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Les cinq leçons de vie d’un scout de légende

Guy de Larigaudie.
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Chef scout, aventurier et écrivain, Guy de Larigaudie est mort à 32 ans pour la France le 11 mai 1940. Porté par une incroyable joie de vivre et par le désir de Dieu, il a parcouru le monde. Dans son ouvrage "Étoile au grand large", il se livre sur ses aventures, intimement liées à sa quête spirituelle.

« Il faut coller à la vie comme on colle à un cheval. Il faut en suivre souplement les moindres mouvements, sans jamais se raidir contre elle ». Guy de Larigaudie a été de ces hommes qui ont aimé la vie, la croquant à pleines dents et la savourant avec délice. S’il est tombé au champ d’honneur à la frontière du Luxembourg le 11 mai 1940 à seulement 32 ans, il a marqué des générations entières de jeunes, de scouts, qui ont trouvé dans ses écrits un appel à l’aventure, un chant d’espérance et le témoignage vibrant d’une quête spirituelle intense et exigeante.

Marqué par ses années de scoutisme, Guy de Larigaudie a été par la suite journaliste pour la revue Le Scout de France. Son métier tout autant que sa soif de découverte l’ont amené à voyager sur les cinq continents. Mais c’est en 1937 qu’il se fait connaitre du grand public en réalisant la première liaison automobile entre Paris et Saïgon avec son ami Roger Drapier. Un raid qu’il a raconté dans La Route aux aventures et qui donne à comprendre l’état d’esprit dans lequel il se trouvait pour réaliser cet exploit.

Souvent considéré comme son testament spirituel, Étoile au grand large a été publié quelques années après sa mort, en 1943. Se présentant comme un recueil de pensées, Guy de Larigaudie partage ici des réflexions qui l’ont animé tout au long de son existence. Des leçons de vie telles que la force du sourire, l’Amour et la soif d’infini qui animent chaque homme mais aussi la place de l’aventure dans nos vies et de celle, plus discrète mais ô combien nécessaire, de la flânerie.

Conseil n°1 : semer la joie par le sourire

« Il est un bon moyen de se créer une âme amicale : le sourire. Pas le sourire ironique et moqueur, le sourire en coin de lèvres, qui juge et rapetisse. Mais le sourire large, net, le sourire scout à fleur de rire. Savoir sourire : quelle force ! Force d’apaisement, force de douceur, de calme, force de rayonnement », écrit Guy de Larigaudie. Pourquoi ne pas user et abuser de ce moyen si simple ? « Le sourire est un reflet de joie. Il en est source. Et là où la joie règne – je veux dire la vraie joie, la joie en profondeur et en pureté d’âme – là aussi s’épanouit cette « âme amicale » dont parlait si bien Schaeffer. Routiers, soyons des porteurs de sourires, et par là des semeurs de joie », enjoint l’aventurier.

À ceux qui pestent dans les transports en commun ou dans la rue, il rappelle que le sourire est une charité : « Souris à ce pauvre à qui tu viens de donner deux sous…, à cette dame à qui tu viens de céder ta place… ; à ce monsieur qui s’excuse parce qu’il t’a écrasé le pied en passant. Il est malaisé parfois de trouver le mot juste, l’attitude vraie, le geste approprié. Mais sourire ! c’est si facile… et cela arrange tant de choses ! » Le sourire, s’il réchauffe le cœur de celui qui le reçoit, peut aussi se mettre au service d’un message en contrebalançant la dureté, parfois nécessaire, des mots. « Tu veux faire à un camarade une critique que tu juges nécessaire, lui donner un conseil que tu crois utile. Critique, conseil, choses dures à avaler. Mais souris, compense la dureté des mots par l’affection de ton regard, le rire de tes lèvres, par toute ta physionomie joyeuse. Et ta critique, ton conseil porteront mieux… parce qu’ils n’auront pas blessé », précise Guy de Larigaudie.

Conseil n°2 : comprendre et accepter sa soif d’infini

Dans ses Pensées, Blaise Pascal expliquait que « nous avons un instinct qui nous élève et que nous ne pouvons réprimer ». Cet instinct est un moteur qui encourage l’homme à toujours repousser ses limites. Mais parce que l’homme est un être fini, sa quête d’infinie peut paraître vaine. « Je ressens que ce qu’il y a de plus vrai, de plus beau, de plus juste en moi est aussi ce qu’il y a de plus éloigné, de plus inaccessible », écrivait encore le philosophe. Cette quête d’infini, cette soif d’absolu, Guy de Larigaudie l’a expérimentée à de nombreuses reprises lors de ses voyages. « Le monde où nous vivons n’est pas à notre taille et nous avons le cœur gros parfois de toute la nostalgie du ciel, décrit-il avant de détailler : « À la pomme du grand mât sur un voilier, lorsque plus aucune terre n’est en vue, on possède pour soi seul le cercle d’horizon. On voudrait pourtant pouvoir repousser plus loin encore cette ligne, faire éclater cette limite, qui malgré tout nous emprisonne parce que nous sommes faits pour des lointains plus vastes que les étendues rabougries des horizons terrestres. »

Pour lui ce désir d’absolu ne sera rassasié que dans l’au-delà, par la présence de Dieu. « Lorsque, devant la mer, le désert ou une nuit lourde d’étoiles on se sent le cœur tout gonflé d’amour inachevé, il est doux de penser que nous trouverons dans l’au-delà quelque chose de plus beau, de plus vaste, quelque chose à l’échelle de notre âme et qui comblera cet immense désir de bonheur, qui est notre souffrance et notre grandeur d’homme », souligne Guy de Larigaudie. « Je me suis promené à travers le monde comme dans un jardin clos de mur. J’ai mené l’aventure d’un bord à l’autre des cinq continents et j’ai réalisé les uns après les autres tous les rêves de mon enfance. Le parc de la vieille demeure périgourdine où je fis mes premiers pas s’est élargi aux limites de la terre et j’ai joué sur la mappemonde le beau jeu de ma vie. Pourtant les murs du jardin n’ont fait que reculer et je suis toujours en cage. Mais un jour viendra où je pourrai chanter mon chant d’amour et de joie. Toutes les barrières se briseront. Et je posséderai l’Infini. »

Conseil n°3 : Mettre l’aventure à notre portée

Parcourant les chemins du monde, Guy de Larigaudie a choisi l’aventure. « L’avion découvre à l’homme son Empire et lui réapprend qu’il est Roi », écrit-il. À l’image de l’avion, ses voyages lui ont donné à comprendre toutes les possibilités qui s’offraient à l’homme sur terre. Autant d’opportunités de découvrir, de comprendre et de cheminer… y compris à l’intérieur de soi-même. À chacun de trouver son aventure : « Des rêves trop grands pour notre carrure pèsent parfois sur nos épaules, rêves de conquérant, de saint ou de découvreur du monde, rêves qui furent ceux réalisés d’un Mermoz, d’un Gengis-Khan ou d’un François d’Assise. Il ne faut pas nous désoler d’être seulement ce que nous sommes. L’aventure la plus prodigieuse est notre propre vie et celle-là est à notre taille », indique-t-il.

Et qu’importe la durée de cette aventure, tant qu’on maintient le cap ! « Aventure brève : trente, cinquante, quatre-vingts ans peut-être qu’il faut franchir durement, gréé comme un voilier cinglant vers cette étoile au grand large qui est notre repaire unique et notre unique espérance. Qu’importent les coups de chien, tempêtes ou calme plat, puisqu’il y a cette étoile », affirme le routier de légende. « Sans elle il n’y aurait plus qu’à cracher son âme et à se détruire de désespérance. Mais sa lumière est là et sa recherche et sa poursuite font d’une vie humaine une aventure plus merveilleuse que la conquête d’un monde ou la course d’une nébuleuse. Cette aventure-là ne dépasse pas notre carrure. Il nous suffit de marcher vers notre Dieu pour être à la taille de l’Infini, et cela légitime tous nos rêves ».

Conseil n°4 : pratiquer la flânerie pour redécouvrir l’essentiel

« La ville, anonyme, cacophonique et haletante, où l’esprit est malaxé à une cadence de riveteuse ou de machine à emboutir, ne permet que difficilement la flânerie dans le silence et la solitude », rappelle Guy de Larigaudie. Pourtant, elle est essentielle à notre équilibre intérieur. « Il nous faut réapprendre la flânerie. Non pas celle où l’on promène un cœur vide et une âme sans pensée. Mais la flânerie féconde qui est comme une retraite en soi-même. Au hasard de mille promenades solitaires, on découvre plus de trésors que n’en contiendront jamais tous les lagons secrets des îles de corail. »

C’est aussi dans ce dialogue silencieux, que peut s’entendre la voix de Dieu. « Il fait bon mesurer, prêtant l’oreille à cette longue chanson de la terre. Elle est propice aux souvenirs, aux rêves d’avenir, à la conversation familière avec Dieu. Elle est féconde, parce qu’il est plus facile de se sculpter une vie plus belle lorsque l’on peut la rêver ainsi avant de la vivre », décrit avec délicatesse l’aventurier. « Il faut nous habituer au cœur à cœur avec Dieu dans la solitude et le silence de sa création. »

Conseil n°5 : garder l’Amour comme ligne d’horizon

« J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante », a écrit saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens (1 Co 13, 1). Sans amour, l’homme n’est rien. « Nous ne comprenons rien à rien. Il y a autant de mystère dans la croissance d’un grain de blé que dans le mouvement des étoiles. Mais nous savons bien que nous sommes seuls capables d’aimer, et c’est pour cela que le moindre des hommes est plus grand que tous les mondes réunis », affirme Guy de Larigaudie. Mais cet amour ne doit pas devenir une chaîne. Il doit au contraire nous élever vers Dieu. « Il faut tout aimer, une orchidée brusquement épanouie sur la jungle, un beau cheval, un geste d’enfant, un trait d’esprit, un sourire de femme. Il faut admirer toute beauté au passage, la découvrir, fût-ce dans la boue, et l’élever vers Dieu. Mais ne pas s’y attacher. Elle n’est qu’un scintillement et nous sommes faits pour le soleil, non pour la mare obscure où se jouent ses reflets ».

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