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Caen : la belle histoire d’amour qui se cache derrière la construction de l’abbaye-aux-dames (1/2)

© By Decaens [CC BY-SA 4.0 - Wikimedia Commons
Abbaye-aux-dames de Caen.
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Peu de gens le savent, mais les deux spectaculaires abbayes de Caen, l'une dédiée aux femmes, l'autre dédiée aux hommes, sont le fruit d'une histoire romantique... désapprouvée par l'Église !

Tout commence en 1049. Guillaume le Bâtard, alors duc de Normandie, s’éprend de sa cousine lointaine, Mathilde, fille du comte de Flandre Baudoin V et d’Adèle de France, sœur du roi Henri Ier. Mais cette histoire d’amour commence mal. En raison de leur lien de parenté —  ils étaient parents à un degré de consanguinité prohibé — le pape Léon IX s’oppose à cette union au cours du concile de Reims. Mais le duc, très amoureux, passe outre et épouse sa cousine en 1050. Cependant, comment continuer à entretenir de bonnes relations avec l’Église dans une telle situation ?

Avec l’aide de son conseiller Lanfranc de Pavie, Guillaume le Bâtard arrive finalement à obtenir le pardon du Pape en 1059. En contrepartie, les époux doivent construire chacun une abbaye. Le duc choisit alors le village de « Cadomus », aujourd’hui Caen, pour édifier ces fameuses abbayes. Le site offre de multiples avantages, aussi bien politiques, stratégiques que religieux. Proche de la mer, la ville se situe près de la rivière de l’Orne et possède un riche sol de calcaire, utile à la construction de bâtiments. Les deux époux déterminent alors le lieu d’implantation : l’abbaye aux hommes sera construite au sud-ouest, l’abbaye aux femmes au nord.

Une abbaye aux dames florissante

Le chantier commence en 1060 et se poursuit jusqu’en 1130. En 1066, alors que l’église n’est pas encore terminée, l’abbatiale, dédiée à la Sainte-Trinité, est consacrée en présence de Guillaume et Mathilde. Entourés de seigneurs et d’ecclésiastiques, le couple offre, au cours de la cérémonie, leur fille Cécile âgée de cinq ans, comme oblate. Celle-ci est désormais affiliée au monastère, qui prend en charge son éducation, sans pour autant prononcer de vœux. Elle finira par prendre l’habit à l’âge de 12 ans avant de devenir la deuxième abbesse de l’abbaye de Fécamp en 1113.

Entre le XIIe et le XIIIe siècles, l’abbaye est florissante. Les religieuses sont pour la plupart issues de l’aristocratie locale et leur nombre ne fait qu’augmenter. Cet accroissement s’explique par le fait que la vie n’est pas si austère que l’on pourrait imaginer. L’abbaye est riche grâce aux nombreuses seigneuries situées autour de Caen, et la règle de saint Benoît est loin d’être appliquée. Les religieuses font gras plusieurs fois par semaine et la clôture n’est pas vraiment respectée. Mais les vicissitudes de l’Histoire mettent à mal l’abbaye et celle-ci est endommagée à la fois par la guerre de Cent Ans et les Guerres de Religions. À la fin du XVIe siècle, Madeleine de Montmorency s’emploie à remettre en état les bâtiments. À sa mort, la nouvelle abbesse va encore plus loin : elle remet en application la règle de saint Benoît pour lutter contre le laxisme ambiant.

Une jeune abbesse pour réformer

Âgée seulement de 13 ans, Laurence de Budos, nommée abbesse par Henri IV, rétablit la stricte règle de saint Benoît. La clôture est de nouveau imposée, le port de l’habit noir également, et le silence, la discipline et la liturgie régissent désormais, comme il se doit, la vie quotidienne des moniales. À la mort de l’abbesse en 1650, le rayonnement spirituel de l’abbaye dépasse les frontières de la ville. Mais sa successeur, Gabrielle Françoise Froulay de Tessé, nommée par Louis XIV, veut asseoir le rayonnement de l’abbaye. Elle décide alors de réaliser de grands aménagements dont la reconstruction complète des bâtiments conventuels. Le projet, très ambitieux, est confié au moine architecte, Dom Guillaume de la Tremblaye, à qui l’on doit également les plans du couvent des moines de l’abbaye-aux-hommes. Mais le chantier traîne faute de moyens financiers, et si une partie des travaux reprend sous Louis XV, la quatrième aile de l’abbaye ne sera malheureusement jamais construite. En 1791, en pleine tourmente révolutionnaire, les religieuses quittent leur belle demeure définitivement.

Aux siècles suivant, l’abbaye est affectée à différentes fonctions : magasin de fourrages, dépôts de munitions pour les soldats révolutionnaires, dépôt de mendicité sous Napoléon Ier, Hôtel-Dieu en 1823 et hôpital à partir de 1908. Depuis 1983, date à laquelle le conseil régional de Basse-Normandie a acheté les bâtiments, l’ancienne abbaye accueille les bureaux de l’administration générale. Après une grande campagne de restaurations qui aura duré deux ans, l’abbaye a retrouvé son éclat d’origine. Si son aspect a bien évolué depuis sa fondation sous le règne de Mathilde, l’abbaye demeure, cependant, un témoignage magnifique de la splendeur de la Normandie ducale.

Cliquez sur le diaporama pour découvrir la beauté de l’abbaye-aux-dames de Caen :

 

 

 

 

 

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