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« Arnaud Beltrame joignait à ce dévouement de soldat la foi d’un chrétien prêt à entrer dans la Semaine sainte »

BISHOP PLANET
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Mgr Alain Planet, évêque de Carcassonne et Narbonne, a célébré la messe des Rameaux ce dimanche dans l’église Saint-Étienne de Trèbes (Aude). Il a rendu hommage aux victimes des attentats et a souligné le dévouement du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame.

« Une vie donnée ne peut être perdue, elle transcende le malheur pour nous rassembler dans l’unité ». Ce dimanche, les mots de Mgr Alain Planet, évêque de Carcassonne et Narbonne, ont résonné dans le cœur de chaque personne venue assister à la messe des Rameaux, à Trèbes. C’est dans une église pleine que le prélat a célébré la liturgie des Rameaux qui « nous fait entrer dans le mystère du Seigneur Jésus, crucifié, mis au tombeau ».

« C’est d’abord à vous les victimes que je veux m’adresser : vous avez connu l’angoisse, vous avez vécu l’insoutenable, vous revenez de la mort. Vous avez perdu un être aimé et la violence de cette mort, son insoutenable injustice accroissent votre deuil », a-t-il déclaré au début de la célébration. « Je salue les représentants des forces de l’ordre, je leur dis notre admiration et notre reconnaissance. Nous partageons votre douleur. Je salue nos frères musulmans de Trèbes et de Carcassonne qui ont voulu venir partager notre peine. Votre présence nous dit que les fauteurs de haine ne gagneront pas. Avec vous nous mettons notre confiance en Dieu le Clément et le Miséricordieux qui nous relèvera des morts au jour de la résurrection. Enfin, à tous les citoyens de Trèbes, aux frères chrétiens, aux catholiques de la paroisse de la Sainte-Trinité-en-Alaric, je viens dire toute la sympathie de toute l’Église catholique en Pays d’Aude qui ce matin nous est profondément unie. »

Retrouvez en intégralité l’homélie qu’il a prononcé ce dimanche 25 mars dans l’église Saint-Étienne de Trèbes.

Le texte de la Passion que l’on vient de nous lire est d’une violence inouïe. Nous l’avons vu, nous avons entendu, ce moment terrible. Nous l’avons retrouvé livré aux mains de manipulateurs politiques, de bourreaux sadiques et meurtriers. Pourtant il croise Simon qui, dans tout ce malheur, se fait secourable tandis que des soldats essaient d’apaiser sa douleur par ce breuvage qu’ils croient analgésique. Cette angoisse de la mort qui vient, vous êtes plusieurs à l’avoir vécue, tandis que d’autres, comme les femmes de l’Évangile, vivaient l’angoisse impuissante devant l’épreuve d’un être aimé dans l’incertitude de l’issue. L’évangéliste Marc nous dit — et ce n’est pas pour rien — que Jésus meurt à la place de Barrabas que Pilate a timidement essayé de lui substituer. L’évangéliste Jean — et c’était le passage proposé à notre prière des communautés catholiques vendredi dernier — nous rapporte cette phrase du grand Prêtre, où il voit le sens de la Passion de Jésus : « Il vaut mieux qu’un seul meure pour le peuple et que la nation ne périsse pas » et l’évangéliste ajoute : « et ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés ». Au milieu de la terrible épreuve de vendredi, un homme s’est substitué à une victime et l’a payé de sa vie. Lorsque je rédigeais, accablé, ma déclaration, au soir de ce jour terrible, je m’étais contenté d’évoquer « l’exemple du parfait dévouement », saluant cette abnégation propre aux soldats prêts à donner leur vie pour la patrie et leurs concitoyens. Je sais aujourd’hui par les témoignages nombreux que j’ai reçu que le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame joignait à ce dévouement de soldat la foi d’un chrétien prêt à entrer dans une Semaine sainte. Ceux qui ont évoqué à son sujet la figure de saint Maximilien Kolbe, même s’il s’agit de circonstances différentes, ont compris quelque chose de son acte. Saint Paul, à l’instant, citant peut-être une hymne de l’Église de Philippe des années cinquante de notre ère, nous révélait le cœur de la Passion du Christ : une descente vertigineuse, un évidemment de soi pour nous rejoindre au cœur même de notre souffrance, et jusqu’à la mort la plus injuste, pour nous communiquer sa vie qui nous relèvera de notre propre mort. Jésus sait ce qu’a écrit de lui le prophète Isaïe et il le prend à son compte : « Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours, c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages… je sais que je ne serai pas confondu ». La lecture de la Passion se terminait sur les femmes observant le tombeau. Aujourd’hui nous sommes comme elles. La violence a tué notre espoir, notre vie a été ravagée, la douleur nous étreint et nous nous heurtons à la froide réalité de la mort plus lourde que la pierre du tombeau. Oserai-je vous inviter à aller plus loin ? Nous les retrouverons, ces femmes, à la Veillée pascale, retournées au tombeau, encore enfermées dans leur deuil, portant d’inutiles parfums. Soudain sidérées par la pierre roulée, le tombeau vide et un messager leur donnant rendez-vous dans ce pays multiculturel et un peu interlope de la Galilée où le Vivant les attend. C’est ce que les chrétiens voudraient vous dire : une vie donnée ne peut pas être perdue, elle transcende le malheur pour nous rassembler dans l’unité, elle nous appelle à croire en la vie plus forte que la mort, à l’espérance dont notre fraternité sera le signe.

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attentat
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