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Quand la Bible sert d’alibi à la séparation des familles de migrants

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John Moore/Getty Images/AFP
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Depuis l’automne, aux Etats-Unis, l’administration Trump applique une politique de « tolérance zéro » à ses frontières. En mai, chaque jour, en moyenne 47 enfants ont été retirés à leurs parents et placés dans des centres d’hébergement pour mineurs. Pour justifier la séparation des familles de migrants, Jeff Sessions, ministre de la justice est allé jusqu’à citer l’injonction biblique « il faut obéir aux lois du gouvernement car Dieu les a décrétées afin d'assurer l'ordre ». Une politique qui a provoqué un tollé mondial et contraint La Maison Blanche à faire marche arrière.

C’est l’Immigration and Naturalization Act, signé par George W. Bush en 2008, qui est à l’origine de cette politique. Cette mesure n’était pas appliquée durant la présidence de Barack Obama. L’administration Trump l’a rendue systématique. Son ambition est de dissuader des familles d’Amérique centrale de franchir sans visa la frontière mexicaine. Arrêtés par la police, les adultes entrés illégalement sur le territoire américain, sont séparés de leurs enfants mineurs et placés en détention. Quant aux enfants, ils sont confiés à l’Office de relocalisation des réfugiés (ORR) et hébergés dans des camps. Cette politique impitoyable a été vivement dénoncée par des personnalités de tous bord. « Ils appellent cela “tolérance zéro” mais un meilleur nom est “humanité zéro” », a déclaré le sénateur démocrate Jeff Merkley. L’ex-Première dame Laura Bush a également déploré une politique « cruelle ». Même Melania Trump, s’est exprimée sur cette question, affirmant : « Nous devons être un pays qui respecte toutes les lois, mais aussi un pays qui gouverne avec le cœur ».

Sous la pression médiatique, le président Donald Trump a finalement signé mercredi un décret mettant fin à la séparation des familles qui franchissent illégalement la frontière avec le Mexique. Enfants et parents seront désormais détenus ensemble. Cette détention sera aussi longue que durera la procédure judiciaire, soit potentiellement plusieurs années. Dans la mesure du possible, le procureur général devra prioriser les cas qui concernent une famille détenue. Mais le décret ne dit rien sur le sort réservé aux plus de 2 300 enfants déjà séparés de leurs parents. Selon les déclarations de John Sandweg à NBC News, directeur de la police de l’immigration sous Barack Obama, des centaines d’enfants ne reverront sans doute jamais leurs parents.

L’administration Trump a cité la Bible pour se justifier

Lors d’un discours en Indiana, Jeff Sessions, ministre de la justice américain, a cité la Bible pour justifier la politique de séparation des familles de migrants. « Je pourrais vous renvoyer à l’apôtre Paul et à son commandement clair et sage, dans Romains 13, qu’il faut obéir aux lois du gouvernement car Dieu les a décrétées afin d’assurer l’ordre », a-t-il déclaré. Cette citation a entrainé un véritable tollé. Et pour cause, en plus de détourner le message biblique pour défendre une politique immorale, ce passage était autrefois utilisé par les États-Unis pour justifier l’esclavage. Lors d’une conférence de presse, le journaliste de CNN Jim Acosta a interpellé Sarah Huckabee Sanders, porte-parole de la Maison Blanche sur ce sujet : « Où dans la Bible est-il écrit qu’il est moral d’enlever les enfants à leurs mères ?». « Ce que je peux dire c’est que c’est très biblique de faire respecter la loi », s’est contentée de répondre Madame Sanders. Mais la vraie réponse, se trouve aux Actes des Apôtres 5, 29 selon lesquels « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ». Les Écritures ordonnent d’obéir aux lois, tant que cela ne va pas à l’encontre des commandements de Dieu. Déplorant l’utilisation de la Bible par l’administration Trump, le Vatican s’est exprimé dans un tweet, citant à son tour un verset du Deutéronome selon lequel Dieu « aime l’étranger qui habite parmi vous, et lui donne de la nourriture et des vêtements ».

Une politique « contraire à nos valeurs catholiques »

Dans une interview consacrée à l’agence Reuters, le pape François a vivement critiqué la politique de l’administration Trump de séparation des familles de migrants. Il a jugé cette politique « contraire à nos valeurs catholiques et à la « morale ». Déjà, en 2016, alors que Donald Trump n’était que candidat à la Maison Blanche, le pape François avait affirmé : « Une personne qui ne pense qu’à construire des murs, où qu’ils soient et qui ne construit pas de ponts, n’est pas chrétienne. Ce n’est pas dans l’Évangile ». L’Évangile, et plus largement la Bible, abondent de références sur les migrations. Abraham, l’Exode, l’exil à Babylone, les Philistins… sont autant d’épisodes de migrations qui ont eu une importance sur la foi des Hébreux. Pour Mgr de Sinety, interrogé par famille chrétienne sur les risques de l’immigration, « la peur est par nature anti-chrétienne ». « Est-ce qu’on est à ce point inquiets de notre propre identité et fragiles dans nos convictions pour qu’on puisse penser que ça peut être balayé comme ça ? », questionne-t-il. L’accueil serait au contraire « une opportunité extraordinaire » de témoigner de nos valeurs chrétiennes et même d’évangéliser. De toute évidence, aucune conversion n’arrivera par des portes fermées, des mur élevés et des cœurs étroits.

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