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Les cendres : poids des fautes ou poussière de l’amour de Dieu ?

ASH FRONT

© Philippe Lissac I Godong

Clarisse de Reboul - Publié le 10/02/18

Pendant la célébration du Mercredi des cendres, le prêtre pose sur notre front de la poussière, qui rappelle l’entrée dans une période de pénitence.

Mais d’où viennent les cendres que le prêtre utilise pendant la messe du mercredi des cendres ? Les enfants de chœurs auraient-ils balayé en vitesse le vieux plancher de la sacristie ? Certainement pas. La provenance des cendres utilisées durant la célébration est affaire de symbole.

Vous vous souvenez de la fête des Rameaux l’an dernier ? Jésus, monté sur un âne, est accueilli à Jérusalem par des habitants en liesse, rameaux à la main. Dans la liturgie, les fidèles font mémoire de cet épisode en agitant eux aussi des branches le jour du dimanche des Rameaux.

D’où viennent les cendres ?

C’est le concile de Bénévent, en 1091, qui a décidé que « le Mercredi des cendres, tous les clercs et laïcs, hommes et femmes, recevront les cendres ». Depuis cette date, les paroisses reprennent les rameaux bénis de l’année liturgique précédente ; elles les brûlent, et les cendres sont déposées sur le front des fidèles le premier jour du carême. L’invitation à la conversion est incarnée par le feu de l’amour de Dieu, qui a déjà pardonné nos péchés, et est prêt à recommencer.


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Il n’y a pas cérémonie particulière pour brûler les rameaux. Certains paroisses demandent aux fidèles de ramener les leurs pour les brûler ensemble, d’autres utilisent uniquement ceux présents dans l’Église. En tous cas, il est vivement recommandé aux fidèles de ne pas jeter les rameaux bénis, devenus « sacramentals ».

Mais pourquoi des cendres ?

Mais pourquoi des cendres salissantes et pas tout simplement un signe de croix pour entrer en Carême se demanderont certains ? L’idée de poser des cendres sur le front ne sort pas de nulle part. Les cendres font partie des nombreux symboles bibliques que l’Église reprend dans la liturgie. Elles rappellent aux chrétiens que pour porter du fruit, le Carême mérite d’être vécu dans une dynamique d’effort spirituels et corporels.

L’humilité — Dans la Genèse, Abraham a cette phrase : « J’ose encore parler à mon Seigneur, moi qui suis poussière et cendre ». (Gen. 18, 27). En déposant les cendres sur le front des fidèles, le prêtre peut leur dire : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière ». Cette phrase, associée à la présence matérielle des cendres, rappelle à l’homme  sa petitesse devant Dieu et veut l’inviter remettre son créateur au centre de sa vie.

La pénitence — Dans le livre de Jonas, les habitants de Ninive annoncent leur pénitence demandée par Dieu : « Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne, et tous, du plus grand au plus petit, se vêtirent de toile à sac. La chose arriva jusqu’au roi de Ninive. Il se leva de son trône, quitta son manteau, se couvrit d’une toile à sac, et s’assit sur la cendre. »  (Jonas 3, 5-6).




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Le carême doit préparer les cœurs à la résurrection du Christ. L’Église invite les chrétiens à se repentir de leurs fautes pendant cette période, et reprend le symbolique des cendres pour les associer à l’histoire du peuple de Dieu pénitent. Ils se souviennent ainsi que leur corps est voué à disparaître, et que s’occuper du Salut de l’âme doit passer avant leurs satisfactions matérielles.

La purification — « Les cendres de la vache brûlée, que l’on répand sur les personnes impures par rapport aux rites, les purifient de cette souillure extérieure. » (Hébreux 9,13). Le feu détruit le mal, et des cendres peut renaître un homme nouveau. Elles symbolisent le néant, mais aussi la possible renaissance et la purification du cœur permis par le feu de l’amour divin.




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Tags:
Mercredi des CendresSemaine sainte
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