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Le plastique, nouvel ennemi public

PLASTIC ATTACK
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Les opérations virtuelles #RidicoulusPlastic, #BreakFreeFromPlastic et #DesnudaLaFruta sur les réseaux sociaux, qui dénoncent l’utilisation à outrance et sans nécessité de l’emballage plastique dans les grandes surfaces, s’accompagnent d’actions concrètes partout dans le monde, regroupées sous le nom « Plastic Attack ». Après le succès des opérations en Angleterre et en Belgique, l’opération débarque en France le 2 juin.

L’emballage plastique est l’un des matériaux les plus polluants au monde puisqu’il met plus de 400 ans à se dégrader dans notre environnement. Selon une étude réalisée par la fondation Ellen McArthur : « Il y a environ 150 millions de tonnes de déchets plastiques dans les océans. Si la consommation de plastique se poursuit au même rythme, l’océan devrait contenir 1 tonne de plastique pour 3 tonnes de poisson en 2025 et en 2050, plus de plastique que de poisson ». C’est l’émergence du « septième continent », constitué de déchets plastiques, dont la taille atteint près de 3,5 millions de km², soit plus de trois fois la superficie de l’Égypte. Si les sacs plastiques à usage unique ont été prohibés en France depuis une loi de 2016, le plastique continue à proliférer sur les rayons des supermarchés. Selon le site Planetoscope, en France, près de 2 900 emballages ménagers sont jetés chaque seconde, soit plus de 90 milliards d’emballages par an, et seulement 33,5% des ordures sont recyclées. C’est précisément cette nouvelle bataille qu’entreprennent de mener les opérations Plastic Attack : bannir l’emballage plastique superflu.

La lutte contre le plastique est déclarée

À l’origine de ces actions citoyennes, une cinquantaine de résidents de Keynsham, en Angleterre avait lancé la toute première opération en mars 2018, en remplissant trois Caddies de plastique devant un hypermarché Tesco. La vidéo de l’événement avait fait le buzz sur les réseaux sociaux.

Depuis, une page Facebook, Plastic Attack est créée… et une vingtaine d’opérations ont déjà eu lieu dans le monde entier. Le succès des opérations menées en Angleterre, en Belgique, aux Pays-Bas, au Canada, mais aussi en Allemagne et au Portugal évoque une vraie révolution verte. Quelles sont les revendications de Plastic Attack ? Une pétition contre les emballages plastiques à usage unique et non recyclables, comme cela a été lancé en Grande Bretagne et au Canada, constituer un réseau de citoyens mobilisés, et enfin réunir 5% de la population mondiale le 15 septembre 2018 pour le World Cleanup Day, une journée de ramassage des déchets dans le monde entier.

C’est donc tout naturellement que le 2 juin, l’opération Plastic Attack arrive en France  dans plusieurs villes : Paris, Bordeaux, Lyon, Marseille, Montpellier, Strasbourg, Toulouse… etc. Le principe : aller faire ses courses normalement dans un supermarché (qui sera prochainement désigné), mais partir en laissant les emballages superflus dans le magasin. Selon Fanny Vismara, co-organisatrice de Plastic Attack France, les supermarchés ont été « prévenus pour des questions de sécurité, mais on espère qu’ils joueront le jeu et n’enlèveront pas le plastique de leur produit, avant. Le but est de trouver des solutions main dans la main ».

Les participants devront rapporter bocaux et sacs réutilisables afin d’y ranger leurs denrées. Il est important de « changer les habitudes citoyennes » avec l’intermédiaire des grandes marques de distribution, explique Fanny Vismara. « Aujourd’hui pour consommer autrement, il faut faire un effort, comme dans les magasins bio aux circuits spécialisés. Il faudrait que cela devienne accessible à tous, sans effort ».

Les innovations contre le plastique ont le vent en poupe

Il est possible de rejoindre ces importantes initiatives collectives, mais aussi d’agir individuellement. Chacun peut adopter des petits gestes pour limiter la consommation de plastique, dont l’usage de couverts réutilisables ou de sacs en tissu ne sont qu’un exemple. Un autre engagement consiste à ne plus acheter de plats préparés, vendus dans des barquettes en plastique. Ainsi, début mai, le Conseil de Paris a voté l’interdiction des contenants en plastique dans les cantines des écoles d’ici 2022. Autre choix engagé, faire ses courses dans une épicerie en vrac. La grande distribution, comme les épiceries misent de plus en plus sur ce concept écologique et économique. Cette tendance « zero waste » a donné des idées à deux entrepreneurs français, David Sutrat et Didier Onraita qui ont lancé en 2013 à Meudon-la-Forêt (Hauts-de-Seine), Day by Day, une épicerie spécialisée dans le vrac, ou les clients sont incités à amener leurs propres contenants.

Les scientifiques se saisissent aussi de la cause antiplastique, notamment dans le domaine du nettoyage des océans. Ainsi est né Manta, le premier navire hauturier capable de collecter en grande quantité les macro-déchets plastiques qui flottent sur les océans. Il y a aussi Seabin, la poubelle flottante dans l’eau des ports, des quais et des clubs nautiques qui collecte les ordures. Mais, pour Fanny Vismara de Plastic Attack, le problème est dans la consommation des produits : « Tant qu’on ne ferme pas le « robinet » du plastique, ça ne sert à rien, même si on nettoie les océans ».

Une vie sans plastique c’est possible ?

Cet engagement écologique ne doit pas se faire sans les chrétiens. C’est le message que martèle sans cesse le pape François. Lors de la deuxième journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création, le pape François a affirmé que le réchauffement climatique résultant de l’action de l’homme, ainsi que les pertes irrémédiables de la biodiversité sont des « péchés » contre Dieu, qui doivent être expiés en plantant des arbres, en interdisant l’utilisation du plastique et du papier et en « triant les ordures ». Les chrétiens sont donc tous appelés par le Pape, notamment à travers son encyclique Laudato Si, à s’engager pour une écologie intégrale. Sans attendre la suppression de l’emballage plastique en supermarché, de nombreux citoyens, chrétiens ou non, ont entrepris d’adopter une consommation responsable et engagée.

Choisir son alimentation, c’est faire fi de la passivité consumériste et devenir acteur pour un monde plus propre et durable. C’est le choix fait par Marianne Durano, essayiste et rédactrice à la revue Limite, qui vit, depuis plus d’un an, sans frigo. Pour elle, « Frigo est aujourd’hui synonyme de gaspillage et de malbouffe. [] Il implique surtout l’organisation mondiale d’un marché du frais, la sacro-sainte chaîne du froid, dont la moindre rupture est un désastre sanitaire, et dont le coût écologique est énorme ». Elle affirme qu’à part la viande et le lait, tout peut se conserver au moins trois jours hors du frigidaire et pour les fruits et les légumes environ trois semaines. Elle n’est pas végétarienne pour autant, il lui suffit de consommer viande et poisson dans la journée. Remplacer son frigo par un bon vieux garde-manger ou, plus tendance, les nouvelles étagères de la designeuse Jihyun Ryou, devient un acte révolutionnaire.

Tags:
écologie
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