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Le jour où la télévision a fait du Te Deum un tube

Te Deum
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Destinée à la louange de Dieu, l'hymne du Te Deum, magnifiée en musique par les plus grands compositeurs, a connu son apogée sous le règne de Louis XIV. Retour sur les plus célèbres d'entre-eux.

Composée au IVe siècle par Nicetas, évêque de Remesiana — ville située sur le bord méditérranéen de la Roumanie — la légende raconte que l’hymne du Te Deum serait en réalité l’œuvre de saint Ambroise, inspiré par l’Esprit saint au moment où saint Augustin sortait de la piscine baptismale. Chantée à l’office des matines du dimanche et lors de certaines fêtes religieuses, cette hymne était également couramment exécutée pour remercier Dieu de grâces exceptionnelles.

Le Te Deum a connu un grand succès au XVIIe et XVIIIe siècles, notamment sous le règne de Louis XIV où il atteignit son apogée. Toutes victoires ou évènements touchant à la vie de la famille royale étaient célébrés par l’exécution d’un Te Deum composé par les meilleurs musiciens du temps.

Te Deum laudamus :
te Dominum confitemur.
Te aeternum patrem,
omnis terra veneratur.

À toi Dieu, notre louange !
Nous t’acclamons, tu es Seigneur !
À toi Père éternel,
L’hymne de l’univers…

Le Te Deum de Lully ou l’œuvre qui provoqua sa mort tragique

Parmi les évènements heureux du règne de Louis XIV, comment ne pas évoquer le retour à la santé de ce dernier suite au très douloureux mal qui le rongea au cours de l’année 1686. Tandis que sa majesté montait à cheval, un de ses loisirs préférés, il se plaignit de douleurs hémorroïdales. Daquin, premier médecin du roi, fit tout pour soulager ses douleurs à base de cataplasmes. Ne voyant aucune amélioration, et l’abcès devenant de plus en plus purulent, il fallut se résoudre à pratiquer une intervention chirurgicale pour venir à bout de cette douloureuse fistule, sous peine de perdre le roi. Le lundi 18 novembre 1686, la grande opération commença. Madame de Maintenon tenait la main droite du roi et Louvois la main gauche. Le roi fit preuve d’un courage exemplaire et ne laissa échapper que quelques « Mon Dieu, mon Dieu ». L’opération fut heureuse et le bistouri, crée spécialement pour cette opération, fut rebaptisé « bistouri à la royale » !

À la suite de cette miraculeuse guérison, la France entière retentit de chants de louange et de joie. À Paris, les plus grands compositeurs entonnèrent des Te Deum, notamment Jean-Baptiste Lully, premier compositeur du roi. En 1687, il s’apprête à donner une représentation dans l’église des Feuillants. Il y a foule dans l’église et les 150 musiciens sont prêts à entonner les notes joyeuses du Te Deum. Tandis que le son des trompettes fuse et envahit l’édifice, Lully, qui dirige lui-même l’œuvre en marquant vigoureusement la mesure avec sa canne de musicien, se la plante violemment dans le pied. Refusant qu’on lui coupe la jambe, la plaie s’infecte et Lully meurt de la gangrène. Une fin malheureuse pour une journée qui se voulait festive…

Le Te Deum de Charpentier ou l’Eurovision à l’heure du Grand Siècle

Il suffit de faire résonner les premières notes du Te Deum de Charpentier à n’importe quel européen propriétaire d’une télévision pour qu’il reconnaisse l’air sans hésitation ! Charpentier serait-il aussi célèbre que les Beatles ? Pas vraiment. Mais beaucoup reconnaîtront tout de suite le générique d’une émission phare qui continue de flatter l’égo des Européens chaque année… l’Eurovision !

En 1692, Marc-Antoine Charpentier, alors maître de musique à l’église Saint-Louis des Jésuites, compose son plus célèbre Te Deum pour la victoire de Louis XIV lors de la bataille de Steinkerque. Dans la lignée de Lully, le Te Deum de Charpentier a le caractère fastueux du Grand Siècle. Trompettes et timbales retentissent majestueusement en l’honneur de la gloire de Dieu tout autant que celle du Roi Soleil, son illustre représentant sur Terre. Si ce Te Deum demeure l’œuvre la plus célèbre de Charpentier, c’est parce qu’elle est devenue emblématique au XXe siècle en devenant le générique officiel des diffusions de l’Union européenne de radio-télévision. La première des retransmissions eu lieu en 1953 pour le couronnement de la reine Élisabeth II. Puis, pendant plus de 60 ans, les pays qui ont accueilli le concours de l’Eurovision ont adapté, à leur manière, ce premier air du Te Deum avec plus ou moins de talent… ! Écoutons notamment cette version “disco” de 1978 (Paris) qui aurait certainement fait grincer les dents de son illustre créateur !

Version disco :

Version originale :

Le Te Deum de Giovanni Paisiello ou le triomphe de Napoléon

Si Napoléon n’a pas laissé dans l’Histoire le souvenir d’un grand amateur de musique, il n’a pourtant pas totalement négligé la musique d’église, surtout quand il s’agissait de magnifier en grandes pompes les cérémonies religieuses officielles. On pense notamment à son sacre célébré le 2 décembre 1804. Ce jour-là, 400 choristes et instrumentistes se pressent à Notre-Dame de Paris pour entonner une messe et un Te Deum en l’honneur de l’empereur. Pour composer la musique de son sacre, Napoléon a fait appel à ses deux compositeurs favoris : le Français Jean-François Le Sueur et l’Italien Giovanni Paisiello. Ce dernier, qui composa le fameux Te Deum, était également maître de la chapelle de l’Empereur. Mais quelques semaines avant le sacre, Paisiello, qui se sent mal accueilli par le milieu musical français, quitte le territoire et rentre en Italie. C’est donc Le Sueur qui dirigea sa composition le jour J et reprendra son poste de maître de chapelle. Le style de l’œuvre, caractéristique de la musique italienne, se rapproche davantage du bel canto napolitain — très à la mode à l’époque —, que de la musique religieuse. Un style qui devait, sans doute, parfaitement correspondre à Napoléon qui cherchait davantage, en ce jour de sacre, à promouvoir sa gloire que celle de Dieu….

Si dans l’Histoire le Te Deum a souvent été synonyme de victoire et de fête, il demeure cependant l’hymne de louange ultime que le chrétien est invité à réciter intimement. Exprimant la confiance absolue que le fidèle met en Dieu, cette hymne demeure une prière encore bien actuelle à l’image du Credo. Le 13 mai 1643, après une nuit très mauvaise, le roi Louis XIII voyant que sa mort approchait, récita lui-même le Te Deum en compagnie de son confesseur. Il expira le lendemain, sa confiance placée en Dieu.

À toi Dieu, notre louange !
Nous t’acclamons, tu es Seigneur !
À toi Père éternel,
L’hymne de l’univers.

Devant toi se prosternent les archanges,
les anges et les esprits des cieux ;
ils te rendent grâce ;
ils adorent et ils chantent :

Saint, Saint, Saint, le Seigneur,
Dieu de l’univers ;
le ciel et la terre sont remplis de ta gloire.

C’est toi que les Apôtres glorifient,
toi que proclament les prophètes,
toi dont témoignent les martyrs ;
c’est toi que par le monde entier
l’Église annonce et reconnaît.

Dieu, nous t’adorons :
Père infiniment saint,
Fils éternel et bien-aimé,
Esprit de puissance et de paix.

Christ, le Fils du Dieu vivant,
le Seigneur de la gloire,
tu n’as pas craint de prendre chair
dans le corps d’une vierge
pour libérer l’humanité captive.

Par ta victoire sur la mort,
tu as ouvert à tout croyant
les portes du Royaume ;
tu règnes à la droite du Père ;
tu viendras pour le jugement.

Montre-toi le défenseur et l’ami
des hommes sauvés par ton sang :
prends-les avec tous les saints
dans ta joie et dans ta lumière.

Tags:
musique
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