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Saint-Philibert et sa discrète chapelle au décor enchanteur

© Jean-Pierre Perroud
Intérieur de la chapelle Saint-Philibert
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Au cœur du Morbihan loin de l'agitation de la Trinité-sur-Mer — connue pour son port et ses compétitions nautiques — se cache la petite commune de Saint-Philibert, havre de paix où se côtoient résidents à l'année et vacanciers en quête de tranquillité.

Tournée vers la mer, Saint-Philibert est connue pour son activité ostréicole qui en a fait sa renommée. Son autre atout est sans conteste ses sentiers côtiers où les promeneurs peuvent admirer la beauté du front de mer. Au fil du circuit, Saint-Philibert livre un autre trésor cher aux habitants : une discrète petite chapelle située au bord d’une rivière éponyme.

Dédiée à Saint-Philibert, cette chapelle fut construite en 1648 à l’époque où la commune, qui n’était qu’un petit hameau, dépendait encore de Locmariaquer, un bourg voisin. Elle obtint son indépendance en 1870 et fut alors érigée en paroisse. Actuellement en forme de croix latine, l’église ne possédait à l’origine qu’une unique nef centrale, à l’image des maisons de pêcheurs rencontrées dans la région. Au fil du temps, l’église devenue trop petite fut agrandie pour accueillir plus de paroissiens. On lui flanqua alors les deux bras du transept. Restaurée par deux fois, en 1773 et en 1785, elle fut à nouveau agrandie en 1954 au niveau du transept nord.

© Abel Garnier
Chapelle de Saint-Philibert, Morbihan.

Une apparente sobriété

À l’origine entièrement recouverte de crépis à la chaux — comme les maisons alentours — la mode de la « pierre apparente » la déshabilla de son crépis protecteur, laissant alors apparaître les belles pierres typiques de la région. Sans fioritures, les façades extérieures sont très sobres, seul le petit clocher en forme de cheminée vient agrémenter l’édifice. Si sa sobriété apparente laisse supposer une simplicité équivalente à l’intérieur, il n’en est rien. Saint-Philibert cache un décor étonnant !

Intérieur de la chapelle Saint-Philibert.

À peine entré, on est immédiatement frappé par la voûte bleue recouverte d’étoiles et les ex-voto qui y sont accrochés. Un décor splendide qui laisse sous le charme. Au centre, un grand retable baroque richement décoré du XVIIe -XVIIIe siècle, réalisé en tuffeau par des artistes venus de Laval et d’Angers, habille le fond du chœur. Agrémenté de quatre grandes colonnes en marbres noirs à chapiteaux corinthiens surmontées de deux frontons, il accueille, dans sa niche centrale, une statue de saint Philibert habillé en évêque. Le saint est à nouveau représenté dans le grand tableau central, plus tardif, réalisé au cours du XIXe siècle. On le voit débarquant dans la rivière, sur une auge en pierre, après avoir navigué depuis l’Irlande pour évangéliser les habitants. De part et d’autre du tableau, deux grandes niches accueillent deux statues, non contemporaines du retable : sainte Anne apprenant à lire à Marie enfant (XVIe siècle) et la Vierge portant l’Enfant-Jésus (XIXe siècle).

La mer pour passion

En levant la tête, on aperçoit quatre ex-voto suspendus à la croisée du transept. Pour les admirer, rien de mieux que de grimper aux deux petites tribunes installées dans chaque bras du transept, dont la couleur bleue fait joliment écho à la voûte céleste. À l’origine, la chapelle possédait trois ex-voto : « le Saint-Philibert », un thonier d’Etel de 1962, un brig-goélette et un quatre-mâts barque. Hélas, ces trois bateaux ont été dérobés le 28 octobre 1989.

© Sylvain Le Lepvrier / sylvainlelepvrier-photographe.fr

Grâce à Vincent Bernard, saint-philibertin et passionné de bateaux, de nouvelles maquettes ont pu être réalisées. En 1991, il construit le « Gloire », une réplique d’un bateau de guerre de Lorient doté de 30 canons ainsi qu’un thonier de Groix sur un modèle de 1908, baptisé « Sant Filiber ». En 1996, il réalise dans un contexte tragique le « Dokos », un trimaran en mémoire d’un jeune marin disparu le 2 novembre 1995 lors d’une tempête en Méditerranée. Un petit dernier a rejoint l’équipe en 2009 : il s’agit d’un ponton ostréicole à coque bleue offert par les ostréiculteurs de la commune.

© Abel Garnier
Vitraux de Saint-Philibert

Tout dans cette chapelle évoque l’attachement des habitants pour l’univers marin et les activités agricoles et ostréicoles, à l’image de ce vitrail dédié aux gens de la mer (Job Guével, 1954) où s’inscrit le mot « Espere ». Décoré d’une ancre marine et d’un hippocampe en signe d’espérance, le bouquet de tuiles chaulées qui les accompagne — servant au captage du naissain, ces fameuses larves d’huître — rappelle quant à lui l’ostréiculture. Un autre vitrail du chœur, à la gerbe de blé traversée d’une croix et présentant en son centre une hostie, rend hommage aux cultivateurs de la région. En ressortant par la petite porte de la chapelle, on peut admirer deux belles fontaines : la plus proche de l’église, destinée aux animaux, a été réalisée en même temps que l’église (1649) tandis que la plus grande, à l’architecture plus noble construite au XVIIIe siècle, était réservée aux habitants de la commune.

© Christine Youssef-Khalil

Les pieds quasiment dans l’eau, la chapelle de Saint-Philibert est un véritable havre de paix pour tous les promeneurs en quête de tranquillité et de beaux paysages. Elle offre également un cadre idéal pour tous les amoureux qui, chaque année, recherchent un lieu intime et idyllique pour célébrer leur union.

Informations pratiques : 

4 Rue de la Chapelle
56470 Saint-Philibert
Ouvert toute l’année

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