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La crise de la quarantaine, de la blessure à la grâce

FORTY WOMAN
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Jacques Gauthier, auteur de l'ouvrage "La crise de la quarantaine", édité chez Fayard, parle de cette étape parfois difficile à vivre. Il est interrogé par Nathalie Calmé.

Nathalie Calmé : dans votre livre La crise de la quarantaine, vous écrivez que cette crise est une « occasion rêvée, car elle invite au changement et à l’intériorisation ». Parlez-nous de ce passage…
Peu de personnes échappent à la crise de la quarantaine, surtout dans nos sociétés modernes axées sur l’avoir, la réussite et la performance. Chacun vit à sa manière cette phase de transition qui s’étend environ de trente-cinq à quarante-cinq ans. On quitte progressivement les promesses de la jeunesse et on devient vraiment acteur de sa vie. L’enfance paraît lointaine et la mort plus proche. Cet âge est marqué par des bilans, des désillusions, des remises en question. L’heure est venue de faire une pause, d’être à la mi-temps, un peu comme les joueurs de football qui prennent un temps de repos au milieu d’un match pour se reposer et revoir leurs stratégies. La quarantaine est une crise de croissance, une occasion de grandir, malgré les déséquilibres et les peurs. Il faut donc profiter de l’opportunité d’être en crise, ne pas la fuir, et l’affronter avec réalisme.

Les symptômes de cette crise ne manquent pas : solitude, doute, manque de confiance, périodes de dépression, absence de plaisir à accomplir ce que l’on faisait normalement, indifférence devant la vie, ambivalence, besoin d’aventure et de changement, difficulté à savoir ce que l’on veut, ennui, conscience de la mort, grand besoin d’intériorité, nuit de la foi… Ces signaux touchent tous les niveaux de l’être : physique, psychique, social, professionnel, spirituel. Ils indiquent que des choses sont en train de changer. Pour certains, le passage est graduel, pour d’autres, il est immédiat.

En 1991, vous avez connu cette crise de la quarantaine. Comment l’avez-vous vécue et traversée ?
J’étais déçu par tout, affecté d’une morosité qui s’accompagnait d’une persistante sensation de désenchantement. De nature optimiste et volontaire, j’avais l’impression de ne plus me reconnaître, de ne plus habiter avec moi-même, de côtoyer l’absurde. Tout me fatiguait, surtout les autres. Je m’enfonçais dans une nuit obscure, un désert intérieur. Cette métamorphose me rappelait la période de l’adolescence avec ses changements physiques et ses sautes d’humeur. C’était un peu la même crise d’identité, à la différence que j’avais un passé à évaluer, donc plus d’expérience et de responsabilités. Dans un poème, écrit à cette époque, La mutation, je témoignais de ce bouleversement de mon être : « Et je reste là, en quarantaine, fidèle dans la métamorphose, cherchant l’équilibre seul, en enfantement d’une autre peau, dos à la lumière qui tremble ». J’ai écrit aussi une longue lettre à un ami, moine cistercien à l’abbaye d’Oka, près de Montréal, afin de partager mon désarroi et ma solitude devant l’éclatement de mes repères. Ce cri du cœur fut, à mon insu, la genèse de mon livre. Je lui parlais de la nature spirituelle de ce que je vivais, de la quête de sens qui s’y jouait. A travers ma sécheresse spirituelle et mes questions, mon correspondant a décelé une crise mystique. Il me dit que c’était une des plus belles grâces de ma vie, puisque cela m’embellissait intérieurement. Ma foi se purifiait au contact du Dieu vivant qui était à l’œuvre en ouvrant mon cœur et en me délivrant de mes illusions. Ce point de vue d’un croyant me semblait juste. Mais il fallait d’abord que j’exprime mon mal-être, que je tienne bon en ne fuyant pas dans le divertissement, que j’accepte mes limites comme le lieu de ma rencontre du Dieu d’amour.

Lire la suite sur le blogue de Jacques Gauthier.

La crise de la quarantaine - Jacques Gauthier

La crise de la quarantaine, Jacques Gauthier, Collection Guide Totus, novembre 1999, 12 euros.

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