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L’ascèse, un vilain mot ?

KATSKHI PILLAR
Andrei Bortnikau | Shutterstock
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Durant le Carême, le chrétien est appelé à pratiquer l’ascèse. Pour beaucoup ce terme est associé à des privations surhumaines. Alors qu'il s'agit en réalité plutôt d'exercices qu'il est possible de comparer à un entrainement.

L’ascèse, voilà le véritable contenu du Carême. Le mot est pourtant tombé en désuétude tant il renvoie aussitôt à des efforts surhumains, des renoncements, des flagellations, des jeûnes particulièrement rigides. De quoi faire un peu peur. Or ce mot, qui signifie en grec « entraînement, exercice, pratique, genre de vie », semble particulièrement adapté à notre époque centrée sur la maitrise du corps. Aujourd’hui, on vante la pratique régulière du sport, on recommande la discipline alimentaire. A la lumière de ces priorités, l’ascèse mérite une redécouverte.

L’ascèse c’est quoi ?

L’ascèse est une pratique du corps et de l’esprit qui cherche à tendre vers la perfection, par le renoncement ou l’abnégation. Dans l’Antiquité elle était recommandée pour atteindre un idéal salutaire, gagner en bien-être, sagesse et bonheur… Aujourd’hui elle se résume à un exercice par rapport à Dieu et par rapport à l’autre. Elle permet de trouver le bon équilibre entre occupations matérielles et occupations spirituelles.

Concrètement, il s’agit de se résoudre à une vie sobre et sans superflu avec une constance à toute épreuve. Mais attention. L’ascèse n’est pas une fin en soi. Il s’agit de ressentir le sens de ses actes et de discerner les événements de son existence. Cela exige un effort sur soi-même et le souhait d’améliorer ses faiblesses. Pourquoi ? Pour être plus disponible afin de nous consacrer à Dieu par la prière et aux autres par l’aumône.

Comme l’apôtre Paul, le coureur

Le père jésuite Dominique Salin évoque l’image d’un coureur s’élançant vers le prix qui lui est proposé. « On ne jeûne pas pour jeûner, on ne se prive pas pour le plaisir de se priver », dit-il, car alors cela serait « tomber dans un travers fondamental », qui a d’ailleurs été reproché au christianisme, « une forme de masochisme », consistant à s’imposer des souffrances et des privations, comme si « Dieu jouissait des souffrances qui nous surviennent, ou que nous nous infligeons pour lui faire plaisir ».

Non, l’ascèse c’est s’entrainer, le regard fixé sur le but à atteindre – la Résurrection du Christ –  en maitrisant ses pulsions et ses affects. C’est se hisser vers le haut, et se laisser pousser vers l’avant avec le Christ, en se disant, comme l’apôtre Paul : « Moi, si je cours, ce n’est pas sans fixer le but ; si je fais de la lutte, ce n’est pas en frappant dans le vide. Mais je traite durement mon corps, j’en fais mon esclave, pour éviter qu’après avoir proclamé l’Évangile à d’autres, je sois moi-même disqualifié ». (1 Co 9, 26-27).

Des fruits immenses

L’ascèse, résume Dominique Salin, c’est donc « parvenir à une maîtrise de soi qui laisse le contrôle de soi à un autre en soi, à la présence de Dieu en soi, à l’Esprit-Saint », c’est s’ouvrir à la Parole de Dieu, au Seigneur qui frappe à la porte et demande à entrer. Cela ne demande pas d’efforts extraordinaires car « il ne s’agit pas d’épater Dieu ». On peut commencer par de petites décisions toutes simples. Pas besoin d’exploit ascétique. Mais les fruits sont immenses : le croyant en sort plus ouverts aux autres, plus sensibles à leurs besoins, plus délicats et plus attentionnés. Donc pas de raison d’avoir peur. Pour une bonne ascèse, il suffit simplement de réfléchir aux moyens et décisions à prendre en toute liberté et de s’y tenir.

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