Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Mercredi 25 novembre |
Sainte Catherine d'Alexandrie
home iconDécryptage
line break icon

Donneur d'organes à tout prix ?

DONATION ORGANS

Benoit Rajau pour l’Agence de la Biomédecine.

juillet 2005- Versailles - Prélèvement hépathique.

Isabelle Cousturié - Publié le 21/06/18

À l'occasion de la 18e journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe le 22 juin, Aleteia s'intéresse aux enjeux éthiques qui y sont intrinsèquement liés.

Plus de 6 100 greffes d’organes ont été réalisées en France en 2017, selon l’Agence de la Biomédecine en cette 18e journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe. Une hausse de 3,5 % en un an dont il faut se féliciter mais qui reste insuffisante pour répondre aux près de 24 000 patients en attente d’un organe. Pour mémoire, en France, le don d’organe est régi par trois grands principes : la gratuité du don, l’anonymat entre le donneur et le receveur et le consentement présumé. Sur ce dernier point, la loi indique désormais que chacun est « par défaut » donneur d’organes et de tissus. Il existe néanmoins un Registre National des Refus pour ceux qui ne voudraient pas donner leurs organes lors de leur décès.




Lire aussi :
Trafic d’organes : un colloque au Vatican fait polémique

Dans le cas d’un don d’organes d’une personne déclarée morte, la France a adopté la définition la plus exigeante de la mort encéphalique, à savoir celle du tronc cérébral et celle du cortex. Dans le cas où la personne est donc déclarée morte (définition en vigueur en France), si le patient n’est pas sur la liste des refus, les proches sont consultés et leur avis est pris en compte. S’ils ne sont pas d’accord, les organes ne sont pas prélevés, même quand la personne a signifié son accord ou quand elle est porteuse d’une carte de donneur. Le soutien de l’Église au don d’organes est fréquemment exprimé. Cette journée est l’occasion de rappeler sa position.

Ce que dit l’Église

Sur ce point, le catéchisme est très clair : c’est une bonne cause s’il est fait avec générosité et solidarité. Il s’agit là de la première condition. La deuxième condition est le consentement explicite du donneur ou de ses proches. Jean Paul II voyait en ce « don » une nouvelle manière de servir la famille humaine. Et le cardinal Ratzinger, avant de devenir le pape Benoît XVI, est même allé s’inscrire sur le registre des donneurs potentiels, avouant un jour qu’il ne sortait jamais sans sa carte de donneur sur lui. S’il a dû personnellement y renoncer en devenant Pape (son corps, devenu propriété de l’Église, doit rester intact pour être inhumé, ndlr), cela ne l’a pas empêché d’encourager les catholiques à pratiquer cette « forme particulière de témoignage ».




Lire aussi :
IVG : le planning familial américain reconnaît vendre des organes de fœtus

L’Église ne cesse de sensibiliser au don d’organe, non pas pour « faire pression sur les consciences », mais pour « prendre conscience que la mort peut frapper chacun d’entre nous et de nos proches de manière inopinée, bien avant une vieillesse avancée, et que si douloureuse qu’elle soit pour ceux qui nous aiment et que nous aimons, cette mort peut aussi devenir l’occasion d’un acte de solidarité de très grande valeur », rappelle ainsi l’Épiscopat français.

Quels organes je peux donner ?

Après la mort, tous les organes vitaux peuvent être donnés, si la qualité de ce qui peut être donné est reconnue bonne par les professionnels de l’opération. L’important est que la dignité de la personne humaine soit sauvegardée et qu’il n’y ait pas manipulation ou commerce. En 1956, déjà, Pie XII, avait approuvé publiquement le prélèvement et la greffe de cornée au bénéfice d’aveugles ou de personnes menacées de cécité.

L’Église condamne néanmoins la répartition des organes selon des critères « discriminatoires ou utilitaristes ». Les bons critères sont ceux qui tiennent compte exclusivement « de facteurs immunologiques ou cliniques », et non ceux qui « se révèleraient arbitraires et subjectifs, et ne reconnaîtraient pas la valeur intrinsèque de chaque personne humaine en tant que telle, qui est une valeur indépendante de toute circonstance extérieur », a détaillé Jean Paul II.


Trenton McKinley

Lire aussi :
Déclaré cliniquement mort un ado se réveille juste avant d’être « débranché »

Est-ce que je peux donner pendant mon vivant ?

L’Eglise souligne qu’aucun organe vital ne peut être prélevé sur une personne vivante. Un homme ne peut donner son cœur, donner sa vie, en l’ôtant à soi-même. La transplantation ne doit pas mettre en danger la vie du donneur, ni son état de santé, de sorte que le donneur ne soit pas lésé au point de devenir une nouvelle victime à son tour, à la place de celui qu’il a souhaité aider. Il est donc particulièrement nécessaire de vérifier que le consentement du donneur est véritablement libre et éclairé.

Le don de sperme ou d’ovule est d’une tout autre nature ; il n’est pas fait pour guérir et il concerne la transmission de la vie ; celle-ci ne peut se faire que dans l’acte sexuel des époux ; ce don est contraire au respect du lien conjugal même s’il est fait avec amour.


PREGNANT WOMAN

Lire aussi :
Pour en finir avec les clichés sur la conception du corps

Et si je suis dans le coma ?

Cette question pose le problème de la définition du critère de mort. Une personne est morte quand les fonctions spontanées du cœur et la respiration ont cessé définitivement et quand un arrêt irréversible de toutes les fonctions cérébrales est vérifié. Cela suffit pour savoir quel jugement moral porter sur la question. Jean Paul II a résumé le concept en ces termes : la mort consiste en « la désintégration totale de cet ensemble intégré qu’est la personne. Elle résulte de la séparation du principe de vie (ou âme) de la réalité corporelle de la personne (…) selon des paramètres clairement déterminés, également partagés par la communauté scientifique internationale, qui établissent l’arrêt total et irréversible de toute activité cérébrale « dans le cerveau, le cervelet, et le tronc cérébral ».

Dans les cas de prélèvements sur des donneurs « à cœur arrêté », soit des personnes le plus souvent victimes d’infarctus, dont le cœur a cessé de battre, mais qui n’ont cependant pas cessé toute forme d’activité cérébrale, il faut qu’il n’y ait pas « le moindre soupçon d’arbitraire », et « le principe de précaution doit prévaloir là où l’on n’est encore arrivé à aucune certitude », avait indiqué Benoît XVI lors d’un congrès international sur le don d’organes organisé par l’Académie pontificale pour la vie. Surtout au vu des techniques médicales actuelles qui permettent de maintenir artificiellement les battements du cœur et la respiration chez un sujet ayant cessé toute activité cérébrale, et pouvant donc être considéré comme mort. Ce progrès technique a accru considérablement les potentialités de greffes à partir d’organes prélevés sur des cadavres. Mais il peut susciter la tentation d’effectuer des prélèvements sans être certain du décès de la personne.

Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
Mathilde de Robien
« S’il te plaît Marie » : une grande suppliqu...
Baptême à domicile chez Antoinette Faure
Timothée Dhellemmes
Confinée, Antoinette, 90 ans, a reçu le baptê...
christ en majesté
Fr. Jean-Thomas de Beauregard, op
Le Christ-Roi, ou comment servir un roi qui s...
La rédaction d'Aleteia
Voici la prière des JMJ de Lisbonne 2023
WEB2-EVACUATION-CAMP-MIGRANT-AFP-080_HL_NCOISSAC_1277288.jpg
Mgr Benoist de Sinety
Si toutes les vies se valent…
La rédaction d'Aleteia
Célébrer le dimanche 22 novembre à la maison
Sanctuaire Notre-Dame de Montligeon
Agnès Pinard Legry
Cas de Covid-19 au sanctuaire de Montligeon :...
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement