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JO 2018 : sœur Droste, l’ange gardien des victimes de violences sexuelles

SUNGSOOK KIM
AP Photo I Patrick Semansky
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Dans le sillage de l’affaire Weinstein, la sœur sud-coréenne Droste veille pendant les JO d’hiver 2018 de Pyeongchang, sur les potentielles athlètes victimes de harcèlements, d’attouchements ou agressions sexuelles.

La religieuse chapeaute et œuvre au côté d’une équipe de vingt-neuf conseillers bénévoles répartis en quatre centres dans les deux villages olympiques de cette 23e Olympiade d’hiver. Tous travaillent en collaboration avec les équipes médicales et les forces de l’ordre mobilisées pendant ces Jeux.

Ils sont chargés de recueillir les témoignages de victimes de violences sexuelles, de leur apporter une première aide pour surmonter l’atrocité des actes qu’elles sont susceptibles d’avoir vécus, et, le cas échéant, de les orienter vers les structures préposées à l’ouverture d’une procédure judiciaire.

« Je prie Dieu pour que rien de tragique ne se passe »

Depuis l’ouverture des Jeux, et jusqu’à leur clôture, sœur Droste consacre ainsi huit heures par jour à cette activité. Au mardi 13 février, soit après quatre jours de compétition, ses équipes avaient déjà recensé quatre témoignages d’athlètes faisant état de remarques déplacées à caractère sexuel. Sœur Droste, aucun. Outre la présence de ces oreilles attentives, un numéro de téléphone spécial dédié aux victimes est affiché dans les allées des deux villages olympiques de Pyongchang.

« Je prie Dieu pour que rien de tragique ne se passe pendant les Jeux Olympiques. Mais au cas où, nous sommes là », prévient-elle. Sœur Droste sait de quoi elle parle. Aujourd’hui âgée de 50 ans, elle travaille depuis 21 ans pour le CIO, et met l’accent, depuis 2004, sur la prévention des abus sexuels. En parallèle, elle donne de son temps libre dans une association aux victimes de violences sexuelles.

Deux athlètes accusés à Rio 2016

C’est la première fois qu’une telle initiative est prise à l’occasion d’une Olympiade. Il faut dire que le mouvement sportif n’est pas épargné par la vague de dénonciations de violences sexuelles qui a succédé à l’affaire Weinstein. Alors que deux boxeurs, un Marocain et un Namibien, avaient été respectivement accusés d’agression sexuelle et de viol durant les Jeux Olympiques de Rio 2016, le comité olympique américain (Usoc) est sévèrement pointé du doigt suite au récent scandale ayant secoué la fédération de gymnastique nationale.

Selon les révélations de l’Indianapolis Star en décembre dernier, au moins 368 membres, enfants ou adolescentes licenciés ont été victimes d’agressions sexuelles au cours de ces vingt dernières années. Parmi eux, Aly Raisman, triple championne olympique, bien décidée à briser l’omerta régnante.

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