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Quand le dessin se fait divin : des œuvres inédites à Port-Royal des Champs

© Fonds du musée des BA d'Orléans.
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Jusqu'au 1er juillet, des dessins inédits de l'art sacré provenant du Musée des Beaux-arts d'Orléans ont élu domicile au domaine de Port-Royal des Champs dans une exposition exceptionnelle intitulée "Traits divins". Corentin Dury, jeune conservateur à l'origine de l'exposition, nous en dévoile les secrets.

Connu pour être un haut lieu de la pensée janséniste en France, le domaine de Port-Royal des Champs abrite encore les ruines de l’ancienne abbaye, détruite sur ordre de Louis XIV. Le domaine accueille également un musée national où est conservée une riche collection de gravures, livres anciens et peintures témoignant de l’histoire mouvementée de ce lieu. « Pour cette exposition, nous avons décidé de nous attacher exclusivement au dessin religieux afin de créer un lien évident entre le fonds d’Orléans, la collection permanente de Port-Royal, et bien sûr l’histoire du lieu, étroitement lié à l’Église de France », explique Corentin Dury, conservateur du musée. « Depuis 2009, Port-Royal s’attache à présenter des expositions de dessins, l’intimité du lieu se prêtant parfaitement à la présentation de ce type d’œuvres d’art ».

Exposition Traits Divins à Port-Royal des Champs.

Un fonds composé de milliers de dessins méconnus

Ces fameux dessins ont été sélectionnés parmi le très riche cabinet d’arts graphique du musée d’Orléans qui possède un fonds de plusieurs milliers de dessins  — encore trop peu connus ou pas étudiés — dont une part importante de ceux exposés dans l’exposition provient du legs d’un grand collectionneur, Paul Fourché. « Il y a des feuillets extraordinaires. Le fond est si imposant qu’il a fallu se limiter à une cinquantaine d’œuvres. » Sur cinquante-trois dessins, une quinzaine est totalement inédite, une quarantaine n’a jamais été présentée et une dizaine a fait l’objet d’une d’attribution totalement inédite.

© Fonds du musée des BA d'Orléans.
Pierre Mignard, Sainte Thérèse, Orléans, musée des Beaux-Arts, inv. 1235.album 11.59, 205 x 173 mm.

Des découvertes inédites autour de Nicolas Poussin et Simon Vouet

Centré sur le XVIIe siècle, l’exposition a pour objectif de mettre en lumière de véritables trésors et de valoriser le travail d’artistes, parfois moins connus, faisant partie de l’entourage de grands peintres français tels Simon Vouet ou Nicolas Poussin. Entouré de spécialistes, Corentin Dury a ainsi sélectionné patiemment les dessins les plus intéressants et les plus significatifs. Ces recherches minutieuses ont été l’occasion de faire des découvertes incroyables. « Dans le lot de dessins que j’avais identifié autour de Nicolas Poussin, et grâce à une spécialiste, Jane McAvock, nous avons découvert deux dessins inédits de Reynaud Levieux, artiste essentiellement actif dans le sud de la France et à Rome. Ce fut une chance inespérée de retrouver ces œuvres graphiques dont l’attribution ne fait aucun doute ».

© Fonds du musée des BA d'Orléans.
Vierge à l'Enfant de Reynaud Levieux, XVIIe siècle.

Ces deux dessins, réalisés à la plume et au lavis, représentent deux Vierges à l’Enfant destinées à être retranscrits en peinture. Le style de Levieux y est flagrant. « On retrouve son insistance dans le traitement des yeux, le crâne de l’enfant légèrement déformé, voire allongé sur le haut… et bien sûr un style qui rappelle ses liens avec Nicolas Poussin qu’il a connu lors de ses séjours à Rome ». Levieux a participé, entre autre, au décor de l’église Saint-Louis-des-Français à Rome en réalisant un Saint-Denis guérissant un aveugle. 

D’autres découvertes fructueuses ont vu le jour, comme un exceptionnel dessin de l’artiste italien Giovanni Lanfranco, classé par mégarde au début du XXe siècle dans un carton exclusivement destiné à des dessins français. « C’est une redécouverte absolument incroyable d’un dessin de jeunesse de cet artiste très important qui a décoré de nombreuses églises de Rome. Le spécialiste de l’artiste, Erich Schleier, à qui nous avons envoyé une photo, nous a confirmé que ce dessin était bien de lui. »

La Vierge de Boulogne-sur-Mer en visite à Port-Royal

Parmi toutes ces belles redécouvertes, Corentin Dury porte une affection particulière pour un dessin représentant « La Vierge nautonière » dit aussi « La Vierge de Boulogne-sur-Mer ». Connue pour être un grand lieu de pèlerinage dédié à la Vierge nautonière depuis le VIIe siècle, la ville de Boulogne-sur-Mer fonde sa tradition sur une statue de la Vierge arrivée miraculeusement sur le rivage de la ville. De là est née l’iconographie de Notre-Dame de Boulogne que les pèlerins portaient fièrement en insigne : la Vierge assise ou debout dans une barque conduite par deux anges. Le dessin retrouvé représente exactement cette iconographie : d’un auteur anonyme, il figure une statue de la Vierge en bois, dans une barque, entourée de deux anges tenant une Bible et des reliques. « Par des jeux de comparaison, il me semble que le dessin peut être rapproché de Sylvain Bonnet, autrefois désigné comme le maître de l’ovale, actif durant la deuxième moitié du XVIIe siècle ». Sylvain Bonnet a été reçu à l’Académie de Saint Luc en 1683 et travailla comme miniaturiste et illustrateur.

© Fonds du musée des BA d'Orléans.
Anonyme, Vierge nautonière, XVIIe siècle.

À partir du mois de septembre, et toujours dans une volonté de mettre en valeur des fonds méconnus de dessins, une autre grande exposition verra le jour à Port-Royal, centrée sur la figure de Sébastien Bourdon — un des artistes les plus considérés en Europe au XVIIIe siècle — et les œuvres de miséricorde.

Informations pratiques : 

traits divins
© Port-Royal des Champs

Traits divins. Dessins français du musée d’Orléans, XVIIe siècle.
Jusqu’au 15 juillet 2018.

Musée national de Port-Royal des Champs
Route des Granges
78114, Magny-les-Hameaux
01 39 30 72 72
Site officiel.

Retrouvez également le musée sur Facebook, Twitter et Instagram.

 

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