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Comment préserver l’amitié pendant la maternité ?

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Au lieu de recevoir un certain enthousiasme, l’annonce d’une maternité peut provoquer des sentiments inattendus. Colère, jalousie ou rancoeur peuvent se développer et entraver une belle amitié. Découvrez les clés pour préserver ses amies pendant la maternité.

Au cours d’une grossesse ou dans les premiers mois après la naissance d’un enfant, un certain décalage peut s’installer avec ses amies, même les plus proches. La complicité n’est plus la même, les discussions moins intenses et l’envie de se voir moins fréquente. Pourquoi ce fossé se crée ? Comment se rapprocher de ses amies et préserver cette amitié ? Brigitte Allain-Dupré, psychanalyste jungienne et auteure de S’affranchir de ses dépendances affectives (éditions Leduc.s) nous livre ses explications.

Aleteia : pourquoi une femme enceinte peut paraître en décalage par rapport à ses amies ?
Brigitte Allain-Dupré : La maternité provoque chez la femme un bouleversement. Elle est à l’écoute de ce qui se passe dans son corps : ses envies, ses craintes pour son bébé. C’est un sentiment très intime. Surtout au début de la grossesse, elle a un besoin de retrait psychologique et amical. Dans une société où tout est dehors, exposé à la vue de tous, la grossesse amène à la discrétion.

C’est donc normal de vouloir s’isoler ?
La relation entre deux copines très proches qui se distend au cours de la maternité s’inscrit dans une normalité. C’est un réflexe de prendre ses distances, c’est un phénomène naturel.

Pourquoi notre maternité peut être mal vécue par les autres ?
Dans une relation amicale, les deux jeunes femmes forment un miroir. Elles s’identifient l’une à l’autre. Si tout à coup l’une évolue ou qu’une différence apparaît, il se crée une fissure. Selon les cas, la maternité de l’autre est vécue autrement. Parmi vos amies, il y en a peut-être qui ont déjà des enfants plus grands. Elles peuvent éprouver une nostalgie de ce temps où le bébé est si mignon, où tout semble facile. Plus douloureux, une maternité peut faire émerger chez l’autre une crainte de ne pas pouvoir avoir d’enfant.

Comment rebondir face à une déception amicale ?
L’amitié est un amour chaste mais très intense. Il est beaucoup plus fragile que la haine et la moindre modification peut avoir des répercussions. La parole est très importante dès qu’il y a une prise de distance. Si elle est difficile, un petit don réouvre des possibilités. Une petite attention, un clin d’oeil, etc. déclenche un premier appel. On peut aussi accompagner la future maman en lui offrant des choses faites à la main, beaucoup plus symboliques. De l’autre côté, le fait de choisir une amie pour devenir la marraine de son bébé, par exemple, la réengage dans cette vie. Il ne faut pas oublier que cette personne avec qui on est en difficulté, on a été beaucoup ensemble, peut-être même trop… La solidarité est toujours là.

La femme a t-elle besoin d’être entourée pendant sa grossesse ?
À l’origine, la femme enceinte était entourée par ses tantes, sa mère, ses soeurs, etc. Au moment de la délivrance, elles accouraient toutes. L’accompagnement, l’entourage, surtout à la fin de sa grossesse, est naturel. Entre jeunes femmes, la liberté de paroles est grande, beaucoup plus intimes qu’entre garçons. Elles ont depuis toujours des « histoires de filles » à se raconter. C’est un tissu relationnel important et un contenant affectif, identitaire fort.

Quelques pistes pour préserver l’amitié :

1. Continuer à se trouver des point communs avec ses amies

Si parfois la vie nous éloigne, il est primordial de garder des points communs avec ses amies. Des souvenirs passés, des expériences vécues peuvent être le point de départ d’une complicité. Même si notre attention est un peu détournée par ce bébé à venir, en prenant du recul on s’aperçoit que la vie continue. Les goûts et les envies, s’ils ont évolué pour certains, d’autres restent inchangés.

2. Préserver un temps pour ses amies

Juste après la naissance et dans les premiers mois d’un bébé, l’organisation est un mot clé. Le temps nous fait souvent défaut et ce nouveau rythme n’est pas toujours simple à trouver. Chacun doit prendre ses repères. Dans ce cocon, on oublie trop souvent d’accorder du temps à ses amies. Un café, un déjeuner chez l’une ou chez l’autre ou une balade peuvent être l’occasion de se voir et de partager un moment. Préserver une discussion est aussi une façon de ne pas couper le lien et de pouvoir continuer à se confier, à partager ses inquiétudes.

3. Se voir aussi sans les enfants

Un peu plus compliqué dans les premiers mois d’un bébé, on peut essayer de s’accorder un temps avec ses amies, même s’il est court, sans les enfants. Ce tête à tête permet d’avoir un dialogue de qualité, sans être perturbée. Plus tard, on ose aussi confier son bébé à quelqu’un de proche pour prendre quelques jours de repos salvateurs. Cela peut être l’occasion d’une retraite spirituelle entre amies, par exemple.

4. Relativiser sur la crise

Comme toute relation, l’amitié vit des hauts et des bas. Ces épreuves peuvent être surmontées ensemble à condition de s’y préparer et d’apaiser les tensions quand elles sont présentes. Il est aussi important de se rappeler que la crise est passagère et que ces difficultés permettent de faire évoluer le lien entre les deux amies.


Pour aller plus loin :

© éditions Leduc.s

S’affranchir de ses dépendances affectivesBrigitte Allain-Dupré, éditions Leduc.s, mars 2017, 216 pages, 17 euros. 

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