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François Brunatto : « Mon père, premier fils spirituel de Padre Pio »

Le père de François Brunatto a été un des premiers fils spirituel du capucin stigmatisé.
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En marge de la visite ce 17 mars du pape François à San Giovanni Rotondo, la ville où le Padre Pio a passé sa vie, Aleteia s’est entretenu avec François Brunatto présent sur place pour assister à la venue du pontife. Son père, fils spirituel du capucin stigmatisé, a été un témoin privilégié de sa sainteté.

Aleteia : Comment définir le lien qui vous unit au Padre Pio ?
François Brunatto : C’est un lien que je qualifierais de doublement filial puisque mon père, Emanuele Brunatto, avait un rapport très personnel avec le saint capucin, jouissant d’une grande proximité de cœur avec lui. Pour ma part, depuis 2009, j’ai fait une rencontre avec le Padre Pio un peu comme mon père l’a fait à son époque.

Comment s’est déroulé la rencontre de votre père avec le saint capucin ?
Mon père a été converti au moment même où il l’a rencontré. Pour lui cela a été une évidence : il a cru immédiatement en lui et s’est laissé guider par lui jusqu’au Christ. Ensuite, comme pour de nombreuses personnes qui ont rencontré le Padre Pio, cela s’est déroulé lors d’une confession. Une confession entière au cours de laquelle la grande humanité du saint stigmatisé s’est révélée. Emanuele Brunatto a littéralement été nettoyé de son passé. Avant de se rendre à San Giovanni Rotondo, mon père avait eu en effet une vie pour le moins turbulente. C’est la raison pour laquelle il s’est toujours considéré comme le plus grand pécheur converti par Padre Pio. C’est une conversion fulgurante et complète. A tel point que le Padre Pio lui demandera de vivre trois ans à ses côtés. Il s’est s’installé en tant que laïc au sein de la communauté, dans la cellule voisine du saint capucin. A partir de là sont nés des liens de cœur extrêmement forts entre le saint et le “publicain“, comme s’était surnommé Emanuele Brunatto. D’autant que seulement cinq ans les séparent. Il représentait pour lui un père, un frère, un ami. C’était un véritable fils spirituel du Padre Pio.

Emanuele Brunatto a toujours conservé ce rapport intime avec le Padre Pio ?
Oui même lorsque mon père s’est rendu à Paris, cette dévotion ne l’a jamais quitté. Pendant la guerre il a rencontré à de nombreuses reprises le nonce apostolique Angelo Giuseppe Roncalli, le futur Jean XXIII. Il s’est entretenu à priori sur la question du Padre Pio. Le cardinal Roncalli notait tous ses rendez-vous dans un carnet. Pour mon Père il écrivait l’un de ses pseudonymes “Emmanuel de Pio“, bien qu’il connaissait sa véritable identité. Je suppose que c’était aussi une façon de définir le contenu de leurs échanges.

Des fils spirituels, le padre Pio en a eu beaucoup, qu’est-ce qu’Emanuele Brunatto a de particulier ?
Il a rencontré le Padre Pio en mars 1920, le padre Pio a les stigmates depuis septembre 1918. Il est donc son tout premier fils spirituel. Le saint n’était encore qu’un inconnu et n’avait pas le rayonnement qu’il a connu à partir des années 1950. Emanuele Brunatto est aussi le seul qui a séjourné durablement aux cotés de lui. Lorsqu’il a quitté le couvent, mon père a écrit : « J’embrasserai la terre où il passe, car là où il chemine, chemine le Christ ». Cela signifie qu’il a senti en son âme cette sainteté rayonner et a alors décidé de se battre bec et ongle contre tous ceux qui en voulaient à son père spirituel.

Qui sont en premier lieu ceux qui s’en prennent au capucin ?
Au départ un certain clergé local, à la vie sacerdotale quelque peu dévoyée, jaloux que le Padre Pio attire à lui leurs propres fidèles. Le capucin les remettait dans le droit chemin en leur redonnant la foi et en les purifiant. C’est ce qu’il a fait avec des quantités phénoménales de personnes, croyantes ou non, il les replaçait sur la voie de la sainteté.

Comment s’y prenait-il ?
Le padre Pio ne prêchait pas, son outil principal était le confessionnal. Les rencontres étaient donc intimes. C’est l’oreille contre la grille qui entend un mot réconfortant, plein de miséricorde : un véritable cœur à cœur.

Quand les persécutions ont-elles cessées ?
Les persécutions ne vont s’interrompre que pendant le pontificat de Pie XII, qui aimait beaucoup le Padre Pio. Avant cela, le saint stigmatisé a été cloîtré dans son couvent. Il ne pouvait plus célébrer la messe en public ni même confesser. Cela a donné l’occasion à mon père de lui servir la messe tous les jours en privé. Mon Père raconte dans ses écrits que la célébration pouvait alors durer toute la matinée.

Et après le pontificat de Pie XII ?
Les persécutions ont repris de plus belle. Notamment dans sa propre communauté, extrêmement endettée. Certains capucins ont réclamé une partie de l’argent destiné à la Casa Sollievo della sofferanza, dont le Padre Pio a été à l’origine. Le saint s’y est farouchement opposé. Cela a été une période très mouvementée pour lui jusqu’en 1962, quand il a demandé à un proche d’aller “chercher Brunatto“… Mon père s’est alors rendu depuis Paris à Rome pour s’entretenir avec le cardinal Alfredo Ottaviani, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Tous les capucins qui avaient des responsabilités à San Giovanni Rotondo ont été limogés quelques temps après. L’étau s’est aussitôt desserré autour du Padre Pio. Mon père s’est éteint seulement trois ans après. Pour moi, parler des persécutions du Padre Pio aujourd’hui ce n’est pas raviver la flamme mais c’est rendre justice au poids de sa croix et à sa sainteté.

Propos recueillis à San Giovanni Rotondo par Arthur Herlin

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