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Le silence de saint Joseph inspire les artistes depuis toujours

ST JOSEPH
Public Domain
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Ancien directeur de l’École du Louvre qu’il a dirigée pendant 24 ans, Dominique Ponnau est un amoureux de la peinture. Il aime à contempler les images qui, selon lui, sont essentielles car elles sont là pour nous faire approcher une Vérité plus grande qu’elles. Pour Aleteia, il revient sur son dernier livre dans lequel il nous invite à une promenade "dans les jardins du mystère de saint Joseph", saint qu’il chérit particulièrement.

Aleteia : Qu’est-ce qui vous touche particulièrement chez saint Joseph ?
Dominique Ponnau : J’ai toujours été très ému par la profondeur inégalée du silence de Joseph et sa très grande humilité. Il y a chez Joseph ce paradoxe immense de l’éloquence d’un homme qui se tait. Si saint Jean-Baptiste, autre homme de silence que j’affectionne beaucoup [1], est celui qui crie dans le désert pour annoncer la venue du Seigneur, Joseph, lui, ne dit rien ; il est ce désert silencieux. Il nous fait rentrer dans l’absolu silence.

N’y a-t-il pas un danger à écrire sur un homme dont l’éloquence est le silence ?
Effectivement, parler de Joseph, dont aucun des Évangiles ne relate une seule parole, même à son fils, est un paradoxe extrême et périlleux. De quel droit parler de cet infini silence ? Je pense qu’il faut voir en Joseph celui à qui Dieu a confié son extrême silence. Si Jésus, le fils de Dieu, s’adresse aux hommes, Dieu le père se tait, lui aussi. En quelque sorte, Joseph est le reflet terrestre du silence du Père. C’est pourquoi je l’appelle « l’ombre de l’Invisible. » Il vit sa propre vie toujours dans l’ombre analogue à l’invisibilité de Dieu. Et combien d’œuvres d’art ont signifié ce silence divin de saint Joseph…

Cette image de Joseph comme reflet du silence de Dieu donne au père terrestre de Jésus une grandeur, une profondeur qui va au-delà de toute expressivité. Joseph est l’homme qui reçoit et qui accueille, dans une profonde humilité, gratuitement. Pour approcher cela d’une manière tâtonnante, avec notre compréhension d’homme, il faut considérer Joseph comme l’âme la plus monastique qui soit. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que sainte Thérèse d’Avila l’a déclaré patron de la réforme du Carmel !

Parmi les nombreuses œuvres que vous commentez, y en a-t-il une qui vous est particulièrement chère ? Pourquoi ?
Il est toujours difficile de choisir… Je citerai La Sainte Famille, anciennement appelée Le Bénédicité, de Charles Le Brun, aujourd’hui conservée au Louvre, réalisée pour l’autel de la chapelle des Charpentiers à l’Église Saint-Paul de Paris, détruite à la Révolution. Je trouve cette scène magnifique, notamment pour le regard profondément respectueux et tendre que Jésus, enseignant à ses parents le mystère de la Trinité, porte sur son père terrestre, qui en retour, l’écoute attentivement.

Découvrez ici une sélection des œuvres commentées par Dominique Ponnau dans Saint Joseph ou la vérité du songe :

 

 


[1] Dominique Ponnau a également consacré un livre à saint Jean-Baptiste et à ses représentations : Jean-Baptiste, la gloire de l’effacement, Paris, Salvator, 2015.

 

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