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La Journée du Clocher prend de l’ampleur

TOWN OF DOLE IN THE FRENCH JURA

By Philippe PATERNOLLI | Shutterstock

Axelle Partaix - publié le 20/05/18

La quatrième édition de la Journée du Clocher a lieu ce 21 mai prochain. L’occasion de découvrir le patrimoine campanaire, cher aux Français mais malheureusement menacé, faute de financement.

C’est l’un des plus vieux instruments sonores que nous connaissions. Elles ont été au cœur de la vie communautaire et ont rythmé la vie des villes et des villages pendant des siècles, appelant les fidèles à se rassembler pour prier et sonnant l’heure civile. Hélas, les cloches sonnent de moins en moins en France, par manque de moyens. « Aujourd’hui, au moins 95 % des églises appartiennent aux communes. Or les budgets communaux sont de plus en plus serrés et de nombreux clochers sont dans un état défectueux », regrette Nicolas Gueury, le fondateur du Conservatoire Européen des Cloches et Horloges (CECH). L’association, créée en 1997 vise à aider à la préservation et la mise en valeur du patrimoine campanaire. Elle est aussi à l’origine de la Journée du Clocher, lancée en 2015 : une occasion unique pour les habitants des communes de monter au sommet d’un clocher, accompagnés de bénévoles, et de s’approcher au plus près de ces grosses dames d’airain.




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Pour l’édition 2018, qui a lieu ce 21 mai, lundi de Pentecôte, Nicolas Gueury espère accueillir plus de 6 000 visiteurs dans les 80 clochers inscrits par les mairies, les communes, les collectivités ou les propriétaires d’un site à clocher. « La première année, en 2015, nous avions ouvert 24 clochers, tous en Seine-Maritime, sauf un dans l’Eure. Cette année, 26 départements de toute la France participent à l’évènement avec 80 clochers. Fin 2017, la Journée du Clocher a été reconnue officiellement par le Ministère de la Culture », se réjouit cet amoureux du patrimoine soucieux de motiver participants, visiteurs et mécènes.

Un mot nouveau pour un métier millénaire

Au-delà du plaisir des visiteurs et des organisateurs à découvrir et faire découvrir ces lieux d’exception, cette journée est aussi l’occasion de nombreuses actions d’entretien et de nettoyage, de petits aménagements des clochers et le prétexte au passage d’un campaniste dans plusieurs sites pour s’assurer de l’état du clocher. Le mot campaniste dérive de campanae qui désignait les cloches à l’époque où elles ont été introduites dans les campaniles, au Ve siècle de notre ère, grâce à saint Paulin, évêque de Nole en Campanie (Italie). « Ce terme a été retenu pour désigner l’installateur de cloches et d’horloges, explique Nicolas Gueury. Choisi à l’unanimité par tous les membres de la profession, il vient officialiser un métier souvent exercé de père en fils depuis des millénaires et qu’il faut défendre face à de nouveaux acteurs économiques et de nouveaux décideurs. Le mot a été retenu par l’Académie française et a fait son entrée dans le dictionnaire en 2007 ».

Autre anecdote racontée par Nicolas Gueury : « L’une des hypothèses sur l’origine du mot clochard remonte au temps où les maîtres-sonneurs faisaient appel à des mendiants pour les aider à sonner les cloches, moyennant rétribution financière ou matérielle ».




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Le CECH travaille également à réaliser un inventaire national des horloges d’édifice, compatible avec l’inventaire des cloches. La Journée du Clocher a ainsi permis la découverte d’une horloge inconnue du XVIIe siècle à Bois-Héroult en Seine-Maritime et celle d’une horloge exceptionnelle du XVIIe siècle à Lucéram dans les Alpes-Maritimes. « L’horlogerie a été créée pour pouvoir déclencher la sonnerie des cloches, au milieu du XIIIe siècle : lors du déclenchement de la sonnerie, un marteau tapait un nombre de coups indéterminé sur la cloche pendant un certain temps. Le cadran  avec une aiguille a ensuite été inventé un siècle plus tard, on avait alors une précision de 40 minutes. Avec l’invention du balancier, au XVIIe siècle, on a obtenu une précision de quelques minutes et l’on a pu rajouter sur le cadran l’aiguille des minutes ! En plus de la sonnerie des cloches, toujours présente et essentielle pour la vie sociale de la ville ou du village, on avait ainsi une indication visuelle de l’heure ».

Pour en savoir plus sur la Journée des Clochers,consultez le site www.cechfrance.fr. Le CECH vous propose aussi en lien avec le site www.jaimemonpatrimoine.fr un quizz amusant et instructif sur les cloches.

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