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Cinq clés pour réussir à bien gérer sa colère au bureau

ANGRY WORK
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Une collègue qui vous humilie en public, ou votre patron qui vous traite injustement. En quelques secondes votre cœur s'accélère, la pression sanguine monte, votre souffle tourne court. Vous êtes en colère. Mais quelle est cette émotion qui prend contrôle sur vous et peut tout faire dégringoler ? Voici cinq clés pour réussir à bien la comprendre et la gérer au bureau.

Imaginez que vous organisez une réunion dans votre entreprise. Une collègue arrive en retard. Ce n’est pas la première fois. En plus, elle se permet de douter des objectifs du meeting avec une légèreté déconcertante. Vous êtes indignée et vous fulminez. Vous avez envie de couper court. Et, encore plus, l’envie de la remettre à sa place tout de suite et de lui dire à quel point vous trouvez son comportement peu professionnel et nocif pour l’équipe. Son traitement injuste envers vous est en réalité une des causes principales de la colère au travail, selon une étude d’Anger In the Work Place, réalisée en 2000 par l’Université de Psychologie Macquarie de Sydney.

Faites attention à ne pas déraper. La colère est mauvaise conseillère, elle peut faire des dégâts. Elle peut causer des blessures irréversibles et des ruptures violentes. Elle peut aller jusqu’à susciter des représailles ou des vengeances incontrôlables. Votre colère provoquera ainsi celle de l’autre. Les mots dépasseront alors vos pensées. Mais quelle est cette émotion qui peut tout faire dégringoler ?

La colère, l’opposée de l’amour

La colère est toujours provoquée par un événement. Elle est la réaction à un fait qui irrite, qui déçoit, qui meurtrit ou qui déplaît. Il y a une multitude de faits qui peuvent la déclencher. Une fois l’événement produit, il crée des émotions. D’une manière générale, la colère en rassemble plusieurs : la déception, les blessures, le rejet, la gêne et autres sentiments semblables. Elle nous dresse contre la personne, le lieu ou la circonstance qui a donné naissance au courroux. La colère est le sentiment opposé à l’amour.

Gary Chapman, conseiller familial américain reconnu, auteur de plusieurs bestsellers dans son ouvrage Comprendre et maîtriser la colère propose cinq étapes pour canaliser sa colère et en faire quelque chose d’utile. Mais avant tout, la première chose à faire c’est de la reconnaître honnêtement. Cette démarche peut sembler difficile, particulièrement pour les chrétiens auxquels on a enseigné que la colère était un péché. Ce n’est pourtant pas ce qu’indique l’apôtre Paul qui semble accepter la colère. Surtout, il exhorte à ne pas la transformer en faute :

« Si vous vous mettez en colère, ne péchez point; que le soleil ne se couche pas sur votre colère ». (Éphésiens 4, 26)

Voici les cinq étapes pour canaliser et bien gérer la colère :

1. Reconnaître honnêtement sa colère
C’est le premier pas qui permet de prendre de la distance avec sa colère. C’est celui qui vous permet de prendre contrôle sur elle. Si vous reconnaissez que vous êtes indignés, vous serez mieux à même de réagir positivement. Comment faire ? Gary Chapman conseille d’exprimer sa colère à haute voix. Dites clairement : « Oui je fulmine ! Comment vais-je réagir maintenant ? ». Prononcer ces mots, nommer l’émotion permet d’identifier le problème. Vous prenez conscience de votre irritation. Pourtant, vous faites déjà la différence entre la colère et l’action que vous devez entreprendre. Vous avez posé le décor pour raisonner votre colère au lieu de vous laisser simplement aller au gré de vos émotions ou de vous laisser contrôler par l’incontrôlable.

2. Sursoir à toute action immédiate
Il ne faut jamais réagir de façon prématurée. Tentez de freiner à tout prix votre impulsivité. Il s’agit de ne pas confondre temporisation et refoulement. Ici, il s’agit de renoncer à faire ce que vous feriez automatiquement sous le coup de la colère. Sous son impulsion, vous regretterez systématiquement toute parole ou toute action que vous ne pourrez pas effacer par la suite. Il est nettement préférable de mettre un frein à vos ardeurs pour ne jamais réagir dans le feu de l’action. Mais il ne s’agit pas de nier ou de taire la colère. Il s’agit de lui accorder une « trêve », limitée dans le temps. Celle qui vous donnera l’occasion de maîtriser vos émotions, de manière à aborder ensuite la difficulté dans une optique constructive.

3. Définir l’objet précis de la colère
Cette troisième étape s’accomplit grâce à la trêve que vous venez de vous accorder. Profitez de ce temps de réflexion que le bon sens vous impose pour cibler le point sur lequel se focalise votre colère. Le but est d’identifier précisément le mal commis par la personne contre laquelle vous tempêtez. Vous ferez alors la sélection entre les torts mineurs et les autres majeurs. Vous pourrez ainsi leur apporter une réaction appropriée. Réagir de la même façon à une broutille comme à une faute grave, c’est mal gérer la colère.

4. Passer en revue les différentes solutions
Il est maintenant temps de vous poser la question suivante. « Quelles sont les mesures à prendre ? » Des réponses qui vous viennent à l’esprit, laquelle est la meilleure ? Apprenez à tenir compte de deux conditions indispensables : que votre réaction soit constructive et qu’elle soit motivée par l’amour. Il y a des moments où la meilleure attitude consiste à reconnaître qu’une personne vous a fait du mal, mais que la confrontation ne fera pas avancer les choses. Dans d’autres situations, vous saurez que la communication est possible. Si chacun est à la portée de comprendre l’autre, l’explication complémentaire ou la confession de la faute commise ouvriront la voie à la réconciliation.

5. Envisager une action constructive
Si vous décidez une entrevue avec la personne à l’origine de votre colère, faites-le avec bienveillance et bonté. Tenez compte des explications qu’il vous fournit, car elles peuvent éclairer différemment ses actions et ses intentions. Si la personne reconnaît ses torts et vous demande pardon, pardonnez-lui.

 Pour aller plus loin :

Comprendre et maîtriser la colère

Comprendre et maîtriser la colère, Gary Chapman, Éditions Farel, février 2012, 218 pages, 17 euros.

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