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Et si les deux Corée se rapprochaient grâce à lui ?

KOREA OLYMPIC
© YONHAP I AFP
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Les Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, ont été l’occasion pour beaucoup de découvrir une figure méconnue : celle de Moon Jae-in, le président de la Corée du Sud. Inlassable défenseur des droits de l’homme, catholique convaincu, il œuvre avec prudence au rapprochement avec le voisin du nord.

Surnommés « Jeux de la Paix », les J.O. d’hiver 2018 méritent amplement cette dénomination. Car depuis leur ouverture le vendredi 9 février, les signes du dégel des relations entre les deux Corées se sont multipliés en marge des pistes. Le plus spectaculaire a sans doute été la présence dans les tribunes de Kim Yo-jong, la propre sœur de Kim Jong-un, lors de l’inauguration. Le lendemain, à l’occasion d’un déjeuner, la jeune femme a remis à Moo Jae-in une invitation officielle à se rendre à Pyongyang, avant d’aller encourager avec lui l’équipe coréenne unifiée de hockey sur glace féminine. Dimanche, enfin, ils ont assisté tous les deux à un concert à Séoul au cours duquel se produisaient un orchestre nord-coréen et des chanteurs de « K-pop » du sud. Pour accueillir Kim Yo-jong et sa délégation durant cette visite de trois jours, le gouvernement n’a pas hésité à engager 180 000 euros de frais.

En déduire la fin prochaine de l’état de guerre toujours en vigueur, le démantèlement de la zone démilitarisée établie sur le 38e parallèle et l’imminence de la réunification, serait trop hâtif. Le locataire de la « Maison Bleue » — la résidence présidentielle sud-coréenne — a ainsi estimé le 17 février qu’il serait prématuré d’accepter l’invitation de Kim Jong-un. « Il y a de grands espoirs en vue d’un sommet Nord-Sud, mais je crois que c’est un peu précipité », a-t-il déclaré lors d’une visite dans un centre de presse. À sa propre prudence s’ajoute l’hostilité des conservateurs sud-coréens à cette inflexion diplomatique, sans compter la méfiance du Japon et surtout celle des États-Unis. Quant à la Corée du Nord, elle semble loin d’être prête à renoncer à son programme nucléaire militaire : le 3 septembre 2017, c’est une arme seize fois plus puissante que la bombe d’Hiroshima qui a été testée sur le site de Punggye-ri.

Construire la désescalade

Néanmoins, après les fortes tensions qui ont traversé la région récemment, marquée par une surenchère d’invectives entre Kim Jong-un et Donald Trump, les signaux envoyés durant les JO marquent une détente certaine. « Je crois que ce dont les Jeux olympiques témoignent (…), c’est la possibilité de construire de manière négociée une désescalade sur tous les plans », a ainsi souligné Emmanuel Macron lors de la célébration du nouvel an lunaire le 16 février à l’Elysée. Et s’il n’est pas exclu que Pyongyang n’agisse ainsi que par pragmatisme, le parcours de Moon Jae-in laisse en revanche supposer que celui-ci est animé d’un désir sincère de servir la paix. Et ce n’est sans doute pas un hasard si le président français a salué le « courage » de son homologue sud-coréen au cours de la réception des représentants de la communauté asiatique.

Moon Jae-in est le fils de réfugiés nord-coréens ayant gagné l’île de Geoje, dans le sud de la péninsule, après une violente offensive communiste menée à la fin de 1950. C’est là qu’il naît en 1953, dans un centre d’accueil de réfugiés. En 1972, il entame des études de droit, interrompues par un long service militaire. Après avoir ouvert son cabinet en 1982, il se spécialise très vite dans la défense des droits et de l’homme et des droits civiques, mis à mal par le régime autoritaire du général Park Chung-hee, assassiné en 1979. Son engagement lui vaut d’être emprisonné à deux reprises. Ce n’est qu’en 2003 qu’il pénètre sur l’arène politique en prenant la direction des affaires civiles au cabinet du président Roh Moo-hyun. Mais ce partisan fervent de la politique du « rayon de soleil » visant au rapprochement avec la Corée du Nord se suicide en 2009. Trois ans plus tard, en 2012, Moon Jae-in est élu à l’Assemblée Nationale. Investi par le Parti démocrate pour se porter candidat à la présidence, il échoue en 2012 mais réussit en 2017.

Le pape François : un modèle ?

Adversaire déclaré des pratiques de corruption qui entachent les relations entre les grands conglomérats et le pouvoir, Moon Jae-in est issu d’un milieu très modeste : son père était ouvrier dans un camp de prisonniers de guerre et sa mère était marchande d’œufs. Son appartenance au Parti démocrate le place plutôt à « gauche » de l’échiquier politique, mais le président coréen n’hésite pas à adopter des positions conservatrices qui le rendent difficilement classable. C’est ainsi qu’il se déclare opposé à la légalisation du mariage gay et à l’intégration de personnes homosexuelles au sein des armées, suscitant l’ire des milieux LGBT.

Père de deux enfants, le président sud-coréen est un catholique pratiquant : peu après son investiture, il avait ainsi demandé au curé de la paroisse de la Sainte-Trinité de Seoul de venir bénir la « Maison Bleue ». Selon la très sérieuse revue Foreign Affairs, c’est sa foi qui déterminerait les grandes lignes de sa politique estimée très proche des convictions du pape François, apôtre de la diplomatie de la rencontre, mais aussi gardien des valeurs familiales. Une combinaison qui peut déstabiliser les tenants des clivages classiques mais qui peut se révéler riche d’espoirs. Lors de sa visite en Corée du Sud en octobre 1989, saint Jean Paul II avait affirmé que « l’avenir de la Corée dépendra de la présence au sein de son peuple de beaucoup d’hommes et de femmes sages, vertueux et profondément spirituels ». Près de trente ans plus tard, c’est peut-être l’une de ces personnes qui agit désormais à la tête du pays. Ce serait une très belle nouvelle.

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