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Elle fonde une école pour sourds-muets à 22 ans

RANNAH EVETTS
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Comment une texane de 22 ans, marquée par une enfance traumatisante, est devenue directrice d'une école pour enfants handicapés en Ouganda.

« C’est Dieu qui l’a fait », assure en souriant Rannah Evetts,aussitôt qu’on lui demande d’expliquer son extraordinaire parcours. À vue humaine, rien ne la destinait à cette vocation, ni même à ce continent. Abusée sexuellement dans son enfance, Rannah commence par se renfermer sur elle-même. Elle ne parle jamais de son traumatisme, mais d’une étrange obsession : elle veut aller en Afrique. Personne ne sait pourquoi. Adolescente, elle sort de son isolement, et multiplie les fêtes, mais son problème reste le même : « J’étais fatiguée de me haïr, je me sentais misérable », se souvient-elle.

Sa quête de réponse l’amène jusqu’au chemin de plusieurs églises, et elle finit par être baptisée au sein de l’Église catholique. Pendant ses années lycéennes, elle apprend le langage des signes, un peu par accident. Il faut qu’elle choisisse entre ce langage et l’espagnol, mais l’idée de parler avec ses mains l’amuse… Toutefois, elle n’imagine pas devoir l’utiliser un jour.

Alors que sa vie lui semble éparpillée, elle a l’intuition que Dieu va recoller les morceaux. Son attirance étrange pour l’Afrique et l’apprentissage du langage des signes s’imbriquent dans sa tête quand on lui apprend la situation des sourds-muets en Afrique. Mis à l’écart, maltraités, ils sont considérés comme une honte pour leur famille, ils sont soupçonnés d’être punis pour une mauvaise action passée. Pour Rannah, c’est la troisième pièce du puzzle. Elle connaît bien le sentiment d’être rejeté, mis à l’écart, et elle assure : « Dieu a tout transformé en grâce ».

Débarquement en Ouganda

Elle s’envole donc pour la capitale, Kampala, où elle travaille pendant sept mois dans une école pour sourds-muets. C’est alors qu’elle rencontre un prêtre du Nord-est du pays, qui lui décrit la situation des sourds-muets dans sa région : ils sont des centaines, sans ressource. Après ce premier contact, le prêtre et la jeune fille se parlent au téléphone pendant un an, car elle cherche une solution pour ces enfants. Elle envisage de monter une école, s’adresse à l’évêque dont dépend la région, et celui-ci lui octroie une ancienne salle de catéchisme en 2016.

La jeune fille se lance donc, l’école ouvrant ses portes dès février 2017. Les élèves affluent, avec de sérieux problèmes d’adaptation, comme en témoigne la jeune femme. Les enfants qui arrivent chez elles ne savent pas communiquer, pas même en langage des signes. Au début, ils sont désorientés, effrayés, certains fuguent. La directrice a une responsabilité écrasante, et c’est la seule américaine à des kilomètres à la ronde.

« Ils parlent avec leurs mains ! »

Les parents qui confient leurs enfants sont d’abord réticents. Ils ne voient pas l’intérêt de la démarche, étant persuadés qu’ils ne peuvent rien apprendre. Mais les premiers bulletins arrivent, et les enfants reviennent en communiquant par signes. La directrice s’amuse de leurs réactions : « Au début les parents étaient abasourdis de voir qu’on s’occupait vraiment de leurs enfants ». Ils disaient : « Ils parlent avec leurs mains — on ne comprend pas ce qu’ils disent — mais ils parlent, c’est formidable ! ».

Un an après la fondation de l’école, le travail de Rannah Evetts est désormais reconnu par ses nouveaux compatriotes, ainsi que par l’association Caritas, qui lui vient en aide en la soutenant financièrement.

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