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Anne-Sixtine Pérardel : « Au lieu de subir, devenir acteur de sa vie »

Anne Sixtien Perardel
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Conseillère en vie affective et sexuelle, Anne-Sixtine Pérardel vient de publier aux éditions Artège un cahier d’exercice pour aider les jeunes à « révolutionner leur vie affective ». À cette occasion, elle a livré à Aleteia quelques clefs qui permettent selon elle d’apprendre à grandir dans la liberté… pour mieux aimer. Rencontre.

Un cahier d’exercices très concret pour les jeunes à partir de 14 ans qui les conduit à se poser les bonnes questions pour apprendre à se connaître, s’aimer et mieux aimer les autres : telle est l’ambition de Révolutionner sa vie affective. 10 exercices pour réussir, un ouvrage conçu par Anne-Sixtine Pérardel, inspirée par son expérience auprès des jeunes en tant que conseillère en vie affective et sexuelle.

Aleteia : Dans le cadre de votre activité de conseillère en vie affective et sexuelle, vous avez l’occasion de rencontrer de nombreux jeunes. En quoi les jeunes d’aujourd’hui ont-ils besoin de « révolutionner leur vie affective » ? De quoi souffrent-ils ? 
Anne-Sixtine Pérardel : Je constate que de nombreux jeunes que je peux rencontrer ne se posent pas (ou peu) de questions : ils vivent en fonction des aléas de leur vie, tout en espérant réussir leur vie. Et ceux qui se posent des questions sur eux-mêmes se trouvent souvent déroutés, ne sachant pas vraiment dans quelle direction se tourner. Pour moi, leur proposer de « révolutionner sa vie affective », c’est leur donner des clés pour qu’ils puissent vivre à fond ! Au lieu de « subir », devenir acteur de leur vie. À travers les exercices de mon livre, j’ai souhaité leur donner les moyens de s’interroger concrètement et intelligemment. Concrètement, parce qu’ils vont devoir écrire dans le livre. Intelligemment, parce qu’il y a une réflexion philosophique tout au long du livre, dans laquelle je vais les guider petit à petit. Nous sommes bien au-delà du simple développement personnel !

Votre ouvrage est sous-titré « 10 jours pour… se connaître, s’aimer, avoir confiance en soi ». Selon vous, pourquoi révolutionner sa vie affective passe d’abord par ces étapes ? S’aimer et se connaître soi-même suffit-il pour s’ouvrir aux autres et les aimer ? 
Il est assez évident que plus je me connais, plus je vais pouvoir faire des choix qui me correspondent profondément (les études, le travail, le conjoint, les amis,…). Or, chaque personne est unique : elle a son passé, son corps, ses émotions… Tout ne peut donc pas lui correspondre. Il y a un discernement et des choix à poser en fonction de soi. En apprenant à développer la connaissance qu’on a de soi, on se donne les moyens de voir la beauté et la complexité de notre personnalité, on apprend à s’aimer, à voir sa valeur propre. C’est la base essentielle pour avoir confiance en soi. Grâce à tout cela, nous devenons capables d’agir, de nous lancer dans des projets… et surtout nous devenons libres du regard des autres. Et c’est ce qui me motive à parler de ces sujets : grandir dans la liberté… pour aimer. Cela ne « suffit » pas bien sûr pour s’ouvrir aux autres (on n’a jamais fini de se connaître) mais c’est impossible d’être heureux et de réussir ses relations sans.

Votre profession vous conduit-elle à exercer, de fait, une mission d’évangélisation ? Comment vos écrits, vos conseils sont-ils guidés par le message de l’Église ? 
Oui, c’est une mission ! Et en même temps, je ne parle pas forcément de Dieu. Tout dépend de la demande que l’on me fait, du contexte, du public en fait. J’ai obtenu ma certification en Théologie du corps donc je peux parler de Dieu explicitement si l’on me le demande, et ne pas en parler si ce n’est pas le sujet. Il est certain en tout cas que l’anthropologie fondée sur le réel qui sous-tend toutes mes interventions est profondément en adéquation avec l’Église : c’est la même !
Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura pas de spiritualisme pur avec moi. Nous avons une vie incarnée, et c’est sur ce point la plupart du temps que l’on me demande d’agir. Tout est lié, et c’est cette unité de la personne que je cherche à travailler avec ceux que je rencontre. Notre dimension religieuse est à prendre en compte et à soigner autant que notre corps, notre cœur et notre intelligence ! Je le souligne lors de mes interventions scolaires ou conférences, et on creuse s’il y a des questions.

Quel rôle peuvent jouer les parents pour aider leurs enfants à s’aimer davantage et à mieux aimer l’autre ? Sont-ils de mauvais interlocuteurs en matière de vie affective et sexuelle ?
Je ne dirais jamais que les parents sont de mauvais interlocuteurs ! Ils sont censés être les premiers à parler à leur enfant de la vie affective et sexuelle. C’est leur rôle. Par contre, il est évident qu’à partir de l’adolescence, le sujet devient plus complexe parce que l’enfant prend petit à petit son indépendance émotionnelle, intellectuelle… Il apprend à se gérer, donc avoir un tiers peut se révéler précieux pour eux, en complément. Pour aider son enfant à s’aimer lui-même, il y a un point qui me semble essentiel : l’écouter. À partir du moment où des parents ont vraiment le souci de s’intéresser à leur enfant, à ses émotions, à ce qui est important pour lui, qu’ils prennent du temps pour bavarder tranquillement, alors celui-ci se sentira valorisé et intéressant. Cela peut paraître évident, mais nous allons tellement vite parfois que nous passons à côté de la vie intérieure de nos enfants. Nous demandons plutôt des « informations », qui sont en définitive intéressantes pour nous-mêmes, mais pas intéressantes pour eux. Leurs réponses seront donc superficielles, et ils n’auront pas l’impression d’avoir été écoutés et compris. Pour ceux qui auraient besoin de clés, ou d’idées pour éduquer le cœur de leurs enfants, je pense que mon livre peut vraiment les aider. Ils y trouveront des clés pour leurs vies amicale, conjugale et familiale.

Quand est-il utile d’orienter son enfant vers un spécialiste ? 
Pour décider d’aller voir un spécialiste, il peut y avoir plusieurs raisons. En cas de consultation régulière ou même d’addiction à la pornographie, il est clair qu’il sera bon de demander à un tiers de l’aide. Idem pour les questions de harcèlement, d’envies suicidaires ou autres problématiques graves. Mais au-delà des cas graves, je me souviens d’une maman qui avait proposé à sa fille de venir me voir parce qu’elle manquait vraiment de confiance en elle. En deux séances, nous avions débloqué les petits blocages, et répondu aux interrogations ou inquiétudes ! Elle avait été rassurée, et savait que si besoin elle pouvait revenir me voir. Pas besoin d’être au plus mal pour venir me poser des questions, ou être accompagné dans son discernement. Les parents peuvent mettre sur le chemin des personnes qu’ils vont juger bénéfiques… Ensuite, je pense qu’il est important de dire que le dernier mot sera souvent pour l’enfant. Je suis amenée à monter des Points Écoute dans les établissements où j’interviens, et c’est vrai aussi que parfois l’enfant ou l’adolescent pense par lui-même qu’il aurait besoin d’aide, de réponses… Il « sent » que telle ou telle personne peut l’accompagner. Alors il y va. S’il ne le « sent » pas, s’il n’a pas confiance, alors le travail d’accompagnement ne sera pas possible.

anne sixtine peradel

Révolutionner sa vie affective : 10 exercices pour réussir, Anne-Sixtine Pérardel, Éditions Artège , novembre 2017, 153 pages, 14,90 euros. 

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