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La Vallée des Saints, le miracle breton

VALLÉE DES SAINTS
© Sophie Le Noën
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La Vallée des Saints qui fête ses 10 ans cette année a accueilli sa centième statue ce week-end à Paimpol (Côtes d’Armor). L’occasion de découvrir un site fait de granit né d’un projet pharaonique, à la rencontre de ses fondateurs.

Jour de beau temps sur la Bretagne. Le parking un peu anarchique de la Vallée des Saints se remplit à vue d’oeil. Camping-cars, motos, voitures immatriculées en Belgique ou dans l’Hérault… Tous viennent plus ou moins bien guidés par leur GPS à Carnoët à la rencontre des géants de granit sur cette île de Pâques bretonne. Ce petit village des Côtes d’Armor voit depuis dix ans une certaine affluence dans ses rues. « La dernière fois, il n’y avait pas tout ce monde-là ! », s’exclame un visiteur. Et ce succès paraît bien inattendu, pour les fondateurs eux-mêmes qui n’en espéraient pas tant.

Rallumer la flamme spirituelle

Au départ, l’idée de Philippe Abjean qui décide « d’entrer en résistance » en rallumant la flamme spirituelle des terres bretonnes. Ce bâtisseur qui a déjà remis au goût du jour le Tro Breizh cherche quelqu’un pour l’aider dans son projet de statues-menhir à l’effigie du millier de saints dont peut s’enorgueillir la Bretagne. La rencontre avec Sébastien Minguy, un banquier, est providentielle. Le duo fonctionne et le projet est lancé. C’est Sébastien Minguy qui va le mettre en œuvre, prônant alors une vitrine mondiale du granit breton dans cette vallée offrant une vue à 360° sur tout le Poher.

VALLÉE DES SAINTS
© Sophie Le Noën

Les premières statues des sept saints fondateurs voient le jour dès 2009. Très vite des mains de sculpteurs du monde entier apportent leur pierre à l’édifice. « Nous voulions une ouverture sur le monde. La centième statue qui arrive a été sculptée en Cornouailles, l’année prochaine la nouvelle née prendra forme en Pays de Galles », explique le fondateur. Un chantier par an, puis deux… Les sculpteurs posent leurs outils et travaillent ensemble sur le site pendant un mois. Le Portugal, l’Inde et le Finistère cohabitent alors, portés par le même projet.

Un projet qui dépasse la sphère chrétienne

D’une promotion du patrimoine breton, la Vallée des Saints devient terre culturelle et spirituelle. Ce doux mélange amène touristes amoureux de la Bretagne et pèlerins à se côtoyer entre les géants de 4 mètres. Pour Sébastien Minguy, c’est certainement une des clés du succès : « De nombreuses paroisses viennent à la rencontre de leur saint patron. C’est un projet pour les catholiques, mais pour les autres aussi. »

Si l’archevêque Mgr d’Ornellas est venu en procession avec de nombreux fidèles pour bénir la statue de saint Colomban à son entrée dans la vallée, il n’y aura pas de messe célébrée pour le dixième anniversaire du projet. « L’Église n’est pas particulièrement actrice. Nous laissons ce lieu à la portée de tous : le catholicisme en Bretagne, c’est quelque chose de très populaire. » Dans la vallée, chacun vient trouver et apporte ce qu’il veut. Catholiques ou non, pieux visiteurs ou passionnés de granit, la Vallée des Saints interpelle et passionne très vite.

Une œuvre collective de transmission

L’année 2016 marque un tournant : « Quand on lance le projet en 2009, il y a un engouement. Mais en 2016, on sent un vrai basculement. On a vu les gens s’approprier les lieux, venir et revenir : c’était lancé, et c’était irréversible », raconte le fondateur. 236 000 visiteurs cette année-là, qui vont et viennent librement. L’entrée est, et restera, gratuite, c’est une des forces de la vallée. Et aussi un peu son miracle : pas un centime de l’argent public. Ce sont 4000 mécènes qui portent le projet, à 85% des familles, ravies de financer sur un mode participatif les statues à hauteur de 15 000 euros par tête.

VALLÉE DES SAINTS
© Sophie Le Noën

 « Ce qui porte, c’est l’aventure humaine.» Et puis aussi cet ancrage dans le temps. « C’est motivant de participer à une œuvre collective de transmission à un moment où on est dans la dictature de l’instant. Créer un tel lieu, qui sera là pour des siècles et des siècles, c’est quelque chose d’extraordinaire », témoigne Pierrick, un mécène. « Dans 100 ans, il y aura 1000 statues. On ne les verra pas, c’est certain ! Mais on transmet l’héritage, le projet. Les cathédrales se construisaient sur des centaines d’années. Gaudi n’a pas vu sa Sagrada Familia ! »

D’ici là, place à saint Piran, Peran en Bretagne, le saint patron des Cornouailles britanniques. Pour fêter ses dix ans, l’association a organisé une traversée des géants : comme les premiers saints qui ont traversé la Manche dans une vaste épopée pour rejoindre l’Armorique entre le IVe et le VIIIe siècle, saint Peran est parti de Falmouth à bord d’un vieux gréement pour arriver à Paimpol ce 12 mai. Il doit désormais traverser la Bretagne pour finalement venir trouver sa place le 27 juillet prochain dans des lieux équipés d’un nouvel accueil.

Le succès grandissant du site conservé dans toute sa simplicité a encouragé l’association à se professionnaliser, employant désormais sept salariés. Mais toujours pas de tickets d’entrée, ni de sentier balisé. Le visiteur est envahi par un vent de liberté et d’apaisement, c’est l’énergie de la pierre, dit-on. Face à ce pari un peu fou en passe d’être gagné, les 99 statues, perchées sur la colline de Quénequillec restent impassibles. Qu’il y ait foule à venir les admirer ou quelques promeneurs, Gwenole, Karadeg, Konan, ou Tudeg, taillés dans le granit, continueront de raconter l’histoire et les traditions des saints bretons.

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