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Élever un enfant unique : mode d’emploi

BOY LONELY
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Avoir un seul enfant peut susciter de nombreuses questions sur son éducation, ses relations avec les autres ou son caractère. Découvrez des éléments de réponses d’une experte pour comprendre son enfant et l’élever au mieux.

Avec ses petites inquiétudes et ses grands bonheurs, éduquer un enfant unique n’est pas plus simple que d’avoir une famille nombreuse. La pression est parfois forte, avec une attention concentrée sur un seul être, et des attentes importantes à son égard. « On lui en demande beaucoup, affirme Nina Bataille, coach professionnelle, conférencière et auteure de Frère et sœur, de la rivalité à la complicité (éditions Larousse). Ce qui explique le côté perfectionniste, directif de l’enfant unique. Et en même temps, il est plus facile de le gâter, de répondre à tous ses besoins. Il est rassuré de se savoir aimé, confiant, capable de bien s’exprimer, équilibré et mature. À condition de pas trop l’avoir couvé ! »

Afin d’apporter un peu de souplesse, les parents d’enfant unique ont besoin d’être déculpabilisés, de prendre du recul et de lâcher-prise pour éviter d’engendrer trop de stress. L’enfant, lui, développe un sens du partage et de l’empathie (des notions clés dans la société) au quotidien en pratiquant un sport collectif, en s’impliquant dans les tâches communes ou en tissant des amitiés. « J’ai appris beaucoup de choses en allant souvent chez ma meilleure amie, elle-même issue d’une fratrie, se rappelle Emma. Je n’avais pas les mêmes réflexes, je devais me forcer à être plus tolérante, à prêter mes affaires. Et en même temps, je découvrais une vie de famille différente de la mienne. » Avec simplicité et bienveillance, suivez les conseils de Nina Bataille pour élever un enfant unique heureux.

Apprendre à l’enfant unique les codes du partage

Sans forcer à l’instaurer, il est recommandé d’inciter l’enfant unique à comprendre la notion de partage de façon naturelle. « Cela passe par inviter des copains à la maison pour ne pas toujours grandir dans un monde d’adulte, propose Nina Bataille. L’enfant peut aussi pratiquer un sport collectif ou qui se joue au moins à deux, comme le judo ou la boxe. C’est apprendre à se confronter à l’autre, faire des choses à plusieurs. Le partage, l’empathie sont des notions clés dans notre société. Il est nécessaire de cultiver l’esprit du collectif pour mieux s’insérer plus tard, dans son environnement de travail aussi. »

Initier l’enfant unique aux tâches collectives

Avec un peu d’entrain et une perception des choses positives, toutes les tâches de la maison deviennent l’occasion de comprendre la vie en collectivité. « Débarrasser la table, ranger le lave-vaisselle ou faire son lit, les tâches communes (pas ménagères, rien que le nom est rébarbatif) créent un sentiment d’appartenance, souligne Nina Bataille. Même si ce n’est pas de gaieté de coeur au début, le travail et l’effort vont rendre l’habitude automatique. Ces tâches peuvent être faites en musique pour le côté plaisir. On a tendance à trop gâter un enfant unique et à moins l’inciter à faire, à l’infantiliser. »

Déculpabiliser les parents d’enfant unique

On pense à tort que famille nombreuse rime avec famille heureuse. « Ce n’est pas parce qu’il y a frères et sœurs qu’il y a fratrie, rappelle Nina Bataille. Il y a des tempéraments différents, des histoires de la vie qui influent sur les liens entre les uns et les autres. Dans certaines familles nombreuses, il y a aussi des cas d’enfant unique ou isolé. Par exemple, si les enfants ont plus de six ans d’écart, beaucoup de choses vont être similaires dans l’éducation (attention concentrée sur un seul enfant, attentes importantes, etc.). Avoir quinze enfants n’est pas la condition pour une fratrie réussie ! » Enfant unique ou famille nombreuse, la qualité des rapports entre chacun est primordiale.

Les aînés ont aussi des caractéristiques proches des enfants uniques. Une façon de se rendre compte que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. « On fait peser sur l’aîné ce qu’on a projeté, imaginé de mieux pour lui, poursuit la coach. Les nouveaux parents vont donc avoir tendance à être exigeants envers eux-mêmes et à exercer une certaine forme de pression sur leur premier né : il doit répondre à l’idée qu’ils se font de l’enfant idéal ! »

Rappeler à l’enfant ce qu’il a plutôt que ce qu’il n’a pas

La comparaison entre les enfants est naturelle. Elle doit néanmoins être bien encadrée pour leur faire comprendre la chance qu’ils ont. « Se comparer sans faire d’histoire demande un effort de tous les jours, insiste Nina Bataille. Les parents avec un enfant unique doivent lui rappeler la chance qu’il a d’avoir une chambre pour lui tout seul, par exemple. Ils peuvent lui demander : « Et toi, que quoi es-tu fier et content ? » pour qu’il en prenne conscience. »

Prendre du recul sur chaque problème

Avec un enfant unique, l’attention est focalisée sur lui. Du coup, la moindre question ou le petit problème devient une montagne. « À chaque épreuve, on peut se demander « Est ce que ce problème m’inquiéterait autant s’il y avait trois enfants ? », suggère Nina Bataille. C’est une façon de prendre du recul par rapport à une bêtise ou une mauvaise note. Si la réponse est oui, c’est important. Sinon, on s’assouplit. »

Trouver un écho dans les livres et les films

Avec des images et des métaphores, certains supports sont plus parlants aux enfants que n’importe quel mot. « Il existe plein de livres et d’histoires qui peuvent faire écho aux enfants, note Nina Bataille. Ils font le lien tout seul, sans avoir besoin de leur expliquer, les ouvrages leurs parlent. Et c’est un bon moment aussi avec papa ou maman ! Une fois l’histoire découverte, ils peuvent revenir dessus quand ils le souhaitent. »

Répondre à son devoir d’éducation

« Les parents ont le devoir d’éduquer leurs enfants, rappelle Nina Bataille. On n’est pas là pour faire plaisir mais siffler la fin de la récréation. Les enfants ne recherchent pas un chef mais un leader. Ils adorent les règles. Elles les rassurent, les structurent. Mais ils ont horreur des ordres ! » Enfant unique et famille nombreuse, le devoir d’éducation est le même.

Prendre conscience que cet enfant unique, ce n’est pas vous !

« Attention à ne pas se reproduire…», alarme Nina Bataille. Avec un jeu de mots, la coach pointe un problème important. Dans le cas d’un enfant unique, les parents ont tendance à beaucoup demander, voire à se projeter. « Laissez-le développer ce qu’il porte en lui et devenir ce qu’il aspire à être. »  

Inciter son enfant unique à avoir plusieurs amis

Si les complices ne sont pas à la maison, l’enfant peut trouver dans son cercle d’amis, de vrais frères et sœurs. « À force de faire les choses ensemble, certains amis très proches deviennent comme des frères et sœurs, ajoute Nina Bataille. On peut les choisir dans la vie pour sortir un peu du cocon. Il est nécessaire d’apprendre à l’enfant de ne pas être exclusif. Avoir plusieurs amis, c’est une façon de recréer un groupe, d’aller vers les autres. 

Regarder la qualité plus que la quantité des liens

« On peut être seul tout en étant très entourés, remarque Nina Bataille. L’important est de créer des relations de qualité, d’être avec l’autre de manière qualitative. Ça se travaille ! Ce n’est pas parce qu’il y a un lien d’amour qu’il suffit de s’en contenter, il y a un besoin de le faire vivre. »

Larousse

Frère et sœur, de la rivalité à la complicité, Nina Bataille, Larousse, février 2018, 175 pages, 14,95 euros. 

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