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La bioéthique, quand le vocabulaire est détourné de son sens

SCIENCE,INVITRO
Shutterstock
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Pendant que les français seront dans la douce torpeur de l'été, les conciliabules iront bon train au sein de la majorité parlementaire en vue de la rédaction des futures lois dites de bioéthique ou plus exactement sociétales. C'est bien le mot adéquat concernant la fin de vie ou l'extension de la PMA pour toutes les femmes.

Les députés prendront appui sur l’avis du Conseil d’État remis ce vendredi au Premier ministre et sur le rapport du CCNE remis aux parlementaires le 5 juin dernier. Il est donc intéressant de décrypter le vocabulaire utilisé par les élites médiatiques du pays — et repris par l’administration — pour comprendre où l’on veut conduire notre société. En particulier, il convient d’analyser les expressions figurant dans le dernier rapport du CCNE car une confusion portant sur des questions éthiques apparaît quand certaines expressions se trouvent détournées de leur sens originel.

Ainsi, on note un usage du mot « liberté » symptomatique de la doxa libertaire actuelle quand il est question de la « liberté de choix… de la temporalité et les conditions de sa mort » ou du droit des femmes à choisir librement comment « faire son enfant » toute seule. Le lecteur attentif sera aussi étonné du vocabulaire employé pour parler de la diversité des structures familiales avec la mention de « familles hétéro-parentales » et de « familles homo-parentales » (très curieusement associées aux familles monoparentales). Il remarque surtout les nombreuses passages où est vanté « un désir de » qui implique des droits à satisfaire : « droit à l’enfant », « droit à choisir sa mort », « droit à l’enfant parfait en bonne santé »…

Dans cette optique, l’individu prime par rapport à la famille et plus généralement par rapport au bien commun de la société. Cette inflation des « droits à… » est en fait caractéristique de la dérive actuelle qui transforme les droits de l’homme en une idéologie dans laquelle les institutions — et particulièrement la famille — sont sommées de se transformer pour répondre à ces nouveaux « droits-créances ». Notre société, comme le remarque Pierre Manent, est arrivée à un point où « l’institution ne saurait légitimement opposer sa règle à l’individu qui invoque son désir ou son droit, les deux tendant à se confondre désormais… Ce droit pour être effectivement reconnu et garanti doit être déterminé par la loi puisque seule la loi organise effectivement la vie collective ». Le risque est alors grand que la loi, obligée de suivre les droits reconnus aux individus, soit écrite pour « chercher chacun dans sa souffrance ou sa jouissance et…  commande à tous de reconnaître cette souffrance ou cette jouissance ».

On ne peut ici faire une analyse approfondie du vocabulaire employé dans ce rapport, mais on en retrouvera des éléments dans le texte rédigé par CIEL, un collectif auquel le signataire a contribué. Le vocabulaire utilisé par ceux qui dirigent les débats sur ces sujets de société semble bien être une arme redoutable au service de la déconstruction de la famille et des solidarités familiales. Il convient d’en être conscient dans nos argumentations.

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