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Le diable n’est pas un mythe, il existe !

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Kotroz | Shutterstock

Isabelle Cousturié ✝ - publié le 10/04/18 - mis à jour le 02/04/24

Dans son exhortation apostolique Gaudete exsultate, le pape François met en garde contre les assauts du démon et la tendance à sous-estimer son action, voire à ne pas croire à son existence.

Lutter contre le diable, pour un chrétien, ne demande pas seulement un combat permanent “contre le monde et la mentalité mondaine” qui “trompe”, “abrutit” et rend l’homme “médiocre”, dépourvu “d’engagement et sans joie”, explique le pape François dans sa nouvelle exhortation apostolique Gaudete et exsultate. Ce n’est pas non plus un simple combat “contre sa propre fragilité et contre ses propres inclinations (paresse, luxure, envie, jalousie …). Il y a plus encore… Il y a la lutte incessante contre “le pouvoir malin” qui “rôde parmi nous” comme “un lion rugissant cherchant qui dévorer” (1P 5, 8) et devant lequel le chrétien ne saurait baisser la garde au risque que celui-ci ne profite d’un moment d’inattention “pour détruire notre vie, nos familles et nos communautés”, les empoisonnant “par la haine, par la tristesse, par l’envie, par les vices”.

Contre le déni

“Ne pensons pas que c’est un mythe, une représentation, un symbole, une figure ou une idée”, exhorte le pape François. Le diable existe bel et bien, il est le “prince du mal”, et “il faut de la force et du courage” pour résister à ses tentations. C’est un combat permanent. La Parole de Dieu est claire sur ce point, quand elle invite à “résister aux manœuvres du diable” (Ep 6, 11) et à éteindre “tous les traits enflammés du Mauvais” (Ep 6, 16). Ce ne sont pas “des paroles romantiques”, c’est la réalité. Et “celui qui ne veut pas le reconnaître se trouvera exposé à l’échec ou à la médiocrité”, met en garde le Pape.

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Ne pas admettre l’existence du diable, c’est s’évertuer à “regarder la vie seulement avec des critères empiriques et sans le sens du surnaturel”, et ne pas voir toute “la force destructrice” dont il est capable. Oui, au temps de Jésus, “on pouvait confondre, par exemple, une épilepsie avec la possession du démon”, reconnaît le Pape en allusion aux limites des auteurs bibliques pour exprimer certaines réalités, mais “cela ne doit pas nous porter à trop simplifier la réalité en disant que tous les cas rapportés dans les Évangiles étaient des maladies psychiques et qu’en définitive le démon n’existe pas ou n’agit pas”.

Le Notre Père, l’arme principale

La présence du diable est évoquée dès la première page des Écritures, qui se concluent avec la victoire de Dieu sur le démon. De fait, poursuit le Pape, “quand Jésus nous a enseigné le Notre Père, il a demandé que nous terminions en demandant au Père de nous délivrer du Mal”. Pas d’un mal abstrait mais “d’un être personnel qui nous harcèle” : le Malin. Et si Jésus enseigne à demander tous les jours cette délivrance, c’est pour que nous ne relâchions pas notre attention et que son pouvoir “ne nous domine pas”. Pour mener à bien sa lutte contre le démon,  le chrétien a toutes les armes que le Seigneur lui donne : la foi qui s’exprime dans la prière, la méditation de la parole de Dieu, la célébration de la messe, l’adoration eucharistique, la réconciliation sacramentelle, les œuvres de charité, la vie communautaire et l’engagement missionnaire.

Personne ne résiste s’il reste au point mort, s’il se contente de peu, s’il cesse de rêver de faire au Seigneur un don de soi plus généreux. Encore moins, s’il tombe dans un esprit de défaite.

Sur le chemin qui conduit tout chrétien vers la sainteté, “le progrès du bien, la maturation spirituelle et la croissance de l’amour sont les meilleurs contrepoids au mal”, explique alors le Pape. “Personne ne résiste s’il reste au point mort, s’il se contente de peu, s’il cesse de rêver de faire au Seigneur un don de soi plus généreux. Encore moins, s’il tombe dans un esprit de défaite”, car “celui qui commence sans confiance a perdu d’avance la moitié de la bataille”. Gare aussi à ceux qui ont le sentiment de ne pas commettre de fautes graves contre la Loi de Dieu, “ils peuvent tomber dans une sorte d’étourdissement ou de torpeur” qui finira par les affaiblir et les faire tomber peu à peu dans la “corruption spirituelle”. Une corruption “pire que la chute d’un pécheur”, souligne le Pape, car il s’agit d’un “aveuglement confortable et autosuffisant où tout finit par sembler licite : la tromperie, la calomnie, l’égoïsme et d’autres formes subtiles d’autoréférentialité, puisque « Satan lui-même se déguise en ange de lumière” (2 Co 11, 14).

Un juste discernement

Comment savoir si une chose vient de l’Esprit saint ou si elle a son origine dans l’esprit du monde ou dans l’esprit du diable ? Le seul moyen, explique le Pape, c’est le discernement, “un don qu’il faut demander… avec confiance au Saint-Esprit “et développer par la prière, la réflexion, la lecture et le bon conseil. Tout particulièrement quand apparaît une nouveauté dans notre vie, mais également quand arrive le contraire, parce que les forces du mal, conclut le Pape dans une dernière recommandation, “induisent à ne pas changer, à laisser les choses comme elles sont, à choisir l’immobilisme et la rigidité”, on met alors le souffle de l’Esprit dans l’impossibilité d’agir.

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