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« Par la mort, la famille ne se détruit pas, elle se transforme »

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Fra Angelico, Le Jugement dernier
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C'est par ces mots que débute la prière du Père dominicain Antonin Sertillanges (1863-1948) pour les familles en deuil. Il y laisse entrevoir une vision de la mort emplie d’espérance. Celle d’une page qui se tourne, mais une page qui appartient au même grand livre qu’est la vie éternelle. Celle d’une unique maison, celle de Dieu, habitée à l’étage supérieur par les défunts, et à l’étage inférieur par les vivants, et dont les appels se répondent.

Antonin-Gilbert Sertillanges (1863 – 1948) est un prêtre dominicain français, philosophe moraliste de renom. Il est principalement connu pour ses études sur Saint Thomas d’Aquin. Dans une de ses prières, il présente la mort non pas comme une absence, mais comme une présence, certes discrète, mais pleine et entière, qui fait se rejoindre les morts et les vivants en la personne de Dieu. C’est en cela qu’une famille ne « perd » pas un membre à cause de la mort, mais qu’elle se modifie. Sur la Terre comme au Ciel, les membres d’une même famille continuent d’exister, restent unis et tissent d’autres liens que les liens terrestres. Ils appartiennent tous à la même « maison de famille » qu’est Dieu le Père, les uns à l’étage supérieur, les autres à l’étage inférieur, mais tout communique, « si nous le voulons bien ».

« Par la mort, la famille ne se détruit pas, elle se transforme, une part d’elle va dans l’invisible. On croit que la mort est une absence, quand elle est une présence discrète. On croit qu’elle crée une infinie distance, alors qu’elle supprime toute distance, en ramenant à l’esprit ce qui se localisait dans la chair. Que de liens elle renoue, que de barrières elle brise, que de murs elle fait crouler, que de brouillard elle dissipe, si nous le voulons bien. Vivre, c’est souvent se quitter ; mourir, c’est se rejoindre. Ce n’est pas un paradoxe de l’affirmer. Pour ceux qui sont allés au fond de l’amour : la mort est une consécration, non un châtiment…. Au fond, personne ne meurt, puisqu’on ne sort pas de Dieu. Celui qui a paru s’arrêter brusquement sur sa route, écrivain de sa vie, a seulement tourné la page. Plus il y a d’êtres qui ont quitté le foyer, plus les survivants ont d’attaches célestes. Le ciel n’est plus alors uniquement peuplé d’anges, de saints connus ou inconnus et du Dieu mystérieux. Il devient familier, c’est la maison de famille, la maison en son étage supérieur, si je puis dire et du haut en bas, le souvenir, les secours, les appels se répondent. Ainsi soit-il. »

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