Cette opportunité me touche beaucoup.

Vous voyez-vous comme une missionnaire ?
C’est la première fois que je me pose la question ! Je me vois davantage comme une infirmière. J’ai toujours rêvé de soigner. J’ai arrêté de chanter momentanément à l’âge de 25 ans, après avoir sorti Mourir demain. À ce moment-là, j’avais l’impression d’être passée à côté de ma vie. En réfléchissant, je me suis aperçue que ma démarche était égoïste car je voulais soigner un bobo et être immédiatement témoin d’un mieux-être. Quand j’offre des chansons, elles ont un impact sur certaines personnes et on peut dire que je soigne les âmes, mais cela, je ne le vois pas. Moi, j’avais besoin de gratification immédiate. En m’interrogeant, j’ai réalisé que mon rôle était d’offrir de l’amour et de le faire sans orgueil. Je me vois un peu comme une infirmière des cœurs et des âmes. Je me suis dit que je voulais pratiquer mon métier différemment. J’ai donc choisi d’avoir des considérations artistiques qui mèneraient vers une réflexion marketing, et non le contraire. Pour vivre de ce métier-là, il faut nécessairement un peu de marketing, mais je ne voulais pas que ce soit la base du projet. Ma façon de faire de la musique a été bouleversée et j’ai commencé à monter uniquement des projets qui me tenaient à cœur. J’ai travaillé sur un album constitué à 100% de textes positifs, Bonne nouvelle, un autre pour les enfants autour du vocabulaire, (L’Alphabet des animaux, ndlr). De projet en projet, j’ai ainsi pu aller là où mon cœur me menait.

Qu’est-ce que sainte Thérèse, un petite religieuse anonyme morte à 24 ans en 1897, pourrait avoir à dire au monde contemporain ?
Aujourd’hui, nous vivons dans un monde où il est facile de perdre espoir. On en vient même à se demander s’il est bon de faire un enfant et ce qu’on pourra lui offrir. Je me suis moi-même posé cette question. Les textes de Thérèse peuvent nous donner foi en l’homme et nous montrer une voie. Elle invite simplement à vivre avec le cœur et nous dit ceci : « Que tu croies en Dieu ou non, Il t’aime, et ce qu’Il regarde, c’est ta façon d’être aujourd’hui ». Qu’est-ce qu’un bon chrétien, sinon un homme aimant, humble et droit ? Pour Thérèse, nul n’a besoin d’être le meilleur du monde pour que Dieu l’aime.

Comment la foi vous a-t-elle accompagnée lors de la maladie de votre enfant ?
Enceinte, j’ai prié Thérèse. J’éprouvais le besoin de placer mon enfant sous la protection de plus puissant que moi. Mon fils Vixente a été opéré à cœur ouvert à l’âge de 4 mois début 2016 par un chirurgien très bon et très renommé. Mais il était humain et on ne peut demander à un homme de ne jamais faillir. En tant que petite maman, il me fallait déposer la vie de mon enfant devant quelqu’un de plus grand que les hommes. Ma foi était bien là, ancrée en moi.

Et si vous deviez mourir demain ?
C’est une question à laquelle on réfléchit quand on est mère. Je ne crains pas la mort, ni la vie après la mort, mais je serai immensément triste de quitter mon fils parce que j’ai envie de partager d’autres moments avec lui et que je suis convaincue qu’il a encore besoin d’une maman. Mais si je devais mourir demain, je n’ai pas peur de ce qui m’attend.

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