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Le cardinal Jean-Louis Tauran, artisan d’un dialogue franc avec l’islam

© Gugganij
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Décédé le 5 juillet, le cardinal français Jean-Louis Tauran a présidé pendant plus de dix ans le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Un poste sensible, où il a su constamment se maintenir ouvert à la rencontre, tout en renforçant progressivement son discours.

En avril dernier, pour l’un de ses derniers déplacements à l’étranger, le cardinal Tauran se rend à Riyad, en Arabie Saoudite. Une visite historique d’un prélat en soutane rouge dans cette terre, cœur de l’islam. Autour du cou, une imposante croix pectorale, comme un signe  visible – voire ostentatoire – de sa foi en Jésus, Fils de Dieu, mort et ressuscité.

Devant les autorités du pays, dont le roi Salmane, et devant les autorités islamiques, le cardinal français n’hésite pas à tenir un dialogue de vérité. Une discussion donc, toujours à la rencontre, mais ferme sur l’essentiel. Dans ce pays où les églises sont proscrites et les messes confidentielles, il plaide pour la liberté religieuse. Et demande à ces chefs musulmans de fermement condamner le terrorisme islamique.

Une stratégie de longue haleine

De fait, ce voyage peut être vu comme l’aboutissement du chemin du cardinal Tauran en tant que responsable du Vatican pour le dialogue avec les autres religions – essentiellement l’islam. Alors que le haut prélat s’affaiblissait physiquement, gravement atteint par une maladie de Parkinson qui le cassait en deux, son discours s’affermissait avec la menace islamiste croissante.

Une réalité pas forcément évidente au départ. Lorsqu’il est nommé en 2007 par Benoît XVI – un choix d’autant plus voulu qu’il a été longuement réfléchi – le cardinal Tauran doit faire face aux polémiques après le fameux discours de Ratisbonne.  Prononcé en 2006, par le pape allemand, ce discours mal-compris a mis le feu aux poudres aux relations avec l’islam.

Patiemment, élaborant sa stratégie sur le long terme, le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux veille à renouer avec l’islam. Au prix d’un discours qui peut parfois, il est vrai, sembler édulcoré. Le dialogue, se contente-t-il d’expliquer en 2011, vise essentiellement à « connaître davantage et mieux la religion de l’autre » et à « corriger les images erronées et à dépasser les préjugés ».

Malgré ces efforts, les relations entre le Vatican et Al-Azhar, la plus haute autorité de l’islam sunnite, sont rompues en 2011. Mais le cardinal ne s’avoue pas vaincu et s’échine à rétablir le contact. Alors qu’Al-Azhar se focalise négativement sur la personne de Benoît XVI, l’élection de François en 2013 permet de renouer.

« Ou c’est le dialogue, ou c’est la guerre »

Grâce à la patience du cardinal Tauran, le contact se rétablit progressivement et en 2016, le grand imam d’Al-Azhar accepte de venir au Vatican pour y être reçu par le pape argentin. En février 2017, c’est au tour du haut prélat français de se rendre à Al-Azhar, au Caire (Egypte). De toute façon, pour lui la chose est entendue : catholiques et musulmans sont « condamnés au dialogue ». « Ou c’est le dialogue, ou c’est la guerre », se permet-il d’insister.

Le Pape François en Égypte aux côtés du recteur de l'université d'al-Azhar du Caire © AFP/EAST NEWS

Mais c’est surtout la visite à Al-Azhar du pape François lui-même en avril 2017 qui permet d’acter que le dialogue est véritablement rétabli. La cheville ouvrière de ce dialogue, c’est bien le cardinal Tauran. Et c’est seulement après cette stratégie de longue haleine de plein rétablissement des relations, qu’il estimera avoir suffisamment gagné la confiance du monde musulman pour s’exprimer en toute liberté et en toute franchise, comme il l’a fait à Riyad.

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