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Le Pape remercie les chasseurs alpins pour leur travail "en faveur de la paix"

Chasseurs alpins Vatican pape François

© L'Osservatore Romano

En mai 2018, le pape François rencontre une délégation du 13e bataillon de chasseurs alpins.

Paul de Dinechin - Publié le 15/05/18

À quelques jours de la 60e édition du Pèlerinage militaire international (PMI), qui se déroulera du 17 au 20 mai 2018, une délégation du 13e bataillon de chasseurs alpins s′est rendue au Vatican pour y rencontrer le pape François et la Garde suisse pontificale, la plus petite armée du monde. Le père Yann Foutieau, aumônier du 13e BCA, les accompagnait dans ce voyage transalpin. Il a accepté de répondre à nos questions.

Aleteia : Franchissant les Alpes, une délégation du 13e BCA, une unité spécialisée dans le combat en montagne, vient d′arpenter la colline du Vatican. Quels en étaient les membres et quel était l′objet de la visite ?
Père Yann Foutieau : Depuis cinq ans, le 13e BCA a des échanges avec les Gardes suisses. Comme lors d′une rencontre avec une armée étrangère, c′est l′occasion pour les chasseurs alpins de découvrir les techniques d′intervention propres aux gardes pontificaux, notamment dans leur mission de sécurisation du palais apostolique et de la cité du Vatican et de la protection rapprochée du Saint-Père. Dans un second temps, nous travaillons à développer l′amitié entre les armées. Plus on favorise le dialogue intermilitaire, plus on travaille à la paix.

En ce qui concerne le premier volet, s′agit-il de formations communes ou uniquement d′une observation et d′une présentation des techniques d′intervention ?
C′est une observation et une présentation de leurs modes opératoires, du territoire sur lequel ils évoluent : là où le Saint-Père ainsi que les membres de la Curie se trouvent. C′est également une découverte du quartier militaire, de l′armurerie, la salle de tradition. Il y a aussi toute la dimension protocolaire. Non seulement les Gardes suisses assurent la protection du Saint-Père depuis 1506, mais en plus, ils assurent un service protocolaire : la visibilité et la protection du Pape, sans parler des Gardes suisses en civil qui assurent une protection rapprochée du pontife lorsqu′il passe au milieu de la foule.

À ce propos, vous étiez présents sur la place Saint-Pierre lors de l′audience générale du 9 mai. Le souverain pontife a tenu à vous saluer personnellement…
Oui, c′était une circonstance particulière. Deux détachements militaires étaient présents ce jour-là : des marins espagnols de la frégate Santa Maria en tenue officielle, et nous qui étions également en tenue de tradition, notre tenue blanche — celle que nous réservons aux hôtes de marque ou lors de certaines cérémonies militaires. C′est la tenue qui caractérise notre engagement en terrain montagneux, correspondant au territoire sur lequel nous opérons la plupart du temps.


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Lors de cet échange, le Pape vous a-t-il adressé quelques mots ?
Nous avions été placés par les Gardes suisses et étions visibles par le souverain pontife. Lorsqu′il est passé à proximité des deux détachements militaires, il s′est renseigné auprès de son majordome, qui était à ses côtés, pour savoir quels étaient ces détachements. C′est alors qu’il a demandé de nous placer sur le côté afin de pouvoir nous saluer après l′audience. Il a pu ainsi nous adresser quelques mots en espagnol. Fort heureusement, nous avions un camarade parfaitement hispanophone qui a pu nous traduire. Le Pape nous a remerciés pour le travail que nous accomplissions en faveur de la paix.

« Dieu ne renie jamais ses fils », a par ailleurs affirmé le Pape lors de cette audience, une catéchèse sur le baptême. Comment cette déclaration a-t-elle été reçue par vos chasseurs parmi lesquels il y a sans doute des catéchumènes voire des non-croyants ?
Il y avait effectivement une diversité de militaires présents sur le plan de la foi. Bien évidemment, comme il s′agissait avant tout d′un échange professionnel avec une armée étrangère avant d′être une visite d′un lieu saint, il n′y avait pas uniquement des catholiques. Certains se sont sentis immédiatement concernés comme étant ces « fils » dont parlait le Saint-Père. Mais pour ceux plus éloignés de la foi, cela a également résonné dans la mesure où le pape François est venu à notre rencontre et qu′il a souhaité lui-même nous parler directement. Ses paroles et ses actes ont alors pris un poids extraordinaire.

Vous, en tant qu′aumônier militaire, comment ce type de séjour à Rome vous aide-t-il à mener votre ministère auprès des chasseurs alpins ?
Il y a d’abord la volonté de faire découvrir une autre vision à travers la rencontre d′une armée étrangère, la plus petite du monde, la garde pontificale du Saint-Père. Mais aussi la dimension spirituelle avec les interlocuteurs comme Mgr François Bousquet, recteur de Saint-Louis des Français. Mgr Bousquet nous a permis de découvrir les tableaux du Caravage, notamment la Vocation de saint Matthieu — sans doute l′un des tableaux préférés du Saint-Père — et nous en a donné une lecture spirituelle, avec le soucis de signifier que le Christ n’appelle pas simplement une poignée d’hommes mais toute l′humanité. Il a su à travers cet appel rejoindre notre propre engagement — moi en tant qu′aumônier et militaire et les camarades comme militaires simples — en insistant sur cette volonté d′être artisans de paix. Il n′y a ainsi pas d’antinomie entre le fait de porter les armes et la paix à laquelle les militaires sont appelés à travailler.


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« Pacem in Terris« . Ce sera justement le thème de la 60e édition du Pèlerinage militaire international, qui se déroulera à Lourdes à partir de jeudi prochain. C′est un moment fort dans la vie spirituelle des militaires du monde entier. Dans quelle mesure ces pèlerinages participent-ils à fortifier ou faire naître la foi chez les militaires, qui ne sont pas tous des catholiques convaincus ?
Cette dimension est fondamentale mais elle n′est pas la seule. Il s′agit avant tout d′une rencontre entre militaires de différentes nations pour vivre l′amitié interarmées. N′oublions pas les origines de ce PMI : au lendemain de la seconde guerre mondiale, deux aumôniers, l′un Français, l′autre Allemand, ont décidé d′emmener chacun une petite délégation pour vivre la réconciliation franco-allemande. Chaque année autour d′eux, se sont greffées différentes nations. Avant la construction de l′Europe, ce pèlerinage est prophétique. C′est extraordinaire de voir ces militaires se retrouver à Lourdes avec la volonté de rencontrer l′autre, de dialoguer et de travailler à la construction de la paix. On est vraiment dans l′optique de ce que le Saint-Père nous a confié lors de notre rencontre sur la place Saint-Pierre, à l′issue de l′audience du 9 mai.

L′année prochaine, reviendrez-vous avec une autre délégation au Vatican ?
Tout à fait, avec une délégation du 27e BCA, cette fois-ci. On a prévu de revenir de nouveau à l′ambassade de France près le Saint-Siège, à la villa Bonaparte. C′est aussi pour l′ambassadeur une manière de rappeler le rôle si particulier de cette ambassade placée auprès du Saint-Siège. Cette année, en outre, nous avons eu la chance de rencontrer certains journalistes de Vatican News. Parmi nous, quelques uns étions récemment engagés au Mali : la seule radio que nous pouvions alors capter en plein milieu du désert était Radio Vatican. Cela nous intriguait de voir les visages de ceux que nous entendions au cours de notre mission. Par leur voix, pendant quatre mois, nous avons reçu des informations sur la situation du monde et de l′Église.

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