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« Le petit caillou », le magnifique témoignage de foi d’un père endeuillé

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Dominique Greve, le père du Chef d’escadron Sébastien Greve, décédé dans le double crash d’hélicoptères militaires dans le Var le 2 février, a tenu, lors de la cérémonie des obsèques, un discours empreint d’une foi profonde et d’une espérance inébranlable en la vie éternelle.

Mercredi 7 février s’est déroulée au Luc (Var) la cérémonie religieuse des obsèques du Chef d’escadron Sébastien Greve, pilote d’hélicoptère au sein des forces spéciales de Pau, qui a trouvé la mort, avec quatre autres militaires, lors du crash de deux hélicoptères, le 2 février dernier, près du lac de Carcès, dans le Var. Les deux appareils avaient décollé de l’école de l’aviation légère de l’Armée de terre, basée au Cannet-des-Maures, pour un vol d’entraînement, et se seraient percutés dans les airs.

Le lieutenant Sébastien Greve, 30 ans, était originaire de la Drôme. Il laisse une femme et quatre enfants. Son père, Dominique Greve, a pris la parole lors des obsèques. Le message, qu’il a adressé à ses proches, mais aussi à chacun d’entre nous, est un témoignage de foi, d’espérance et de consolation. Malgré l’immense tragédie qui frappe sa famille, il reste assuré de la présence du Christ à ses côtés et de la place de son fils aux côtés de Dieu pour l’éternité.

« Chères familles, chère famille militaire et chère nation,

Pardonnez-moi ces quelques mots, mais Sébastien m’accorde de vous souffler quelques lignes.
C’est un humble paysan qui vient avec son petit caillou dans la poche à l’exemple du roi David pour consoler vos peines, souffrances, angoisses ou révoltes.
Si cela vous rappelle quelque chose, j’en suis très heureux, et sinon je vous invite à découvrir Celui qui m’habite et me permets de supporter l’épreuve qui nous touche au cœur aujourd’hui.
Soyez certains, vous avez aussi votre petit caillou dans la poche.
J’ai eu la chance d’avoir reçu ce petit caillou le jour de mon baptême.
Beaucoup d’entre vous le possèdent aussi. Ce petit caillou et sa fronde qui est notre cœur peut véritablement faire tomber les plus dures cuirasses qui sont le mal et la souffrance, faisant partie de notre condition humaine.

Notre vie, j’en suis convaincu, ne commence pas le jour de notre naissance, ni celui de notre conception, fruit de l’amour de nos parents, mais nous sommes dans la pensée de l’Auteur de la vie depuis toujours et pour toujours. Notre vie ne s’arrête pas non plus le jour où notre cœur cesse de battre.
Chacun en effet peut constater la soif infinie de nos cœurs que nulle créature ou possession ne peut satisfaire pleinement. Notre soif nous aspire vers des situations toujours plus élevées. La preuve en est, de l’excellence que l’on demande particulièrement à nos pilotes.

La grandeur de l’homme et de tout militaire, du mécanicien au général, au ministre, se vérifie à l’aptitude au service et au dévouement pour le bien de l’ensemble et de la nation. Cette soif d’infini est inscrite en chacun et seul l’Infini peut nous combler.
L’Auteur de la vie nous attend chacun à notre moment pour nous combler pleinement, et nous sommes appelés à partager sa Joie dans l’éternité.
À l’exemple de notre Seigneur mort sur la croix qui nous a offert son corps et son sang, nos cinq pilotes ont donné leur corps et leur sang pour notre nation et nous laissent cette espérance : que le plus grand bonheur de l’homme est dans la capacité à se donner.
Le don de la vie est sacré, et c’est en ce sens que le décès / la mort nous afflige tant.

Cette absence ne peut être comblée qu’avec la perspective de l’éternité et de la consolation éternelle auprès des nôtres et de Celui qui nous a donné la vie.
Cette vie, cadeau précieux et fragile, nous invite à faire grandir ce petit caillou et cette fronde chacun dans nos chemins bordés de roses et d’épines, pour véritablement demeurer en paix et dans la confiance.
Ce petit caillou doit devenir comète pour illuminer notre pays et enflammer l’amour entre nous, seul bien que nul ne peut nous enlever. Nous sommes dans le creux de sa main, Il tient à nous, veut nous consoler, et nous garder dans l’espérance d’habiter en Sa présence pour toujours.

Pardon Solène, pardon Monsieur le chef de corps, mais le Seigneur voulait Sébastien dans les forces très spéciales de son armée céleste. »

Source : Diocèse aux armées françaises

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