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Faut-il avoir peur des intelligences artificielles et des robots ?

ROBOTICS
Ociacia - Shutterstock
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La question est de savoir si les avancées technologiques détermineront ce que l’homme doit devenir, ou s’il se demandera à quelles fins ces moyens peuvent servir.

On nous rebat pas mal les oreilles ces temps-ci avec les progrès accomplis par des technologies dites de pointe, qui pourraient remplacer les humains non seulement dans quantité de tâches, mais encore en décidant lesquelles valent la peine d’être exécutées. Des machines capables d’adapter et de développer indéfiniment  leurs compétences en analysant le contexte finiront-elles par assurer le bonheur de l’humanité, au point que celle-ci n’aura même plus à s’en mettre en quête ? Ou bien notre espèce deviendra-t-elle le jouet de ces merveilleux systèmes robotiques, plus efficaces, plus cohérents, plus sages et plus évolutifs, au point qu’ils pourraient bien se passer de nos descendants ou les refaçonner à leur image ?

Le meilleur des mondes ou l’abolition de l’homme ?

Ce rêve ou ce cauchemar sont bien sûr l’ordre du délire. Le fantasme repose sur une hypothèse qui n’est qu’une projection arbitrairement poussée au-delà de toute limite de progrès déjà réalisés : pourquoi les machines qui peuvent « travailler » plus vite et mieux que les humains n’arriveraient-elles pas à terme non seulement à leur être supérieures en tout, mais encore à devenir autonomes ?

Un petit événement en cours et une expérience récente permettent de dégonfler cette baudruche. Elle sert soit à imaginer un « meilleur des mondes » à côté duquel celui conçu par Aldous Huxley en 1932 n’est imparfait que parce qu’il est inachevé, soit à (se) faire peur en criant au loup, c’est-à-dire en dénonçant, comme C.S. Lewis en 1943, le risque de « l’abolition de l’homme », sous la dictature non plus des totalitarismes, mais des technologies.

Des robots artistes ?

L’événement, c’est l’exposition « Artistes et robots » au Grand Palais à Paris. Le domaine est intéressant, puisque c’est celui de l’art, autrement dit un trait distinctif de l’homme, non seulement sensible à la beauté, mais encore capable d’en créer sans autre but que l’émerveillement. On peut donc admirer des formes, des couleurs et même des sons générés par des ordinateurs et parfois aussi imprévisibles pour l’artiste que pour le spectateur.

Il n’empêche que la machine n’a créé ni son matériel ni son logiciel et qu’elle ne produit pas les données dont elle est nourrie. Elle échappe certes au contrôle humain direct dans son fonctionnement, mais foncièrement pas plus que la voiture qui se conduit toute seule : elle a besoin qu’on lui dise où elle va et ne s’inquiète pas de savoir pourquoi.

Dans le cas des « œuvres » dites « interactives », le spectateur-partenaire participe au jeu s’il y consent ; il y est nécessaire, mais la réciproque n’est pas forcément vraie : il peut partir, mais la machine ne manifestera de vexation que si elle n’a été programmée pour cela par son inventeur. En un mot, il y a là des moyens vis-à-vis desquels l’homme reste libre – pour autant qu’il fait usage de sa liberté.

Champions aux échecs mais piètres bricoleurs

Une expérience menée dans une université de Singapour confirme les limites de la technologie, cette fois dans un domaine purement pratique. Des chercheurs ont réussi à faire assembler par des robots des chaises Ikea dont les différents morceaux sont à emboîter et cheviller. Les robots ont mis deux ou trois fois plus de temps pour effectuer l’opération qu’il n’en faut à un individu normal et les pièces avaient été retirées de leur emballage. Il semble que ni la recherche ni des perfectionnements ne permettront d’améliorer sensiblement cette performance : les données à intégrer et traiter sont trop nombreuses quand il s’agit de faire preuve d’une dextérité immédiate et concrète et non plus de procéder à des calculs abstraits.

Les robots dotés d’intelligences artificielles peuvent battre des champions humains aux échecs ou au jeu de go, mais pas pour accomplir des tâches manuelles relativement simples. Il y a une bonne raison à cela. C’est que l’homme est capable d’improviser lorsqu’il se trouve face à une difficulté d’ordre « bêtement » matériel qu’il ne prévoyait pas, alors que la machine ne peut résoudre que les problèmes dont elle a préalablement enregistré l’éventualité et la solution. C’est ce sur quoi butent les concepteurs de véhicules sans chauffeur : comment ces engins réagiront-ils face à des obstacles sans précédent recensé ?

Réveiller les consciences

Est-ce à dire que les optimistes se trompent autant que les pessimistes et qu’il n’y a pas de souci à se faire ? Non ! Car l’homme peut aliéner sa liberté – et celle des autres – en se rendant dépendant des technologies à sa disposition.

On le voit bien déjà dans les possibilités – et donc les tentations – de trafiquer le commencement et la fin de la vie des personnes. On le voit aussi (entre deux, si l’on peut dire) dans l’accumulation par les grands opérateurs de données exploitables sur les utilisateurs d’internet et des réseaux sociaux, et dans l’asservissement de ces mêmes utilisateurs à leurs gadgets. On le voit encore dans la façon dont l’emploi n’est plus un droit mais repose sur le besoin d’auxiliaires humains qu’ont les machines pour optimiser leur rentabilité…

L’avenir sera façonné par les avancées technologiques uniquement dans la mesure où l’augmentation des moyens disponibles n’imposera pas des réponses toutes faites aux questions que l’homme, pour être libre, se pose sur sa propre raison d’être et ses fins, sur sa dignité et sa puissance aussi bien que sur ses fragilités et sa précarité. C’est un domaine où les religions ont leur mot à dire et où les chrétiens ne devraient pas être les derniers à éveiller ou réveiller les consciences.

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