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La crise migratoire, l’Église et l’accueil

FRANCE MIGRANTS Saint Denis
GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
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Alors que le navire Aquarius qui compte 629 personnes à son bord a mis le cap sur Valence après avoir été interdit d’accoster dans plusieurs pays européens, Le Monde publie une tribune lancée par le sociologue Edgar Morin et signée par de nombreux intellectuels. Ils appellent « les représentants religieux » à « ouvrir largement les lieux de culte aux exilés ».

Que dit la tribune du Monde et par qui a-t-elle été signée ?

Relançant les débats autour de la question migratoire, l’affaire de l’Aquarius a également poussé le sociologue Edgar Morin et l’anthropologue Véronique Nahoum-Grappe à prendre la plume. Dans une tribune publiée dans le Monde ce 13 juin, ils demandent « aux représentants religieux d’ouvrir largement les lieux de culte aux exilés ». « En attendant que les démocrates de tous les pays européens se battent pour une politique commune d’hospitalité digne, nous appelons ici les représentants des institutions qui ont précédé historiquement l’État-nation, bien avant le XIXe siècle, à se souvenir de ce qu’ils prêchent, rappelé sans cesse par exemple par le pape catholique actuel : ouvrir largement les lieux d’hospitalité aux personnes en exil », déclarent-ils. À charge aux « ministres de tous les cultes en France et en Europe à ouvrir les portes de leurs églises, de leurs temples, de leurs mosquées et de leurs synagogues, de leurs lieux de culte séculiers et réguliers ». Parmi les signataires de cette pétition – un peu moins de trente au total – se trouvent Jacques Attali, écrivain et président de la Fondation Positive Planet, le sociologue Alain Touraine ou encore le député européen et ancien ministre de l’Environnement Yves Cochet.

Les signataires de cette tribune ont-ils raison de formuler une telle demande ?

Juriste en droit international et directeur du Service Jésuite des Réfugiés (JRS) en France, qui a accueilli près de 900 migrants dans son réseau l’année dernière, le père Antoine Paumard déplore une profonde méconnaissance des signataires de l’Église et des actions qu’elle mène en faveur des plus démunis. « J’invite les intellectuels qui ont signé cette tribune à pousser la porte d’une église afin de savoir vraiment ce qui s’y passe », a-t-il réagi auprès d’Aleteia. Selon lui, « s’exprimer de la sorte revient à « penser petit ». Toute en humanité, il reconnait que l’hospitalité et l’ouverture ne se déclare pas : « Il serait bien présomptueux d’imposer à chacun de s’ouvrir ! Néanmoins, il nous appartient de rappeler que l’ouverture peut être une vraie option humaine; venez et voyez ! » Le discours de l’Église sur l’accueil des migrants n’est « pas tant un enjeu théologique et spirituel qu’humain », rappelle le père Antoine Paumard. « Jésus est pleinement homme et pleinement Dieu. Mais si nous ne sommes pas d’accord sur le pleinement homme comment envisager le pleinement Dieu ? » « Nos racines sont dans le ciel et pas dans la mondanité. Ces personnes soufflent un vent qu’elles ne connaissent pas, cela ne peut pas nous décourager ! L’amour de Dieu pour les hommes est certain et c’est de cela que nous témoignons ! J’invite ceux qui ont signé cette tribune à venir à notre rencontre et à s’en faire les acteurs et les témoins ! »

Comment l’Église catholique s’est-elle saisie de cette thématique ces dernières années ?

Dès septembre 2015, face au drame de nombreux migrants et réfugiés accourant vers l’Europe, le pape François a demandé à ce que « chaque paroisse, chaque communauté religieuse, chaque monastère, chaque sanctuaire d’Europe d’exprimer la réalité de l’Évangile et d’accueillir une famille » de réfugiés. De nombreuses associations comme le Secours catholique, le Service Jésuite des Réfugiés ou encore le réseau Don Bosco Action Sociale se sont largement mobilisées pour accueillir et accompagner ces réfugiés. À Paris, sur la centaine de paroisses existantes, plus de la moitié – une soixantaine – ont ainsi agi en faveur des migrants à deux niveaux : l’accompagnement (apprentissage du français, accompagnement dans des démarches administratives, sorties culturelles et sportives et repas partagés) et le logement.

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