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L’étonnant destin de Turibe de Mogrovejo, missionnaire infatigable

© MNBAArgentina CC
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Au Pérou, l'œuvre de Turibe de Mogrovejo, un jeune magistrat espagnol du XVe siècle, suscita une floraison de sainteté laïque unique dans l’histoire de l’Église. On le fête le 23 mars.

Il n’y a pas eu missionnaire plus tenace et infatigable que Turibe de Mogrovejo, jeune noble espagnol devenu évêque malgré lui au Pérou. À son arrivée dans le pays, en 1580, l’Église est dans un triste état. Beaucoup de prêtres soutirent de l’argent aux pauvres et mènent une vie indigne. Comment lui, si jeune, pouvait-il faire face à telle situation ? Mais le roi d’Espagne, Philippe II, profondément chrétien, savait ce qu’il faisait en allant le chercher au fin fond de Grenade. Magistrat à 39 ans au tribunal inquisitorial de Grenade, Turibe de Mogrovejo (1538-1606) a élevé la justice et la charité à un tel degré que le roi trouve là sa justification : Turibe est déjà un « saint », il partira au Pérou à la place de l’évêque de Lima qui vient de mourir et qu’il considérait comme un « vrai serviteur de Dieu ». De lui, se promet-il, dépendra toute la réussite de l’évangélisation de l’Amérique latine.

Le roi d’Espagne, Philippe II, n’a en effet pas l’habitude de négliger « les affaires de Dieu », et il s’y connaît en sainteté, lui qui a tout de suite discerné celle de sainte Thérèse d’Avila et celle de Jean de la croix, lui qui les a aidés et leur a offert sa protection pour les soustraire aux persécutions dont le pouvoir ecclésiastique les poursuivait.

Réformateur…

Après avoir refusé, Turibe finit par céder à la volonté royale et en quelques semaines, il reçoit le diaconat et le sacerdoce. Dès son arrivée à Lima, il fait le tour de son diocèse — grand comme trois fois la France — à dos de mule pour accéder aux lieux les plus reculés. Une année entière pour prendre acte des pratiques honteuses qui affligent les populations autochtones entretenues dans la misère et l’analphabétisme par les colons, et y remédier.

Turibe n’y va pas par quatre chemins : les prêtres font défaut mais il en destitue une dizaine sans délai pour « indignité de vie ». Et il prévoit une sanction automatique et immédiate pour tous ceux qu’il voit ou apprend qu’ils « servent à la foi Dieu et l’argent ». Ce sera l’excommunication majeure, sanction qui expulse le prêtre de l’Église par la seule constatation des faits, sans qu’il soit besoin d’une procédure.

… et bienfaiteur

L’évêque est critiqué, menacé, mais il tient bon et sa réforme portera ses fruits. Il fonde des séminaires dont celui de Lima, le premier séminaire de l’Amérique latine, construit des églises et des écoles, réunit des synodes. Pour les indiens, il crée une contribution sociale administrée par des « caisses de communauté » afin de pourvoir à la construction et à l’entretien d’hôpitaux de proximité. Aux premières tentatives de détournements de fonds par les gouverneurs, il fait saisir leurs maisons et les transforme en hôpitaux. Autant de démarches faites avec le soutien de Philippe II, et sans jamais se plaindre.

Pendant les quatorze années de son épiscopat, il parcourt quarante mille kilomètres et va à la rencontre des Indiens. Afin de pouvoir leur parler, il apprend leurs langues. Il a également élaboré un catéchisme rédigé en espagnol, en quechua et en aymara. De quoi instruire dans la foi des millions de personnes au cours des siècles. L’œuvre de Turibe suscita au Pérou ce qu’on a appelé « le grand siècle religieux », marqué par une floraison de sainteté laïque unique dans l’histoire de l’Église. Rose de Lima, Martin de Porres, Jean Masias et Marie-Anne de Paredes sont ses enfants spirituels. En 1983, Jean Paul II a fait, de ce grand acteur de la première évangélisation du Nouveau Monde, le saint patron des évêques d’Amérique latine.

Source : Le livre des Merveilles

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